Les projets de numérisation de masse à la Bibliothèque Royale de Belgique

Compte rendu de l’intervention de Frédéric Lemmers au colloque organisé par la Bibliothèque centrale pour la région de Bruxelles capitale le 17 octobre 2011.

Depuis 2005, la Bibliothèque Royale de Belgique s’est engagée dans la numérisation d’une partie de son patrimoine. Intégrée au plan de numérisation des établissements scientifiques fédéraux et de la cinémathèque, la démarche s’articule autour de deux projets phares ; le rétrocatalogage d’un million et demi de fiches dactylographiées et la numérisation, avec reconnaissance optique des caractères, des journaux des XIXe et XXe siècles.

Durant cette première phase, le catalogue est passé de 1,8 à 3,2 millions de notices. L’objectif était de disposer d’un catalogue informatisé complet, préalable absolu à tout projet de numérisation.

Si la plus grande partie du travail a été effectuée par un prestataire extérieur, les équipes de la bibliothèque ont, elles aussi, dû acquérir des compétences nouvelles, en particulier pour assurer un contrôle rigoureux et précis des fichiers fournis par la firme chargée de la numérisation.

L’autre volet du projet a consisté à numériser les collections de journaux de la période 1830 – 1950 avec un accent particulier pour les quotidiens belges et la presse clandestine et censurée. Le budget de cette première phase s’est élevé à trois millions d’euros. Trente titres ont été numérisés.

Depuis 2010, un partenariat public privé est en préparation, à la demande de la Ministre Sabine Laruelle, pour réaliser la deuxième phase du plan de numérisation des établissements scientifiques fédéraux et de la cinémathèque. Le but est de traiter l’essentiel du patrimoine imprimé, des premiers incunables à la Première Guerre mondiale.

Pour Frédéric Lemmers, il est clair que la sélection des documents doit rester une compétence strictement publique. L’accès libre aux informations doit être garanti même si l’intervention du secteur privé peut légitimement le conduire à exiger un retour.

En outre, une cellule de numérisation de masse a été créée en 2011. Elle se focalise en ce moment sur deux projets ; d’une part la période de la guerre 1914-1918 avec comme objectif la numérisation de 10.000 documentaires à l’horizon 2014 et, d’autre part, l’enrichissement des collections de journaux et périodiques. Ces deux projets sont menés exclusivement par le personnel de la bibliothèque.

Les documents seront consultables via le catalogue général dans la limite des obligations liées à la protection des auteurs. L’ensemble sera accessible in situ, au départ des postes de travail mis à disposition des lecteurs dans la bibliothèque. Il est possible que l’offre en ligne puisse être augmentée, dans un avenir proche, grâce à la finalisation du projet Arrow qui devrait permettre l’identification rapide des œuvres orphelines protégées.

Pour Frédéric Lemmers, même limitée à une consultation sur place, cette offre constitue une amélioration appréciable des possibilités offertes par la Bibliothèque Royale puisqu’elle permet, en quelques clics, de réaliser des recherches autrefois trop chronophages pour être envisagées.

J-F.F

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