Focus sur la lecture numérique en Chine

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Quelle place l’Empire du Milieu, sa langue et ses idéogrammes, font-ils aux livres numériques?

Au printemps 2013, DangDang, une plate-forme dédiée aux livres des plus importantes en Chine, a ouvert gratuitement l’ensemble de son catalogue au public. En septembre 2013, The Economist déclare que la Chine est désormais championne du monde de l’e-commerce – en termes de vente. Elle ravit donc ainsi la première place aux États-Unis. À cette époque-là aussi, Amazon y introduit son Kindle et une plate-forme adaptée aux exigences du marché chinois. Vers ce moment-là toujours, la Chine est le plus grand marché au monde pour les smartphones. Le pays compte entre 500 millions et un milliard d’utilisateurs de téléphones portables, selon différentes estimations. Une grande différence entre ces chiffres, certes, mais dans l’absolu, cela reste un marché intéressant pour quiconque crée et/ou vend du contenu à lire à l’écran : en effet, portables et autres tablettes sont faciles à manier dans les bus bondés, pendant les trajets couvrant les longues distances de ce grand pays. D’ailleurs, les plate-formes de lecture en ligne sont très populaires en Chine : cent millions d’utilisateurs y ont ouvert un compte, selon le rapport Global eBook. Les revenus du marché de la littérature en ligne ont d’ailleurs quadruplé entre 2010 et 2011. C’est Cloudary Corporation qui contrôle plus de 70% de ce marché, via différents sites : à l’été 2011, cette société était le plus gros fournisseur de contenu pour la section de littérature en ligne de China Mobile. La plupart des auteurs qui y écrivent sont des amateurs, qui génèrent ainsi une communauté de lecteurs intéressés et impriment ensuite éventuellement leurs ouvrages.

Quoi qu’il en soit, les grandes sociétés de télécommunication (dont China Mobile ou le célèbre Alibaba, l’Amazon chinois selon certains) jouent donc un rôle essentiel dans la lecture numérique en Chine. China Mobile a d’ailleurs dévoilé ses plans en 2010 : la société compte devenir « le plus grand magasin chinois de livres numériques ». La situation en 2013 semble confirmer qu’ils sont dans la bonne direction : ils bénéficient d’une grande popularité pour la lecture en ligne. Cela dit, les éditeurs locaux qui ont pris la vague à temps en semblent aujourd’hui récolter les fruits : les activités d’édition numérique de CITIC, un acteur central de l’édition chinoise, se sont avérées rentables en 2013. Notons aussi que les fournisseurs de supports de lecture (comme Hanvon) ou de contenus jouent ou joueront probablement également un rôle.

Aussi, les Chinois lisent volontiers en ligne, même s’ils sont peu habitués à payer peu ou prou pour ce contenu. À ce sujet, le onzième rapport national de recherche sur la lecture, réalisé à l’initiative de l’Académie chinoise de la presse et de l’édition, signale qu’en 2013, le prix moyen acceptable en Chine pour un ebook est d’environ 0,21 dollars – un peu moins qu’en 2012. Autre sujet d’inquiétude pour qui est actif sur ce marché, ou tente d’y entrer : le piratage!

Le GAPP, l’Administration générale de la presse et de l’édition, souhaite voir se développer l’édition numérique dans l’Empire du Milieu. Dans ce but, il a encouragé les prêts dans le secteur de l’édition numérique et forgé des accords avec les grandes entreprises de télécommunication du pays dont China Mobile. Certaines éditions coopèrent avec le GAPP (et les maisons d’édition sous son contrôle) pour obtenir leur numéro ISBN.

Enfin, la Beijing Book Fair fait toujours plus parler d’elle, tout comme – pas si loin – la Hong Kong Book Fair. Selon un communiqué de presse local, la Chine serait le deuxième plus grand marché mondial pour l’édition. Ce marché est complexe et en mouvement, mais il en est d’autant plus intéressant pour qui le comprend!

Crédit photo: ebookandpod.com

Ailleurs sur la toile
Le snapshot de « Publishing Perspectives » à ce sujet.

