Les modèles d’abonnement en illimité de Youboox, YouScribe et Izneo validés

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Si le bien-fondé des abonnements de lecture en illimité ainsi que leur impact pour les éditeurs et les auteurs remuent le monde de l’édition depuis leur apparition et ont déjà fait couler beaucoup d’encre, c’est bien leur légalité qui est remise en question en France depuis quelques mois. Aujourd’hui, certains de ces modèles ont été validés moyennant quelques adaptations. Explications.

L’arrivée de Kindle Unlimited en France, l’élément déclencheur

La question de la légalité des offres de lecture illimitée en streaming en France est sur toutes les lèvres depuis quelque temps. En effet, en décembre dernier, après les vives réactions suscitées par l’arrivée de Kindle Unlimited sur le territoire français, Laurence Engel, médiatrice du livre, est saisie par Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, afin d’évaluer si ce type d’offres s’avère ou non conforme à la loi du prix unique du livre de 2011. L’avis de la médiatrice, paru en février 2015, est formel : les offres actuellement proposées doivent être adaptées afin de se conformer à ladite loi. Celle-ci stipule en effet que l’éditeur reste seul maître de ses prix, ce qui entre en conflit direct avec le modèle de rémunération proposé par les modèles de lecture en streaming.

Plusieurs modèles validés

À la suite de la parution de cet avis, les principaux acteurs de la lecture en streaming en France, à savoir Youboox, YouScribe et Izneo (uniquement pour les bandes dessinées) ont d’emblée travaillé en étroite collaboration avec Laurence Engel afin de plancher sur des solutions possibles. Cinq mois plus tard, c’est chose faite puisque ces trois modèles ont été validés. En quoi consistent toutefois les changements adoptés ?

Chez Izneo, la solution était pour ainsi dire toute trouvée : 99 % des bandes dessinées présentes dans l’offre d’abonnement appartenant au groupe éditorial Media Participations, il aura suffi de retirer de l’offre les BD publiées par d’autres éditeurs afin d’éviter une offre multi-éditeurs.

Chez Youboox et YouScribe, l’éditeur établira désormais un prix fixe par livre. Ce prix sera divisé par le nombre de pages du livre concerné et l’éditeur sera rémunéré en fonction du nombre de pages lues (si une page revient à 0,10 €, par exemple, l’éditeur remportera ce montant pour chaque page lue). Youboox devra également mentionner le prix de chaque livre. Pour le lecteur, l’adoption de ce modèle n’aura aucun impact puisque celui-ci continuera à payer son abonnement mensuel 9,99 €/mois. Chez YouScribe, il y aura tout de même une conséquence pour le lecteur : celui-ci ne pourra plus consulter un nombre illimité de livres par mois. En effet, le nombre maximal variera entre 8 et 20, selon la nature et l’ancienneté du bouquin. Pour Juan Pirlot de Corbion, son fondateur, cette adaptation « laisse tout de même intacte la promesse fantastique d’une bibliothèque digitale moderne ».

Du côté d’Amazon, un silence retentissant

Maintenant que les trois autres acteurs ont vu leurs modèles validés, tous les yeux sont rivés sur Amazon, dont la réponse peine à se faire entendre. Elle ne devrait toutefois pas tarder, comme l’a expliqué Laurence Engel lors des Rencontres nationales de la librairie : « Juridiquement, le point de départ de la médiation, c’est l’accusé de réception de mon envoi. Comme les acteurs ne sont pas situés au même endroit, cela prend un petit peu plus de temps pour arriver chez certains ». Patience, donc…

Une chose est sûre, si les modèles de lecture en abonnement illimité sont aujourd’hui pour la plupart validés et, partant, légaux, le débat reste entier quant aux risques encourus par les éditeurs avec ce type d’offres, notamment au niveau de la cannibalisation des ventes ebooks et papier.

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Le prix de la publicité en ligne

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Bloquer la publicité en ligne devient monnaie courante. Évidemment, ceux qui comptent sur les revenus de la publicité apprécient modérément. Les lecteurs, eux, auraient sans doute intérêt à pouvoir choisir comment ils paient leur lecture…

Ces temps-ci, il y un chiffre qui circule et qui effraie la presse en ligne, les moteurs de recherche, bref toute l’industrie qui donne à lire du contenu via internet : 50. 50%. Il se pourrait que 50% des annonces publicitaires, dont cette industrie tire une large part de son revenu, n’atteignent en fait jamais l’écran d’un client potentiel. Pourquoi ? Comment ? Les systèmes de blocage de publicité, «ad block», deviennent de plus en plus populaires. Ces logiciels ont longtemps été réservés aux amateurs de technologies. Désormais, ils sont à portée du clic de tout un chacun : ils se greffent sur un navigateur web, Chrome ou Firefox par exemple. De là, ils bloquent les messages et autres vidéos publicitaires qui s’y seraient autrement imposées.

