2015, l’année de l’auto-édition ?

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L’auto-édition n’en finit plus de faire parler d’elle. Dévalorisée par certains, crainte par d’autres, elle a pourtant continué son bonhomme de chemin depuis l’apparition de Kindle Direct Publishing en 2007 et, si elle représente encore une part mineure du marché, elle semble toutefois se faire une place dans le paysage actuel de l’édition. Cette semaine dans Lettres Numériques, nous vous proposons un état des lieux de ce phénomène en pleine expansion.

À l’heure actuelle, l’auteur désireux d’autopublier son livre a l’embarras du choix : alors que toutes les plus grandes plateformes telles qu’Amazon (Kindle Direct Publishing), Apple (iAuthor) ou encore Kobo (Kobo Writing Life) disposent de leur plateforme d’auto-édition, on en retrouve également à l’échelle nationale. Prenons le cas de l’Allemagne, où Tolino vient à nouveau perturber l’empire de Jeff Bezos en lançant sa propre plateforme d’autopublication, Tolino Medias, dont les premiers retours promettent une belle évolution. Pour la petite histoire, rappelons que selon le Global ebook Report réalisé par Gfk en 2014, Tolino avait rattrapé Amazon en termes de parts de marché chez nos voisins allemands.

Doucement, mais sûrement

Considérée de prime abord comme un mouvement mineur, voire anecdotique, l’auto-édition s’impose chaque jour un peu plus et les success stories s’enchaînent : Rachel Abbott, Aurélie Valognes, Jacques Vandroux, Amélie Antoine pour ne citer qu’eux, prouvent la pertinence et le potentiel de la démarche. Si leur succès s’explique notamment par les prix très démocratiques appliqués à leurs livres (un livre autopublié ne dépassant généralement pas les 4,00 €), on peut y voir également la mise en place d’une réelle communauté d’auteurs et de lecteurs. La création par trois écrivains du label indépendant Bad Wolf, « La fantasy méchante et indépendante », illustre également bien la solidarité présente entre les différents auteurs. En effet, les auteurs auto-édités devant normalement prendre en charge la promotion de leurs œuvres, nombre d’entre eux ont lancé leur blog afin de permettre aux lecteurs de suivre leur parcours. Enfin, la fidélisation du lecteur passe aussi par le travail sur le paratexte, comme nous l’expliquait récemment Jacqueline Vandroux : « Nous proposons à la fin de chaque titre un récapitulatif du parcours de Jacques Vandroux et le résumé de nos autres publications, afin de fidéliser nos lecteurs et de les encourager à découvrir nos autres livres. Nous accordons également une importance particulière à la couverture, ainsi qu’aux résumés. Enfin, nous privilégions le travail sur les métadonnées et pratiquons des prix bas pour attirer de nouveaux lecteurs. » (Pour retrouver l’interview complète, c’est par ici).

L’auto-édition peut également représenter un beau tremplin, puisqu’elle permet à des auteurs débutants de se faire une première expérience et, en cas de succès, de se faire remarquer pas des maisons d’édition

Une médiatisation accrue

Cette année, beaucoup d’événements auront mis en avant le milieu de l’autopublication, à commencer par de nombreuses conférences et rencontres lors du Salon du Livre de Paris, qui a également marqué le lancement de la plateforme Iggybook, entièrement dédiée à l’accompagnement des auteurs auto-édités ainsi qu’à la promotion de leurs œuvres (voir notre précédent billet). Cette année, le nouveau venu marque le coup en organisant la première rentrée des Indés (dont nous vous parlions la semaine dernière). Organisé en octobre, il s’agit là d’une belle occasion pour les auteurs autoédités de se démarquer du raz-de-marée de livres qu’engendre la rentrée littéraire. Dans la même veine, on retrouve le prix de l’auto-édition, organisé cette fois par Amazon et sa plateforme Kindle Direct Publishing, qui sera également remis en octobre. Là aussi, le gagnant bénéficiera de la mise en place d’un dispositif marketing visant à accroître sa visibilité.