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Les clés de la culture contemporaine

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Bebooks lance une nouvelle collection numérique et en impression à la demande, vitrine de la recherche sur la culture contemporaine.


Culture contemporaine, késako? Sous cette appellation se retrouve la culture que tout un chacun croise au quotidien à travers une variété de médias : « je pense à la littérature populaire, de genre, à la science-fiction, à la fantasy, aux blockbusters hollywoodiens, aux séries télévisuelles, aux séries en bande dessinée, aux jeux vidéo, bref à tout ce dont tout le monde a déjà entendu parler » énumère Björn-Olav Dozo, directeur de la collection et chercheur en humanités numériques et cultures populaires à l’Université de Liège. Ces vingt dernières années, ces productions ont connu un essor formidable et de nombreux travaux de recherche s’y sont intéressés. « Vraiment, aujourd’hui, il y a matière à faire une carrière de recherche autour de la culture contemporaine » explique Björn-Olav Dozo. Or, à l’heure actuelle, ces travaux universitaires ont peu de visibilité. C’est pourquoi les éditions Bebooks ont préparé cette nouvelle collection dédiée à la recherche sur la culture contemporaine. Le FNRS soutient la publication du premier volume.

Cette nouvelle collection vise-t-elle à asseoir la légitimité de ces productions culturelles contemporaines? « Non, assure Björn-Olav Dozo. Ce serait là un combat d’arrière-garde. En revanche, pour comprendre le monde dans lequel on vit, il est utile de s’intéresser à cette culture du quotidien. Elle est un excellent révélateur des enjeux contemporains ».

Björn-Olav Dozo s’appuie sur son expérience d’enseignement des genres paralittéraires à l’Université de Liège pour expliquer la portée pédagogique de la culture contemporaine : « Lors d’un cours, faire appel à ces références partagées par tous donne aux étudiants le goût de la matière, les aide à y entrer ». Ensuite, aborder la culture contemporaine avec une démarche universitaire permet aux étudiants de comprendre la richesse de cette même démarche. Cette approche critique donne un éclairage nouveau à des éléments quotidiens et populaires. Elle permet aux étudiants de ne pas développer une schizophrénie culturelle, avec d’un côté ce qu’ils regardent en rentrant chez eux le soir et d’un autre, des références qui ne sont plus évoquées qu’à l’université. L’idée est de montrer combien les outils permettant d’analyser les œuvres classiques peuvent enrichir la réception de cette culture contemporaine, et combien cette culture mainstream puise dans ces œuvres intemporelles.

Le premier volume de la collection, qui paraît cette semaine, est dû à Fanny Barnabé et s’intitule Narration et jeu vidéo. Le manuscrit fut couronné du prix BILA (Bibliothèque des littératures d’aventure) en 2012. Classique en game studies, la question de la narration dans le jeu vidéo continue d’interpeller chercheurs, consommateurs et professionnels de l’industrie, après avoir participé à la structuration du champ de recherche ces quinze dernières années.

Un jeu vidéo peut-il raconter une histoire ? De quels moyens spécifiques dispose-t-il pour y parvenir ? Partant de ces questions, l’ouvrage Narration et jeu vidéo. Pour une exploration des univers fictionnels propose un modèle explicatif fondé sur la notion riche d’univers fictionnel. Sur cette base, il propose de penser la narration vidéoludique hors des cadres traditionnels et de la concevoir comme un dispositif non figé, ouvert à l’infinité d’actualisations possibles que représente chaque partie jouée.

L’un des volumes suivants s’intéressera au cyberpunk et au steampunk, en décrivant une sorte d’archéologie littéraire du transhumanisme. Ces genres populaires permettent d’interroger à travers la fiction, dès les années 1980, une question aujourd’hui aussi brûlante que le transhumanisme – ou l’augmentation des capacités physiques et spirituelles des humains par la technologie. Parmi les autres volumes en préparation, on trouve également une étude collective des interactions entre les médias jeu vidéo et livre et, un recueil des textes critiques de Dominique Warfa sur la science-fiction.

De tout donc, avec un point commun, et de taille : faire circuler au-delà des murs de l’université des analyses originales sur des productions culturelles partagées au quotidien !