Les Allemands sont les champions du blocage de la publicité : c’est de là que vient la start-up Eyeo, et c’est à elle que l’on doit le très populaire Adblock Plus. Ce dernier, indique la start-up, aurait été téléchargé plus de 400 millions de fois… apparemment, dans la légalité : la justice allemande a donné raison à Eyeo dans le procès qui l’opposait à la presse allemande ce printemps. Les Français emboîtent le pas aux Allemands et les Américains suivent doucement. Ce sont les millenials, nés aux côtés de l’informatique, qui sont les plus enclins à installer un ad block. Plus un site attire les technophiles, plus il a de chances de se voir coller un ad block : les publicités sont bloquées sur 80 à 90% des sites de jeux. On parle de plus en plus également d’ad blocks pour les téléphones. Par exemple, les utilisateurs d’iPhone pourront installer facilement des ad blocks pour Safari sur iOS 9, dont le lancement est prévu à l’automne 2015.

Les journaux en ligne, les moteurs de recherche, la lecture sur un Kindle ou autre support connecté à Internet : tous tirent une partie plus ou moins grande de leurs revenus sur la publicité en ligne. Voilà que ces revenus se trouvent maintenant menacés par l’arrivée au galop de ces ad blocks. L’industrie rebondit face aux lecteurs lassés de la publicité :

  • Google ou Microsoft payeraient pour passer à travers le filtre d’Eyeo et de son AdBlock Plus, rapporte le Financial Times ;
  • le lecteur qui parcourt le site du The Guardian en en bloquant la publicité voit apparaître un message poli, mais clair : « peut-être voulez-vous soutenir ce journal autrement ? » ;
  • Amazon a lancé un Kindle aux États-Unis en 2011 avec une solide réduction sur le prix, en échange d’un peu d’attention aux messages publicitaires qui y circulent. Bien vite, les lecteurs fatigués de ces publicités ont trouvé le moyen de les bloquer en cachette d’Amazon. Résultat, la multinationale a finalement proposé aux acheteurs de ce Kindle à prix réduit de se débarrasser des publicités moyennant 30 $ – la différence de prix initiale entre les Kindle avec et sans publicité.

Amazon n’a pas attendu que les lecteurs en aient assez de la publicité imposée pour être explicite : ce que vous lisez a un prix, vous pouvez le payer totalement en argent sonnant et trébuchant ou le payer pour partie avec votre attention à de le publicité. Ce prix, en 2011, c’était 30 dollars chez Amazon. Ainsi, le lecteur sait combien il paie et il choisit aussi comment il le paie. Et c’est là tout l’intérêt de la manœuvre…

Si le lecteur choisit de laisser place à la publicité, plutôt que de payer, il devra probablement faire ce choix en s’enregistrant et en permettant donc une certaine identification de son profil. Les publicités qui lui arriveraient seraient donc probablement plus ciblées, donc plus pertinentes à ses yeux. Les annonceurs publicitaires cherchent toujours à mieux cibler leurs publicités, donc à mieux connaître leur public-cible. Les deux parties pourraient donc y trouver leur compte. Permettre au lecteur un choix éclairé ferait donc sans doute gagner un peu tout le monde…

Source photo : clubic.com

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BibApps.com, un formidable outil collaboratif pour les bibliothécaires !

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En janvier 2014, naissait BibApps.com, une base de données d’applications jeunesse créée par et pour les professionnels de la lecture publique. Lettres Numériques se devait de consacrer un article à cet outil collaboratif de qualité qu’affectionnent les professionnels du domaine, en particulier les bibliothécaires !

BibApps.com est un site gratuit qui propose un panel d’applications jeunesse. Il ne s’agit pas d’un simple répertoire puisque les différentes applis identifiées ont également été notées par des professionnels du secteur jeunesse (psychologues, éditeurs numériques, scénaristes, bibliothécaires, etc.) et analysées selon trois critères définis :

  1. les animations possibles ;
  2. la qualité ;
  3. le niveau d’accessibilité.

Une description générale permet également d’avoir des informations sur l’âge requis, le(s) magasin(s) en ligne où trouver l’application, la langue, le nombre de joueurs, le temps, etc. Le site présente un bon moteur de recherche par critères (type d’application et âge). On y retrouve des applis comme « Bleu de toi » de CotCotCot – Apps (Histoire) mais aussi des applis jeux, documentaires ou de type hybride comme « Timeline« .