Le monde de l’auto-édition bénéficie donc d’une visibilité accrue ces derniers temps et cette pratique semble prometteuse pour les nouveaux auteurs désireux de se lancer. Attention toutefois : si ce marché a ouvert une nouvelle porte aux auteurs et a engendré la création de nombreuses plateformes qui lui sont entièrement dédiées, il reste toutefois très réduit en termes de parts de marché et la rémunération qui découle de ce modèle n’est pas toujours avantageuse pour les auteurs. En effet, si l’on considère les prix bas appliqués à ce genre de publications, en plus de la commission prise par les plateformes, les bénéfices reversés à l’auteur peuvent parfois s’avérer minimes. Et si certains auteurs tirent leur épingle du jeu et parviennent à se faire un nom, ils ne représentent malheureusement qu’une minorité.

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Jean-Luc Velay : « Le lecteur semble plus vite égaré dans l’espace d’un ebook que dans celui d’un livre papier »

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La semaine dernière, Lettres Numériques vous proposait un premier article rédigé dans le cadre du colloque Erasmus+ « Des écrits aux écrans », organisé le 18 septembre prochain. Il y était question de la distinction entre écriture manuscrite et écriture numérique, propos enrichis par l’avis d’un spécialiste du domaine, Jean-Luc Velay, chercheur en neurosciences. Cette semaine, poursuivons notre réflexion, du côté de la lecture. Quelle(s) différence(s) entre lire un livre papier et lire un livre numérique ? Réponse avec Jean-Luc Velay toujours, qui s’est récemment penché sur la question.

Un sujet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre

Retient-on et comprend-on la même chose lorsqu’on lit un ebook par rapport à la lecture d’un livre papier ? De nombreuses études ont déjà été réalisées afin d’apporter des éléments de réponse à cette question. Jean-Luc Velay explique : « Ces études sur la lecture électronique ont principalement porté sur l’aspect visuel : la taille des écrans, le rendu, la fatigue oculaire, etc. » On peut cependant noter qu’aujourd’hui les liseuses tendent à s’approcher le plus possible du papier. C’est notamment le cas de la Kindle d’Amazon qui propose un rendu visuel très ressemblant au papier et qui n’engendre pas de fatigue oculaire.

Jean-Luc Velay poursuit : « Il est clair que la lecture met en jeu la vision mais un autre aspect de la lecture a été moins étudié par les chercheurs, à savoir la manipulation du livre. Les actions sont en effet très différentes d’un livre papier à un ebook : tourner les pages, feuilleter, etc. Cela change-t-il quelque chose pour autant en termes de compréhension et de mémorisation du contenu du livre ? »

Egarement dans l’espace numérique

Un livre papier a des caractéristiques physiques particulières (épaisseur, poids, format, etc.) qui ne sont plus déterminantes du côté du livre numérique. La notion de page n’existe plus pour l’ebook puisque la seule page que le lecteur appréhende de manière immédiate est celle qui s’affiche à l’écran. « Les autres pages se retrouvent dans un environnement dématérialisé, malgré le soin que les constructeurs apportent à la création d’une similitude dans la manière de tourner les pages d’un ebook » observe Monsieur Velay.

Cela mène le lecteur à avoir un comportement différent par rapport à la lecture sur papier : « Si vous êtes par exemple en train de lire un roman policier en papier dans lequel on trouve le coupable à la page 70 et qu’il en reste 130, vous vous doutez qu’il ne s’agit pas du véritable meurtrier et que l’histoire va encore connaitre un certain nombre de rebondissements. Avec un livre numérique, le nombre de pages passées est plus difficilement évaluable immédiatement et on a ainsi moins le sentiment de localisation dans l’espace du livre. Le lecteur semble donc plus facilement égaré dans l’espace d’un ebook que dans celui d’un livre papier » observe Jean-Luc Velay.

L’expérience proprement dite

C’est à partir de ces considérations que Jean-Luc Velay a mis sur pied une expérience avec 50 lecteurs adultes (niveau licence) : « Nous leur avons proposé la lecture d’une histoire policière de 30 pages. La moitié des lecteurs a lu en papier et l’autre moitié en ebook. » Un soin particulier a été accordé aux représentations visuelles des textes afin que ces dernières soient quasiment semblables (même format, police, etc.), l’aspect visuel n’entrant dès lors plus en ligne de compte.