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Bebooks, côté vente de livres

Crédit photo: justaletter.com

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Vues de Flandres : iMinds

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Coup de projecteur sur un vaste projet flamand au service de l’économie digitale, de ses chercheurs et de ses entrepreneurs.

iMinds est le centre de recherches digitales pour la Flandre, lancé en 2004. Plus de 850 chercheurs y collaborent et une série d’entrepreneurs y trouvent de quoi nourrir leur réseau, leurs idées, leurs caisses aussi. Le but ? Développer les produits et les services dont tout un chacun a besoin au quotidien, aujourd’hui et demain, dans six secteurs prioritaires, dont les médias et la technologie de l’information.

Graphine est un des projets couvés chez iMinds : avec ce logiciel, les décors des jeux vidéodeviennent plus vrais que nature, à la hauteur des idées de ceux qui les ont développés. Les trois fondateurs ont mis au point un système qui permet d’obtenir une définition, un rendu visuel, d’une qualité extraordinaire. La start-up a participé au programme « iBoot », un camp d’entraînement à l’entrepreneuriat d’une semaine. Elle a ensuite rejoint le programme d’incubation « iStart » et le programme « Go Global » qui, comme son nom l’indique, lance ses start-ups à l’international. Sven De Cleyn, qui coordonne « iStart », explique : « nous aidons ces entrepreneurs à s’attacher des clients, à nourrir leur croissance et à s’ouvrir au monde ». Ils sont coachés et épaulés financièrement. Le University Business Incubator Index, une initiative made in Sweden, a d’ailleurs classé le programme iStart au septième rang européen, vingt-cinquième rang mondial. Un des critères pris en compte est le taux de croissance et de survie des entreprises qui y sont couvées. À ce sujet, notons que si « iStart » attire beaucoup d’appelés, peu d’élus y entrent finalement : au cours de ses trois années d’existence, 50 projets ont été retenus soit un sur cinq. « Ce qui fait plus de 150 jobs à temps plein créés » relève Sven De Cleyn pour Flanders Today.

En 2013, Ingrid Lieten, la ministre flamande des médias, a lancé mediawijs.be, en collaboration avec iMinds. Ici, l’objectif est de donner à la société les outils et les points de repère nécessaires pour s’approprier le paysage médiatique, si mouvant et… si digital!

Enfin, iMinds est aussi de la partie pour le développement de e-Strips, la plate-forme par laquelle Bob, Bobette et compagnie se retrouvent sur la toile.

Bref, les projets dont iMinds est partie prenante sont des plus variés, de la santé à l’urbanisme.  Leur intérêt ? Comme d’autres initiatives, au Sud du pays et ailleurs, ils nous donnent un aperçu de ce que l’économie digitale nous permet de créer.

Crédit photo: bizidee.be

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Bob et Bobette sur la toile!

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Évènements du PILEn de septembre

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Le mois de septembre est déjà là, l’occasion pour le PILEn de vous fixer rendez-vous pour plusieurs évènements.


Pour les fans d’intéractivité, rendez-vous le 15/09 de 13h30 à 17h pour un atelier-débat à propos du cross/transmédia à la Maison des Auteurs, rue du Prince Royal 87, 1050 Ixelles. Michel Reilhac, directeur du cinéma chez Arte pendant dix ans, vous parlera de l’édition intéractive et vous partagera son expérience dans le domaine. Pour plus d’infos concernant l’inscription et le programme de la journée, rendez-vous ici.

Le 29/09, toujours à la Maison des auteurs, vous êtes invités au cocktail de rentrée du PILEn. Celui-ci sera précédé d’une présentation de Sequencity, plateforme de BD numériques proposant les catalogues de près de 29 éditeurs dont les titres ont été recommandés par des libraires papier. La soirée est gratuite mais l’inscription est obligatoire. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du PILEn.

Enfin, vous pourrez venir assister le 30/09, à la Maison des Auteurs, à une matinée d’information sur l’ePub et l’IDPF, de 9h30 à 12h30. Pour ce faire, n’oubliez pas de vous inscrire et de prendre les renseignements nécessaires ici.