Initié par La Petite Bibliothèque Ronde, BibApps.com souhaite valoriser les possibilités de médiation des applications destinées au jeune public et devenir la référence incontournable pour tout professionnel en permettant à chacun de contribuer à l’enrichissement du catalogue.

En octobre 2014, Isabelle Decuyper, bibliothécaire attachée responsable de la promotion de la littérature de jeunesse pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, avait consacré un article au projet BibApps.com, paru dans la revue Lectures que vous pouvez retrouver sur le site www.litteraturedejeunesse.cfwb.be !

« Les bibliothécaires n’ont pas toujours le temps de tester toutes les nouvelles applications. BibApps.com est un formidable outil pour nous car il nous permet d’explorer de nouvelles pistes et d’avoir une bonne vue d’ensemble sur la production numérique jeunesse actuelle » explique Madame Decuyper.

Le 4 juin dernier, BibApps.com a été présenté lors des matinées numériques organisées par le CLJBxl, l’occasion de faire le point sur le projet après quelques mois. L’initiative n’a donc pas fini de faire parler d’elle !

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Appel à partenariats pour Europe Créative Culture

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N’attendez plus pour devenir le nouveau partenaire d’organisations culturelles européennes !

Plusieurs organisations culturelles préparent des projets de coopération et recherchent des partenaires aux quatre coins de l’Europe dans plusieurs domaines tels que les arts numériques, les arts plastiques et visuels, les arts de la scène, la musique, les musées ou encore le patrimoine culturel. Ces projets de coopération s’inscrivent dans le cadre du programme Europe Créative de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui se focalise sur les secteurs culturels et créatifs. En quelques mots, Europe Créative Culture vise à renforcer la diversité culturelle européenne et la compétitivité de ces secteurs dans un moment de fort changement lié à la mondialisation et au numérique. Le programme attribue son soutien dans le cadre d’appels à projets couvrant différents secteurs d’activité.

Parmi ces appels à projets, celui initié par l’association audiovisuelle de Madrid (AMA), qui recherche entre autres des éditeurs belges pour des projets multisupports. Créée en 2008, AMA s’est associée à d’autres industries culturelles dédiées aux contenus de production audiovisuelle dans des champs d’action variés (théâtre, télévision, publicité, documentaires, plateformes numériques). Ses coopérations ont mené à la création du projet transnational « Frame, Stage, Gamers and Writers », une rencontre professionnelle de trois jours se déroulant à Madrid entre des éditeurs de tous genres littéraires (roman, théâtre, bande dessinée, etc.), des compagnies de théâtre, des créateurs de jeux vidéo et des producteurs audiovisuels. L’objectif ? Promouvoir l’accès et la circulation des créations culturelles européennes présentant un potentiel d’adaptation, et offrir aux participants la possibilité d’élargir leur réseau.

La rencontre « Frame, Stage, Gamers and Writers » à Madrid se déroulera en trois temps.

  1. Les projets sélectionnés seront présentés à un public international, dans le but de trouver des partenaires intéressés par leur adaptation dans les quatre secteurs d’activités proposés (audiovisuel, théâtre, jeux vidéo, littérature).
  2. Des conférences et des ateliers seront également organisés afin d’analyser la tendance actuelle, pour fournir des informations et des conseils techniques sur l’adaptation de contenus, et pour favoriser et faciliter les échanges d’idées.
  3. Enfin, des entretiens auront lieu entre les détenteurs des droits et les potentiels acquéreurs.

Vous êtes éditeur et tenté par le projet ? Pour cela, rien de plus simple, envoyez votre candidature avant le 15 juillet 2015 à l’organisation (toutes les informations de l’appel à projets ici).

D’autres appels à partenariats pourraient également vous intéresser. Retrouvez la liste complète ici.

E.R.

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Prix Jeune Talent Art Numérique 2015

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Vous êtes un jeune auteur étudiant ou récemment diplômé dans les domaines de l’art et de l’audiovisuel ? Il vous reste quelques jours pour présenter une œuvre numérique innovante, à l’occasion du Prix Jeune Talent Art Numérique !

Organisé par la Scam, le Centquatre-Paris et Arte Creative, le concours s’adresse à de jeunes auteurs encore étudiants (en fin d’études) ou tout juste diplômés des écoles d’art et audiovisuelles. Il s’agit donc de mettre en lumière des oeuvres de fin d’études supérieures, créatives et innovantes, qui témoignent d’une écriture contemporaine. Le domaine est vaste puisque les jeunes auteurs peuvent aussi bien présenter des films documentaires, des œuvres numériques sonores, des installations interactives, des sites web ou des œuvres virtuelles en réseau.

