Fanny Joly, auteure numérique : « Papier ou numérique ? Pour moi, les deux supports sont géniaux. Et complémentaires. »

Les acteurs du numérique 4/6 | Dans le cadre de notre série consacrée aux acteurs du livre numérique, nous vous présentons aujourd’hui Fanny Joly. Auteure de plus de 400 livres depuis les années 1980, Fanny Joly a accompagné plusieurs générations de lecteurs, notamment à travers ses publications dans les hebdomadaires « J’aime Lire » et « Je Bouquine » (éd. Bayard). Récemment passée au numérique en auto-édition, cette auteure revient pour nous sur ses impressions.

FannyJoly_à la une

Une vocation précoce

Fanny Joly débute très jeune sa carrière. Dès ses 16 ans, elle se met à « écrire pour rire », d’abord pour sa sœur, puis à 25 ans pour ses enfants. Après avoir occupé un poste dans la publicité, où elle apprend l’importance de prendre en compte le public visé, elle se lance dans l’écriture de son premier roman. « Mon premier livre jeunesse est apparu en 1984, mon premier J’aime lire en 86. J’aime lire a été mon école, mon tremplin. La pleine conscience des lecteurs, la pertinence des sujets, l’adéquation au vocabulaire, c’est là que je les ai apprises. » Au fil des années, Fanny Joly a publié 12 « J’aime Lire » et plus de 400 albums et romans chez une vingtaine d’éditeurs différents.

Le passage au numérique

Récemment, en raison de l’épuisement de ses livres papier, elle a décidé de se lancer dans l’aventure numérique. Comment ? « Par moi. Toute seule ou presque. Le bon accueil fait à mes livres, les lecteurs que je rencontre, le destin de plusieurs de mes personnages qui sont devenus récurrents, tout ça m’encourage à continuer ». L’auteure embauche alors une secrétaire, des graphistes en freelance. Après un scan chez un imprimeur, la saisie des textes et des illustrations, ce n’est pas moins de 70 titres qui se trouvent numérisés en un an. Une partie de son catalogue à présent en numérique, Fanny Joly a pu constater différents changements, comme le contact avec les lecteurs, la facilité d’interaction via les nouvelles technologies. « Via mon site ou les réseaux sociaux, je reçois fréquemment des invitations pour des rencontres en live avec les lecteurs, via les écoles. »

Des formats complémentaires

Au-delà d’une nouvelle relation avec les lecteurs, l’auteure garde les pieds sur terre. Le grand point positif à ses yeux est la disponibilité qu’offre le numérique. « Mes livres sont disponibles partout, tout le temps. J’ai 70 livres en streaming sur Storyplay’r [plus d’informations sur cette plateforme ici], et en achat sur les plateformes traditionnelles. Bien sûr, le numérique est virtuel et ne se prête pas. Il n’a ni épaisseur, ni odeur. Inutile de rabâcher ça. » Une particularité qui subsiste malgré tout est l’offre d’un catalogue numérique à destination de la jeunesse. Il ne faut pas se poser longtemps la question pour constater que les parents sont peu enclins à (faire) lire à leurs enfants des livres sur liseuses ou tablettes.

Malgré tout, Fanny Joly reste militante. « Le numérique est comme le reste ; ça fonctionne mieux si les adultes accompagnent les premiers pas, la découverte, s’ils nourrissent, enrichissent, aiguisent en chemin la curiosité et le sens critique. » Aux jeunes donc de faire leur choix. C’est pourquoi, comme beaucoup de ses collèges auteurs en numérique, elle pense que l’opposition entre le papier et le numérique n’a pas lieu d’être. « Pour moi, papier vs numérique, ce n’est pas comme fromage OU dessert, mais comme fromage ET dessert. Les deux supports sont géniaux. Et complémentaires. Pas rivaux, ni exclusifs l’un de l’autre. ». Et de conclure : « Ils ont des charmes et des atouts différents, c’est tout. »

Retrouvez le catalogue de Fanny Joly sur son site Internet et sur Storyplay’r.

Propos recueillis par Matthieu Lamon

— Matthieu Lamon

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