Après la lecture, des mesures ont été effectuées au sein des deux groupes de lecteurs sur la compréhension de l’histoire. « Nous leur avons posé des questions sur les personnages et les relations qui les lient, les lieux, les noms, les décors et les aspects temporels. 14 événements de l’histoire ont été mélangés sur des fiches cartonnées et les lecteurs ont dû les reclasser dans l’ordre chronologique. Il s’est avéré que, globalement, la compréhension de l’histoire est la même pour les deux groupes (personnages, lieux, noms, etc.). Par contre, il est intéressant de constater que les aspects temporels ont été moins bien rapportés par les personnes qui ont lu le récit en ebook. » Jean-Luc Velay a réitéré l’expérience avec des adultes dyslexiques ayant fait des études universitaires et le même type de résultats a été observé.

Jean-Luc Velay poursuit sa réflexion : « Savoir replacer des éléments dans leur ordre d’apparition au sein de l’histoire est l’une des composantes de la compréhension. De ce point de vue, les lecteurs sur support papier comprennent mieux l’histoire que les lecteurs sur supports électroniques. Il est cependant difficile de mesurer la compréhension car il existe différents indicateurs qui n’ont pas été pris en compte dans cette expérience. Il n’y a d’ailleurs pas encore eu d’étude réalisée sur des textes plus longs. »

Des écrits aux écrans

Erasmus+ « Des écrits aux écrans » est un projet d’envergure pour lequel Jean-Luc Velay a été contacté : « À ce moment-là, je venais de me pencher sur le sujet de la lecture sur supports numériques. J’ai donc choisi d’approfondir la question en réalisant la même expérience avec un public plus jeune constitué d’élèves du lycée de Saint-Raphaël, âgés de 14-15 ans. »

Y a-t-il une différence de compréhension pour ces digital natives a priori plus habitués aux supports numériques, ne fut-ce que par l’usage qu’ils font de leurs smartphones ? Jean-Luc Velay répond : « Il est en effet possible qu’il y ait une adaptation du comportement de lecture pour ce jeune public mais nous n’avons pas encore d’éléments à ce sujet. Les résultats de cette nouvelle expérience seront présentés lors de la journée du 18 septembre prochain. »

Des habitudes de lecture différentes pour les nouvelles générations ?

Selon Jean-Luc Velay, « les jeunes continuent à lire des livres papier en France. La lecture numérique se fait petit à petit une place, grâce notamment aux efforts déployés par des sociétés comme Amazon. On remarque que les jeunes ne lisent pas tellement sur liseuses mais plutôt sur smartphones. Finalement, lire des SMS ou lire un livre, c’est un peu pareil. »

Les habitudes de lecture sont-elles différentes pour les nouvelles générations ? Lisent-elles différemment de leurs aînés ? Le numérique engendre-t-il de nouveaux comportements et gestes de lecture radicalement différents de ceux que l’on connait en papier ? Le colloque du 18 septembre devrait apporter des éléments de réponse à ces questions.

Rendez-vous donc le 18 septembre pour assister notamment à la présentation de Jean-Luc Velay à la journée « Des écrits aux écrans » (de 9h à 16h30, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rue Royale, 72 – 1000 Bruxelles).

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Blitab, la première tablette tactile braille prévue pour 2016 !

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En juin dernier, le lancement d’une tablette tactile en braille destinée aux personnes malvoyantes était annoncé pour 2016. Une nouvelle porte d’accès au monde numérique pour les lecteurs souffrant de déficiences visuelles ? Lettres Numériques vous en dit plus dans cet article.

Ce n’est pas la première fois qu’on vous en parle. L’ère du numérique permet de faciliter les usages des personnes malvoyantes. C’était notamment le cas pour le livre audio (voir cet article), pour des créations adaptées à tous les publics (par ici) et plus récemment pour une invention nommée FingerReader (par ). Aujourd’hui, place à Blitab, une tablette tactile révolutionnaire puisqu’elle est entièrement dédiée à la lecture sur Internet en braille. Ce « matériau intelligent », conçu par une équipe installée en Autriche, présente une surface qui permet d’afficher une page écrite en braille sur l’écran de la tablette. Mais comment cela est-il possible ? Grâce à de petites bulles physiques qui montent et descendent sur demande.