Le Prix Jeune Talent Art Numérique permettra au jeune créateur de faire diffuser son œuvre et d’empocher par la même occasion la coquette somme de 2300€. Ce montant sera ensuite mis à profit pour le développement d’un nouveau projet réalisé durant un séjour d’une quinzaine de jours dans une résidence au Centquatre-Paris.

N’attendez plus pour envoyer votre candidature car la date limite est le 30 juin 2015  ! Pour ce faire, il vous suffit de remplir le formulaire d’inscription à renvoyer par mail à cette adresse et d’envoyer par courrier le DVD de votre création numérique (Scam, Prix Jeune Talent Art Numérique 2015, 5 avenue Vélasquez, 75008 Paris).

Plus d’infos ici.

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L’analyse des habitudes de lecture formatera-t-elle l’écriture des auteurs ?

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Avez-vous lu votre ebook jusqu’à la dernière page ? À quel moment votre lecture s’est-elle ralentie voire même arrêtée ? Vous avez commenté, surligné un passage intéressant ? Ce sont toutes ces données qui peut-être demain dicteront à l’auteur comment écrire un roman, raconter une histoire et présenter ses personnages.

Kobo is watching you

Ce n’est plus un secret pour personne, les lecteurs sur Kobo, Kindle et autres tablettes et liseuses du même type ne lisent plus à l’abri des regards. Dans un rapport paru à l’automne 2014, les responsables de Kobo expliquaient d’ailleurs à quel point l’analyse des habitudes de lectures pouvaient être une source importante d’informations quant à l’intérêt que les lecteurs portaient au contenu. Alors qu’auparavant, le succès d’un livre se mesurait à ses ventes, aujourd’hui, c’est grâce à l’analyse des données que l’on peut prévoir qui sera un auteur à succès et anticiper.

« Les passages les plus surlignés » sur Kindle

Pour la société Kindle, l’analyse des habitudes de lecture est également au centre des préoccupations. C’est ainsi que en juillet 2014, on apprenait qu’un mathématicien américain, Jordan Ellenberg, avait mis au point une méthode qui permettait de savoir si les possesseurs de Kindle lisaient leurs achats jusqu’au bout. Cette méthode est appelée l’Indew Hawking et son nom s’inspire du célèbre Stephen Hawking, dont le best-seller Une brève histoire du temps (147 semaines sur la liste des meilleures ventes du NYTimes, 237 semaines sur celle du Times de Londres ; traduit en 40 langues et vendu à plus de 10 millions d’exemplaires) est selon cette méthode un des livres les moins lus de tous les temps (oserait-on dire que malgré sa brièveté, on en voit difficilement le bout ?). Cette méthode dépend donc d’une des fonctionnalités principales du Kindle qui consiste à donner la possibilité au lecteur de surligner les passages intéressants d’un livre. Lorsque la liseuse est synchronisée avec le site d’Amazon, elle alimente la catégorie : « les passages les plus surlignés de tous les temps ». Ainsi, si les lecteurs ont surligné des passages au début et à la fin du livre, c’est qu’ils l’ont lu en entier.

Big Data et conséquences ?

Quelles pourraient être les conséquences d’un tel phénomène pour les lecteurs, les auteurs et le monde de l’édition ?

  • Pour le lecteur ? Pour celui qui lit et qui transmet des données de lectures, les conséquences sont assez simples. La publicité qui lui sera envoyée sera davantage ciblée. Néanmoins, outre cet aspect légèrement intrusif, on peut également y voir un côté positif : savoir qu’un best-seller n’est en réalité pas lu jusqu’au bout peut davantage guider les choix des lecteurs potentiels.
  • Pour les professionnels du livre ? D’après le compte rendu publié par Kobo, pour les professionnels du livre, les avantages sont innombrables. Non seulement le monde de l’édition pourra déterminer ce que signifie réellement et concrètement une « découverte littéraire », mais aussi répondre à une série de questions avec non plus des suppositions mais bien de l’analyse de données. Qu’est-ce qui déclenche un achat chez les lecteurs ? À quel endroit exactement de l’histoire l’intérêt du lecteur commence-t-il à décliner ? Quel style, quelle idée, quel type d’histoire sont-ils le plus appréciés ?