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9e formation du Centre de Littérature Jeunesse de Bruxelles

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Envie de participer à la 9e formation du Centre de Littérature Jeunesse de Bruxelles : « Lecture, écriture : enseigner avec le numérique » ? Les inscriptions en ligne sont désormais ouvertes !

Les 3, 9 et 23 février prochains, de 9h à 16h, le Centre de Littérature Jeunesse de Bruxelles, en collaboration avec l’Institut Supérieur de Pédagogie de Bruxelles, vous accueille pour une formation dédiée au numérique et à la littérature jeunesse dans le cadre scolaire. Celle-ci sera animée par Régine Barat, éditrice de la revue Crokalire et responsable de l’ASBL Contalyre, et Valérie Felder, animatrice et formatrice en multimédia et communication citoyenne. Durant ces trois jours, les participants pourront se familiariser avec la culture du numérique à l’école et expérimenter des outils pédagogiques adaptés aux enfants en difficultés d’apprentissage.

La formation coûte 120€ et se tiendra à la Bibliothèque de Laeken située Boulevard E. Bockstael, 246 à 1020 Bruxelles.

Pour y participer, inscrivez-vous ici. Il vous sera demandé, dix jours avant la formation, de remplir un questionnaire en ligne permettant d’évaluer vos connaissances et besoins en termes de numérique.

Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site du CLJBxl.

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Auteurs numériques, web-rédacteurs, blogueurs lésés en termes de droits d’auteurs

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La question des droits d’auteurs digitaux a souvent été soulevée par Lettres Numériques. Cependant, un point n’a pas été réellement évoqué jusqu’à présent : la possibilité ou non qu’ont les auteurs littéraires (mais aussi journalistes, blogueurs, web-rédacteurs…) de bénéficier d’une rémunération compensatoire liée à la reprographie. Petit topo sur la question par Axel Beelen, juriste à la Société des auteurs journalistes (SAJ) et auteur du blog : www.ipnews.be .

Tout d’abord, qu’est-ce que la reprographie ?

La reprographie, c’est la rémunération compensatoire dont bénéficient en Belgique les auteurs (et les éditeurs d’ailleurs) depuis 1994 pour la photocopie de leurs œuvres. Le public peut, par exemple, photocopier un article d’un journal sans demander l’autorisation du journaliste ou du journal lui-même.

Les revenus de la reprographie proviennent de la vente des photocopieuses et de leur utilisation par les sociétés, les ministères et les établissements d’enseignement. Le système est donc transparent et rapporte aux membres de la SAJ par exemple plusieurs centaines d’euros par an.

Il s’agit donc d’un système transparent mais pourquoi le qualifie-t-on de bancal et discriminatoire ?

Depuis 2001, une directive européenne oblige tous les États européens à également rémunérer les auteurs pour les impressions de leurs articles, (c’est-à-dire pour la possibilité qui existe d’imprimer des articles à l’aide d’une imprimante). Cependant, la Belgique est toujours en défaut à ce sujet.

En d’autres termes, les auteurs qui écrivent uniquement pour le web (les journalistes des pure players, les bloggers, etc.) n’ont aucunement droit à recevoir une rémunération pour les impressions par le grand public de leurs articles ou de leurs photos postés sur internet alors que les journalistes « papier », eux, peuvent recevoir une rémunération pour les photocopies de leurs articles papier.

Il y a là une discrimination flagrante que le gouvernement fédéral refuse de pallier. Et ce depuis plus de 13 ans maintenant. Continuer la lecture

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La TVA sur le livre numérique

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Si le livre papier bénéficie d’un taux de TVA réduit, ce n’est pas le cas du livre numérique. Le point sur la position de différents acteurs en Europe et l’action des éditeurs belges.


Les livres sont des produits de première nécessité : afin de les rendre accessibles à un public le plus large possible, ces produits bénéficient d’un taux de TVA réduit. En Belgique, la TVA d’application pour les livres est donc de 6%, contre 21% en général. Par contre, les livres numériques sont eux considérés comme des services et, à ce titre, ne bénéficient pas d’un taux de taxation réduit. En Belgique, par exemple, les livres numériques sont taxés à 21%. À titre comparatif, le même taux s’applique chez nous à la télédistribution. Dans une directive datant de 2009, les instances européennes ont autorisé les États membres à élargir le taux réduit aux livres présentés sur d’autres types de support physique que le papier (comme un CD, un DVD ou une clé USB)… à l’exclusion toujours des services fournis par voie électronique, dont le contenu numérisé de livres téléchargés et autres publications électroniques!