Les précédents outils du genre ne permettaient la lecture que d’une ligne de braille à la fois et étaient très onéreux. Blitab s’inscrit dans une volonté de rendre accessible aux personnes malvoyantes un maximum de contenus numériques. Aujourd’hui, seul 1% des livres présents dans le monde sont traduits en braille étant donné les coûts que cela représente. Avec Blitab, la traduction des contenus en braille se fait de manière instantanée.

Ce petit bijou d’innovation est actuellement au stade de prototype. Il faudra donc attendre encore quelques mois avant que la tablette ne soit commercialisée (probablement dès septembre 2016). Il ne fait aucun doute que ce nouvel outil technologique comblera de nombreux lecteurs !

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Un pavé sur le petit écran

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Les gens lisent sans arrêt, et c’est à cause du téléphone.

C’est le très sérieux « Wall Street Journal » qui reprend cette affirmation et qui l’appuie par des chiffres.Entre 2012 et 2014, la proportion de lecteurs lisant au moins une partie du temps sur leur téléphone est passée de 24 à 54%. Dans le même laps de temps, rapporte la même étude de Nielsen, la proportion d’adeptes du Nook et autres liseuses est passée de 50 à 32%.

Une foule croissante a toujours son téléphone en poche, même quand elle fait la file à la poste ou quand son bus est bloqué par des travaux. Le petit engin a le grand mérite de pouvoir contenir bien plus de livres qu’une poche ou un sac à main. Suprême raffinement de la technologie, les marques-pages peuvent être synchronisés sur le compte d’une même personne à travers tous ses supports de lecture numérique, tablettes ou liseuses. Les grands écrans, avec les phablettes par exemple, ont le vent en poupe et on ne se brûle plus nécessairement les yeux sur le petit écran.

C’est ce qui rend le téléphone incontournable pour un nombre croissant de lecteurs. Les éditeurs sentent le vent tourner. Certains d’entre eux adaptent la voilure, encourageant par là-même toujours plus la lecture sur le téléphone. Amazon, par exemple, a mis au point son application Kindle téléchargeable sur le premier smartphone venu. Moins grand public mais révélateur tout de même : Simon & Schuster, l’éditeur, travaille avec Foli (géolocalisation, service aux voyageurs) pour fournir le bon livre au bon endroit. Le 15 mai 2015, les passagers de 50 aéroports américains pouvaient se plonger dans « The Wright Brothers », l’histoire des frères aviateurs – bien dans le ton de l’endroit où on lit. La liste d’endroits et de lectures s’allonge, comme les potentialités de cette combinaison en termes de visibilité pour les auteurs, de modèle de revenus et de publicités pour les éditeurs et leurs partenaires.

Auprès de quels lecteurs, ou de quels moments de lecture, cette évolution trouvera-t-elle un écho? Jusqu’ici, la lecture sur téléphone est une lecture par défaut. On y lit en s’apprêtant à être distrait et interrompu.  Mais il n’est pas dit non plus que seul les lectures courtes trouveront des lecteurs sur le téléphone. Les plus hardis ont déjà dévoré Guerre et Paix sur le petit écran, pris par leur lecture et parce que c’était un téléphone qu’ils avaient sous la main. Cependant, le jour où les mordus de lecture se contenteront de leur seul téléphone n’est pas encore venu non plus… Viendra-t-il un jour ?

Ailleurs sur la toile
Oyster (« lisez tout ce que vous voulez, pour un forfait ») explique à The Verge pourquoi il croit dans le téléphone. (En anglais)
Source photo : Gizmodo, The best device for reading is still the phone in your pocket.

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Les événements du PILEn de septembre et octobre 2015

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Après ces deux mois d’été, le PILEn revient en septembre et octobre avec un programme plutôt chargé. Retrouvez ici un récapitulatif des différents événements organisés.