Les contes de fées du « Big Brother »

L’analyse des données récoltées par Kobo, Kindle et consorts révèle des données à la fois étonnantes et amusantes. Certaines histoires s’apparentent parfois à des contes de fées, comme celle-ci qui s’est déroulée au Royaume-Uni. Entre janvier et novembre 2014, le livre le plus achevé du catalogue Kobo (84% des lecteurs qui l’ont commencé l’ont achevé) n’était en fait pas un livre primé mais bien le thriller de Casey Kelleher Rotten to the Core, alors que le best-seller de Katia Lief n’avait été achevé que par 69% des lecteurs. Après la publication de ces données, Casey Kelleher, l’auteur qui avait publié son roman en auto-édition, s’est vue propulsée au-devant de la scène médiatique et a décroché un contrat avec Amazon’s UK publishing imprint Thomas & Mercer. Pour Kobo, ce cas n’est pas un cas isolé, il existe des opportunités à saisir parmi des livres qui ont un taux de vente assez faible mais pour lesquels les lecteurs marquent un réel intérêt. Pour ceux-là, il semblerait utile de voir si les ventes augmenteraient significativement et si l’auteur pourrait accéder au statut d’auteur à succès une fois mis en évidence par la publicité et le marketing.

Malheureusement, la conclusion à laquelle on ne manquera pas d’arriver est la suivante : quelle place peut trouver, dans une telle situation, un chef d’œuvre littéraire ?

Et si le futur se transformait en dystopie, et si on ne trouvait plus que des livres qui ont plu au plus grand nombre ? Et si dans 20 ans, nos liseuses ultra-connectées finissaient par ne nous raconter que des 50 shades of Grey ou des Merci pour ce moment ?

En attendant d’en arriver là (ou pas), petit focus sur la vraie vie des best-sellers :

Les tops :

98,5% : Le Chardonneret, de Donna Tartt, obtient le meilleur score du classement.
66% : Valérie Trierweiller, Merci pour ce moment
44% : le dernier roman de Patrick Modiano, Prix Nobel 2014 : Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

Les flops :

28,3 pour Gatsby le magnifique
25,9% pour Fifty Shades of Grey
7,3% pour Eric Zemmour qui a quand même vendu plus de 400 000 exemplaires de son essai Le suicide français
2,4% pour Le Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty.

Pour en savoir plus sur le sujet :

Etude publiée par Kobo : http://cafe.kobo.com/_ir/159/20149/Publishing%20in%20the%20Era%20of%20Big%20Data%20-%20Kobo%20Whitepaper%20Fall%202014.pdf

Articles de presse :
Le Wall Street Journal : http://www.wsj.com/articles/the-summers-most-unread-book-is-1404417569
Le Guardian : http://www.theguardian.com/books/2014/dec/10/kobo-survey-books-readers-finish-donna-tartt?CMP=share

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Fairphone : un modèle à suivre pour les fabricants de liseuses ?

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Un smartphone qui soit à la fois performant, à la pointe de la technologie, facile d’utilisation, durable et, cerise sur le gâteau, dont on connaît l’origine des matériaux. On en rêvait, Fairphone l’a fait. Aujourd’hui, l’entreprise néerlandaise s’apprête à lancer la version 2.0 de son téléphone tant convoité (le premier modèle s’est déjà écoulé à plus de 60 000 unités). Et du côté des liseuses, alors ?

L’aventure de Fairphone a commencé en 2010 dans le cadre d’une campagne organisée par Waag Society, Action Aid et Schrijf-Schrijf dont l’objectif était de conscientiser la population sur la provenance des matériaux utilisés dans la création d’appareils électroniques. C’est trois ans plus tard que le groupe Fairphone voit le jour. Le choix du téléphone portable a semblé naturel aux fondateurs car il s’agit d’un objet que tout le monde ou presque utilise et qui touche donc une grande partie de la population.

Comment parvenir à créer un smartphone qui soit équitable à 100 % ? « En réalité, c’est impossible », explique Fairphone, principalement car chacun a une définition bien particulière de ce que représente une smartphone « équitable ». De plus, face aux milliers de normes écologiques et sociales qui doivent être améliorées dans le processus de fabrication d’un smartphone, le groupe Fairphone, réaliste, veut progresser petit à petit. Dans un souci de transparence, le groupe a choisi de mettre à disposition de tous le chemin qu’il a déjà parcouru jusqu’ici.

Si l’on ne peut que saluer un projet aussi louable, on peut également se demander quand une solution similaire verra le jour dans le monde de la lecture numérique. Certes, certaines initiatives ont déjà été prises dans le domaine écologique, notamment avec le projet de liseuse rechargeable à l’énergie solaire de Bookeen, mais il reste encore du chemin à parcourir.