La France a cependant outrepassé le cadre de la directive. Le livre numérique dans l’Hexagone est donc taxé à 5.5%, c’est-à-dire au même taux que le livre papier. Le Luxembourg applique également un taux réduit au livre numérique, cette fois de 3%. Serait-ce là un des facteurs qui aurait pu inciter le géant Amazon à s’installer au Grand-Duché ? Sans doute… En effet, pour le moment, la TVA qui s’applique est celle du pays d’origine, et non celle du pays de destination. Les plateformes préfèrent donc vendre leurs livres numériques au taux luxembourgeois de 3% qu’au taux belge de 21%…

À l’horizon 2015 cependant, la donne changera : le taux de TVA d’application sera celui du pays où le livre est acheté. « Cela simplifierait de beaucoup la charge administrative entraînée par toute transaction intercommunautaire » opine Luca Venanzi, à la tête des Éditions Edipro. Bernard Gérard, directeur de l’Association des Éditeurs Belges (ADEB), est du même avis. Amazon, par contre, ne doit pas trouver la perspective tellement réjouissante : l’entreprise milite dès à présent pour un taux bas et uniforme à travers tous les 28 États membres.

Bernard Gérard se montre peu séduit par cette dernière prise de position d’Amazon : « une uniformisation complète des taux de TVA en Europe ?  Ce n’est pas pour tout de suite… dès lors que les états veulent  conserver  en cette matière une certaine marge de manœuvre et de souveraineté ». L’ADEB estime donc, en collaboration avec la FEE (Fédération des éditeurs européens), que la fixation des taux de TVA doit être laissé à l’appréciation des États membres mais que ceux-ci doivent être équivalents pour le livre papier et le livre numérique. En Belgique, les livres, qu’ils soient numériques ou sous format  papier, seraient dans ce cas de figure taxés à 6%. Bien sûr, certains états pourraient craindre de voir diminuer les recettes qu’ils tirent, ou tireront, des livres numériques. À cela, Bernard Gérard répond en s’appuyant sur les chiffres d’une étude du consultant Gfk, réalisée à la demande du Syndicat national de l’édition (SNE), l’homologue français de l’ADEB et de la VUV. Cette étude semble démontrer qu’en France, la baisse des recettes due à une TVA moins élevée sur le livre numérique est compensée par la croissance de la demande ainsi boostée. « Il faut prendre cette décision aujourd’hui tant que le livre numérique est en phase de développement, ce qu’atteste son chiffre d’affaires en croissance d’année en année. Une telle décision politique stimulera le marché : c’est ainsi que le manque à gagner sera compensé rapidement, au fil de l’augmentation de la demande », insiste Bernard Gérard.

De façon générale, l’ADEB et son homologue flamand, la Vlaamse Uitgevers Vereniging (VUV), mènent depuis plusieurs années ensemble un travail de fond afin d’obtenir une équivalence des taux de TVA entre les livres aux formats papier et numérique. Les autorités belges, comme Elio Di Rupo ou Koen Geens, ont réagi positivement aux demandes des éditeurs. Dès lors, la Belgique est un des États membres de l’Union européenne qui défend au sein du Conseil européen la position de la France et du Luxembourg et encourage les autres États à faire pression sur la Commission européenne afin de faire bouger les choses. Et, du côté de l’ADEB toujours, on note avec intérêt que la présidence européenne italienne a mis le point à l’ordre du jour.  Affaire à suivre donc!

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Le point de vue du Syndicat national de l’édition, en France sur la TVA du livre numérique.

Crédit photo: edilivres.com

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Texte et analyse de données, épisode 1.