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Amazon dans la ligne de mire de la Commission européenne

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Le 11 juin dernier, la Commission européenne a officiellement ouvert une procédure d’examen à l’encontre d’Amazon afin d’évaluer si les pratiques de distribution commerciale de livres numériques du géant américain s’avèrent anticoncurrentielles. L’enquête sera dans un premier temps menée sur les deux plus grands marchés de livres numériques de l’Espace économique européen, à savoir l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

Ce sont les contrats signés entre Amazon et certaines maisons d’édition, et deux clauses en particulier, qui sont remis en causes :

- le droit pour Amazon d’être informé de toutes conditions différentes, voire plus favorables, accordées à des concurrents,

- le droit de bénéficier de modalités et de conditions analogues à celles qui sont accordées à ses concurrents.

Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la politique de la concurrence, explique : « Il est de mon devoir de veiller à ce que les accords conclus par Amazon avec des maisons d’édition ne portent pas préjudice aux consommateurs en empêchant d’autres distributeurs de livres numériques d’innover et d’exercer une concurrence effective vis-à-vis d’Amazon. Notre enquête montrera si nos craintes sont fondées. » (Pour lire le communiqué complet, rendez-vous ici)

Une initiative saluée avec un enthousiasme non dissimulé chez certains acteurs du livre

Amazon n’est toutefois pas le premier acteur américain à être visé par la Commission pour des pratiques potentiellement anticoncurrentielles. En 2011, une enquête similaire avait été ouverte à l’encontre d’Apple, soupçonné d’une possible entente sur les prix avec 5 grands éditeurs internationaux (Hachette, Harper Collins, Simon & Schuster, Penguin et Verlagsgruppe Georg von Holzbrinck). En avril 2015, c’était au tour de Google d’être pointé du doigt par la Commission, pour abus de position dominante cette fois.

À l’annonce de cette nouvelle, les réactions ne se sont pas fait attendre. Si, de son côté, la Fédération des éditeurs européens a affirmé suivre avec intérêt les développements de l’enquête et estime que tous les acteurs du secteur doivent pouvoir agir de manière égale, la Fédération internationale et européenne des libraires (EIBF) a salué la démarche de la Commission européenne dans un communiqué de presse. «Une concurrence réduite amène moins de choix pour les consommateurs européens, à l’inverse d’une concurrence saine garante d’une offre riche et diversifiée, ce que l’EIBF a toujours prôné. Ce sont les consommateurs qui sont perdants quand le marché est dominé par de gros acteurs qui ne laissent pas la possibilité à d’autres libraires de se positionner. A contrario, une offre diversifiée de livres électroniques dans un contexte de concurrence loyale est tout bénéfice pour les consommateurs.», a déclaré la directrice de l’EIBF Françoise Dubruille.

Thibault Léonard, fondateur et CEO de Primento, distributeur et diffuseur ebook, s’étonne toutefois que cette enquête ne soit ouverte que maintenant. Comme il l’explique, « le rôle de la Commission Européenne est notamment de mettre en place un climat et un environnement permettant une concurrence saine entre les acteurs et favorable à l’innovation et à la naissance de leaders locaux. Il est préoccupant de remarquer que l’Europe n’est pas parvenue à imposer un leader dans le domaine de la lecture numérique et que le marché est maintenant dominé par Google, Amazon, Apple … et Kobo ! Il est également dommage de constater qu’à l’heure actuelle, Tolino représente le seul acteur européen susceptible de changer la donne.  Il aurait certainement été plus utile de traiter les problèmes à la source plutôt que de réagir quand les cartes sont distribuées et que l’édition européenne n’a plus d’autre choix que d’accepter une situation oligopolistique, propice aux abus. » D’après lui, il est évident que certaines clauses présentes dans les contrats standards des principaux libraires posent question et peuvent entraver la saine concurrence entre les acteurs. « Mais c’est valable pour tous les acteurs », précise-t-il.

Et de terminer en ajoutant que, malgré tout, les libraires internationaux (dont Amazon) ont permis de redynamiser le secteur du livre en Europe et de faire revenir à la lecture des lecteurs qui l’avaient parfois délaissée au profit d’autres loisirs.

L’enquête lancée par la Commission n’est limitée par aucun délai et dépendra principalement de la coopération d’Amazon sur le cas. À ce sujet, l’entreprise a déclaré dans un communiqué qu’elle coopérerait pleinement avec la Commission et que ses contrats, tout à fait légaux, visaient le meilleur intérêt des lecteurs. Affaire à suivre, donc.

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86 éditeurs francophones belges présentent plus de 10.000 titres numériques

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Le Service général des Lettres et du livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles a présenté, ce vendredi 19 juin, le bilan des instances d’avis relatives aux politiques publiques en matière de livre et de lecture pour l’année 2014. L’occasion pour ce secteur de publier ses statistiques disponibles en ligne.

Quelques chiffres-clés sélectionnés pour les lecteurs de Lettres numériques

  • 86 éditeurs francophones belges (sur 258 éditeurs identifiés, tous genres confondus) ont aujourd’hui une offre de livres numériques : plus de 10.000 titres sont disponibles sous ce format.
  • 46% de ces titres sont commercialisés sans DRM.
  • Près de la moitié des lecteurs interrogés (47%)  lisent à la fois des livres imprimés et des livres numériques.
  • 5% des lecteurs lisent exclusivement sous format numérique contre 2% en 2013.
  • Parmi ceux qui lisent uniquement sous forme imprimée, 22% envisagent de lire en numérique à l’avenir.
  • Une grande majorité de lecteurs de livres numériques achètent ces ouvrages sur les sites internet d’opérateurs internationaux tels qu’Amazon (61%), iBooks (22%), Google books (21%)….
  • 41% des lecteurs sondés ont acheté au moins un livre imprimé via un site en ligne contre 36% en en 2014.
  • 57% des lecteurs numériques utilisent entre autres l’ordinateur pour la lecture de livres numériques (contre 71% en 2013). L’utilisation des tablettes a nettement progressé depuis 2013 passant de 29% à 46% en 2015.
  • Le téléchargement du fichier de l’œuvre est utilisé par 54% des lecteurs de livres numériques contre 34% pour la pratique de la lecture en transit (streaming).
  • 7 personnes sur 10 lisent encore des livres numériques au format PDF.

Sources :

Observation des marchés numérique du livre en 2014 (Ipsos, juin 2015), étude réalisée pour le PILEn avec le soutien du Service général des Lettres et du Livre.

Mission LIBREL et état de la production numérique belge francophone (Adeb, EL&C, PILEn, LIBREL, janvier à mai 2015), étude réalisée par Chantal Lambrechts.

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Le marché du livre numérique et la place des bibliothèques publiques (France, Québec, Italie, Espagne, Belgique) – Partie 2

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Retrouvez cette semaine la seconde partie du compte rendu à propos du marché du livre numérique et la place des bibliothèques publiques !

Pretnumerique.ca et PNB

Si du point de vue de l’usager, hormis la simultanéité donc, les services proposés au Québec et via PNB sont très proches, les approches en termes d’architecture sont un peu différentes. Si la place de la plateforme de vente du libraire dans les deux systèmes est identique, en revanche c’est une seule société (De Marque) qui centralise les besoins des bibliothèques dans pretnumerique.ca. Pour PNB, la présence des librairies est elle aussi un fondement du projet (avec l’objectif de soutenir les réseaux de librairies indépendantes actuellement en grande difficulté) mais elles ont le choix entre plusieurs prestataires informatiques pour mettre en place leur plateforme de vente d’ebooks aux bibliothèques (même si à l’heure actuelle seul epagine est encore présent) ; elles peuvent aussi mettre en place elles-mêmes cette plateforme, comme l’a fait Feedbooks. La valeur ajoutée du libraire dans cette chaîne devra néanmoins se construire car le conseil de libraire et le suivi des commandes de livres aux distributeurs, piliers essentiels de la valeur ajoutée dans la chaîne papier, sont d’un intérêt moindre pour le numérique.

Les bibliothèques ont elles aussi le choix de leur plateforme dans PNB et deux prestataires occupent actuellement ce marché qui devrait s’élargir : Archimed et De Marque. Trois options tendent à émerger pour cet élément de l’écosystème PNB :

- une plateforme de prêt indépendante, comme cela a été développé à Grenoble, à Lausanne et dans le réseau des bibliothèques publiques belges francophones ;

- une plateforme intégrée à un portail comme cela a été mis en œuvre à Levallois, Aulnay-sous-bois et Montpellier ;

- un module de prêt numérique au sein d’un SIGB, comme cela se développe à Cergy-Pontoise (avec Decalog).

Comme pretnumerique.ca avec des réseaux de bibliothèques rurales, PNB s’est ouvert aux bibliothèques départementales et aux collectivités plus larges comme le réseau de bibliothèques publiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce dernier réseau est d’ailleurs le premier à s’être présenté dans PNB avec un projet collectif. Cette approche coopérative se révèle particulièrement intéressante car, pour le numérique, la dimension territoriale se pose en d’autres termes.