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Le texte – journalistique, littéraire – se métamorphose à l’écran et des données en sont   extraites. Comment notre mode de lecture évolue-t-il alors ? Comment ces données peuvent-elles être utilisées ? Nous vous proposons une visite guidée à travers ces questions en trois épisodes…

Pour attaquer ce vaste sujet par un angle bien concret, jetons donc un oeil aux journaux : les nouvelles, surtout en anglais, passent de plus en plus par les écrans des smartphones. Cory Bergman est à la tête de Breaking News, une start-up mobile appartenant au réseau de télévision américaine NBC News. En choeur avec Wolfgang Blau, en charge de la stratégie digitale pour The Guardian, Cory Bergman suggère de développer une présentation de l’actualité pensée en priorité pour le téléphone, adaptable à l’écran d’ordinateur. Divers faits font écho à ces recommandations:

À quoi ressemblent ces nouvelles servies sur un écran de téléphone ? Allons-nous avoir droit à de l’actualité compressée ?

Et bien… pas nécessairement, semble-t-il! Frank Rose, pour le magazine Wired, relève qu’un site comme BuzzFeed, pensé à l’origine pour retenir un bref instant l’attention des lecteurs sur smartphones, cherche maintenant à offrir des reportages de plus longue haleine dans l’espoir de mieux répondre aux attentes de ses lecteurs. Une histoire de 6200 mots y a été consultée plus d’un million de fois et a retenu l’attention des lecteurs pendant plus de 25 minutes en moyenne! La magie des mots n’est pas seule à agir : les illustrations et les graphes qui permettent de visualiser une série de données dans un espace limité sont ici cruciaux. Ainsi, Simon Rogers, qui a travaillé pour The Guardian et est aujourd’hui chez Twitter, raconte qu’un visuel a 50% de chance de plus qu’un texte d’être «retweeté». Notons, avec Frank Rose toujours, que le trafic sur les sites mobiles est souvent amené via les réseaux sociaux : des journaux américains – Quartz (The Atlantic) ou le New York Times – mettent donc au point une présentation susceptible d’accrocher qui flâne sur Twitter, par exemple.

Si vous, vous apprenez quelque chose de substantiel d’un contenu, sachez que lui aussi apprend sans doute quelque chose de vous… Vous venez de le lire, les journaux à travers l’écran peuvent savoir combien de temps vous avez passé sur tel ou tel article et comment vous y êtes arrivé. Ces données valent de l’or et les médias s’en rendent compte : leur analyse fine les aide à ajuster leur offre aux besoins de leurs lecteurs et donc à les fidéliser. Comment, pourquoi, avec quelles conséquences ? Cet engouement pour les smartphones et la capture de données se retrouve-t-elle également côté e-books ? Quel impact aurait cet engouement sur le financement de toutes ces histoires? Suite aux prochains numéros…

Crédit photo: businessjournalism.org

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La guerre entre Hachette et Amazon est-elle le reflet d’une redistribution des cartes dans l’édition ?

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Alors que les négociations entre le groupe Hachette et Amazon semblent s’éterniser suite à des mésententes profondes sur le modèle économique de la vente des livres, Amazon a dévoilé quelques informations sur les raisons de cet enlisement.

  • Les arguments d’Amazon
English: Amazon Kindle wordmark.

Dans un billet publié sur le forum Kindle, Amazon explique son objectif de réduire le prix des ebooks à 9,99 dollars maximum. Selon le géant américain, trop de livres sont proposés à des prix de l’ordre de 14,99 dollars, voire 19,99 dollars, ce qui lui semble difficilement défendable. À ses yeux, le fait que pour un ebook, il n’y ait ni rupture de stock, ni couts de stockage, ni couts de transport, ni marché de l’occasion, rend un prix si élevé injustifié.

Face à cet argumentaire, la question est surtout de savoir si le prix d’un livre doit être fixé sur base de ses couts de fabrication, ou au contraire sur base de la valeur perçue par le lecteur. Si on suivait une telle argumentation, fondée sur les couts de fabrication uniquement, dans le secteur automobile, les Porsche et autre Ferrari devraient être proposées à des prix beaucoup plus accessibles. Les arguments d’Amazon semblent donc très mal choisis. Dans le même ordre d’idées, Roxana Robinson, présidente de « Author’s Guild », une association américaine d’auteurs, pense qu’Amazon fait fausse route et qu’il est peu probable qu’une stratégie aussi simpliste de réduction de prix puisse avoir un effet bénéfique pour tous les auteurs. D’après elle, cette stratégie ne tient pas suffisamment compte du fait que le véritable travail fourni (et donc son coût) est principalement lié à sa conception, qu’il s’agisse du travail d’écriture de l’auteur ou du temps et de l’argent investi par l’éditeur.