En effet, les petites et moyennes bibliothèques se sentent démunies pour prendre en charge tant le choix, l’acquisition et la mise en place d’une plateforme ou d’un outil numérique que la sélection, l’acquisition et la mise en exergue d’une collection numérique en parallèle de la collection papier, surtout à ressources constantes en cette période d’austérité économique. En revanche, les difficultés fréquemment rencontrées par les « non technophiles » lors de leur lancement (choix d’un outil de lecture, choix d’une application de lecture, création d’un compte Adobe, inscription à la plateforme de prêt,…) nécessitent, pour un large public, un accompagnement en groupe voire personnalisé sur place dans leur bibliothèque. Il s’agit donc d’une approche mixte mettant en synergie les forces de chaque niveau d’action :

  • niveau global (et/ou collectif) pour l’acquisition de l’infrastructure et sa maintenance ainsi que pour l’acquisition des titres et la mise en valeur du catalogue, via un consortium de bibliothèques ayant des missions sur un territoire plus large ;
  • niveau local pour les actions de sensibilisation, de formation et d’accompagnement des usagers des bibliothèques.

La promotion du catalogue peut quant à elle être effectuée à la fois au niveau global et au niveau local et idéalement en concertation entre ces deux niveaux.

Il est encore un peu tôt pour se prononcer sur le succès des offres des bibliothèques proposant un catalogue lié à PNB en France, en Suisse et en Belgique, les premières étant apparues il y a seulement 7 ou 8 mois. Il sera en revanche intéressant de faire une évaluation intermédiaire à l’automne, un an après le lancement des premières offres.

Les cas de l’Espagne et de l’Italie

En Espagne, bien qu’il y ait plusieurs offres aux bibliothèques, celle centrée sur la plateforme de vente mise en place par le distributeur majoritaire (Libranda) apparaît significative. Libranda regrette toutefois à ce stade que les bibliothèques ne portent pas davantage l’offre sur le terrain. Mais au-delà du défi commun à tous les pays – dont certains acteurs étaient présents à Québec – qui consiste à réduire les barrières d’accès aux livres numériques – liées à la technique d’une part, à l’accompagnement des publics d’autre part–, le projet a-t-il été suffisamment concerté avec les bibliothécaires ? On sait en effet que s’il n’y a pas adhésion des bibliothécaires des institutions participantes, les chances de succès sont réduites… Cette adhésion constitue sans conteste un des éléments qui a fait le succès québécois (avec l’engagement clef de Bibliopresto et de l’ANEL) et qui permet de se montrer optimiste par rapport à PNB dans lequel il y a une réelle concertation entre éditeurs/distributeurs et bibliothécaires.

En Italie, le constat d’un succès relatif du prêt numérique (mais à nouveau il s’agit d’un système proposé de manière unilatérale par les éditeurs autour d’un distributeur unique)  a engagé e-digita à proposer aux bibliothèques en parallèle un modèle « pay per view ». L’expérience est encore jeune mais c’est un modèle qui pourrait s’avérer intéressant, notamment pour les titres de la longue traîne. En revanche, pour les nouveautés, cela pourrait entraîner pour les bibliothèques d’une part des difficultés de gestion de leurs budgets (budgets fixes annuels), d’autre part la disparition d’une politique de gestion de la collection par la bibliothèque qui ne constitue plus qu’un « tuyau ». Cela dit, cela permettrait aux bibliothécaires de concentrer leurs efforts sur la médiation numérique et l’accompagnement plutôt que sur la gestion des acquisitions. Il s’agit d’une autre vision de la bibliothèque sans aucun doute, mais le secteur est-il prêt à un tel changement ? Il sera intéressant de recueillir dans quelque temps l’avis des bibliothécaires italiens impliqués dans cette expérience.

Il apparaît par ailleurs judicieux également de signaler une autre originalité italienne : le système de prêt numérique y permet le prêt inter-bibliothèques d’ebooks.

Les bibliothèques, un acteur de taille pour le marché du livre numérique

En conclusion, la faiblesse actuelle des marchés de vente de livres numériques dans les pays latins européens et l’exemple du Québec où les bibliothèques ont permis de franchir un cap dans les ventes d’ebooks doivent sans doute encourager les éditeurs et les distributeurs à s’appuyer sur les bibliothèques pour les aider à faire décoller ce marché. Le Québec est en train de le réaliser avec succès et un projet comme PNB en France, Belgique et Suisse pourrait lui aussi contribuer à faire évoluer le marché et permettrait d’offrir un accès au livre numérique à une population plus large. C’est une voie qui, outre l’augmentation des ventes pour les acteurs concernés, devrait produire un autre effet très positif : la réduction du piratage.

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