Encore sur son forum Kindle, Amazon précise que la stratégie de prix des éditeurs doit avant tout être dictée par le comportement d’achat des lecteurs et l’élasticité par rapport aux prix. D’après les études réalisées par Amazon, une augmentation de prix réduit très fortement les achats et un livre numérique qui se vendrait à un exemplaire à 14,99 dollars, pourrait se vendre à 1,74 copie s’il était proposé à 9,99 dollars !

Au final, aussi bien Amazon que l’éditeur, l’auteur et le lecteur s’y retrouveraient mieux :

-       le lecteur paierait 33% de moins ;

-       l’éditeur, le libraire et l’auteur toucheraient chacun 16% de royalties de plus, en touchant 74% de personnes en plus.

  • De nouvelles stratégies de prix qui menacent l’équilibre financier des éditeurs

D’après Amazon, la stratégie de prix des éditeurs ne tient pas suffisamment compte du fait qu’en dehors de se concurrencer entre eux, « les livres sont avant tout en concurrence avec “les jeux mobiles, la télévision, les films, Facebook, les blogs, etc.”. Le géant de Seattle appelle par-là les éditeurs et, notamment Hachette, à faire preuve de bon sens.

Là où le bât blesse, c’est qu’Amazon va plus loin dans ses recommandations sur le partage des revenus des livres avec les auteurs. À ce sujet, il préconise un partage des revenus entre l’éditeur et l’auteur à 50/50, soit après une remise libraire de 30%, 35% pour l’éditeur et 35% pour l’auteur. Un calcul qui semble sous-estimer l’investissement et le risque financier pris par les éditeurs. Si une telle clé de répartition était mise en application en Europe, il est fort probable qu’on assisterait à une disparition massive de nombreux éditeurs, incapables de rentrer dans leurs frais. Au final, seuls quelques éditeurs parviendraient à se maintenir, ce qui risquerait de  favoriser une réduction de la production culturelle que nous connaissons actuellement.

  • Des éditeurs déforcés

Cette situation illustre bien la position monopolistique qu’occupe Amazon aux États-Unis. Dans les faits, Hachette est bien plus dépendant du célèbre site internet que le contraire, dans la mesure où ce dernier travaille avec un nombre élevé de contributeurs de contenus (qu’ils soient éditeurs, auteurs autopubliés, etc.), sur plusieurs marchés linguistiques et vend une grande diversité de produits. Le groupe éditorial se retrouve donc pieds et poings liés sans alternative durable pour la vente de ses ebooks.

Autrement dit, si l’on compare la position d’Hachette dans le livre papier à celle qu’il occupe dans le livre numérique, force est de constater que les rapports de force sont très différents. En effet, alors qu’Hachette était clairement en position de force dans le monde physique, il se retrouve à présent déforcé face à un géant américain qui a compris qu’il avait tout intérêt à ne pas proposer de traitement de faveur aux grands éditeurs comme Hachette et qu’il était préférable de les traiter de manière égale aux éditeurs indépendants.

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La 7e édition des apéros numériques est prévue le 29 août !

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Venez échanger entre professionnels du livre et découvrir les possibilités de création dans la ville et de la ville dans la création grâce au numérique !

La 7e édition des apéros du numérique est une initiative de Bela (portail des auteurs et des écritures), co-organisée par le PILEn (Partenariat interprofessionnel du livre et de l’édition numérique), et soutenue par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette édition s’intéresse au territoire et à la création dans l’espace numérique ainsi qu’à la place du numérique dans le territoire. Elle se déroulera au Square Meeting Centre, ce 29 août de 17h00 à 18h30, et sera suivie d’un cocktail.

L’inscription est obligatoire à l’adresse suivante : infos@bela.be

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