  • Le 21/09 : Venez assister à la formation intitulée « Développer des projets numériques avec des partenaires ». Cette journée sera dédiée aux éditeurs qui souhaitent développer des projets de partenariats et de coéditions. Elle se déroulera de 9h30 à 17h à la Maison des auteurs (Rue du Prince Royal 87 – Ixelles) et sera animée par Térence Mosca, juriste et commercial. Les infos ici.
  • Le 26/09 : Dans le cadre de Mons 2015, une journée sera consacrée au(x) lecteur(s) numérique(s). Le PILEn, associé au collectif kom.post, abordera la figure du lecture en numérique avec des intervenants comme Gilles Martin (libraire bruxellois), Albertine Meunier (artiste française), Jérémy Nuel (graphiste français membre du labo de l’édition), Björn-Olav Dozo (chercheur à l’ULg) et Kitty Crowther (auteure belge). Les infos ici.
  • Le 08/10 : Une nouvelle journée de formation sur les réseaux sociaux, animée par Cécile Palusinski, sera organisée pour les libraires. L’atelier se tiendra de 13h30 à 17h à la Maison des Auteurs. Les infos ici.
  • Le 09/10 : Une formation sur Facebook sera cette fois dédiée aux bibliothécaires de 9h30 à 17h à la Maison des Auteurs, toujours animée par Cécile Palusinski. Les infos ici.

Pour vous inscrire à l’une ou l’autre de ces journées, prenez contact avec Célyne van Corven : pilen@futursdulivre.be - 02 511 03 20.

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Ecriture manuscrite versus écriture numérique : l’époque charnière

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À la rentrée 2014, une nouvelle étonnante faisait la une de nombreux journaux. On y lisait que la Finlande, réputée pour son avant-gardisme en matière de pédagogie, avait décidé d’abandonner l’enseignement de l’écriture manuscrite au profit de l’écriture numérique. En plus du tollé général que cette nouvelle souleva, de nombreux spécialistes de la question (des linguistiques, pédagogues, neurologues…) furent interrogés pour donner leur avis sur cet abandon et tout le monde cria au scandale. Quelques semaines plus tard, on découvrit que finalement l’article qui avait mis le feu aux poudres était le fruit d’une mauvaise traduction de l’article original écrit en finnois. En effet, la Finlande n’avait pas abandonné l’enseignement de l’écriture manuscrite mais bien de l’écriture cursive  au profit de la scripte. La nouvelle se dégonfla comme un ballon de baudruche et certains journaux s’empressèrent de rectifier leurs articles.

Les USA, premiers à abandonner l’écriture manuscrite

Si pour le cas de la Finlande, il s’est avéré que l’enseignement de l’écriture manuscrite n’allait pas être abandonné, ce n’est pas exactement la même situation pour les USA. Non seulement 45 états ont adopté des « Common Core Standards », c’est-à-dire des objectifs pédagogiques communs en anglais qui rendent facultatif l’apprentissage de l’écriture cursive  au profit de la scripte mais en plus, parce qu’il n’est mentionné nulle part dans cette réforme que l’enseignement de l’écriture cursive est obligatoire au-delà du CP (donc de la première primaire), certains établissements ont cru bon d’abandonner l’apprentissage de l’écriture manuscrite. (En revanche, il est bien spécifié que l’apprentissage de la dactylographie doit être maintenu jusqu’à la fin du primaire ainsi que l’écriture collaborative sur internet). Ces questions ayant suscité de nombreux débats aux USA également, certains états sont revenus sur leur position.

Pour savoir ce que pouvait engendrer, d’un point de vue neurologique, d’apprendre à lire et à écrire exclusivement à l’aide d’un ordinateur, nous avons interrogé Jean-Luc Velay, de l’Institut de Neurosciences cognitives de Marseille.

Les avantages de l’écriture manuscrite

« D’après les études que nous avons menées, l’apprentissage de l’écriture manuscrite (qu’elle soit scripte ou cursive) incite les enfants à faire un mouvement qui ressemble à la forme visuelle de la lettre. Ils se créent donc une mémoire sensori-motrice propre à chaque lettre. Nous pensons que cette mémoire motrice est utile lorsque l’enfant se place en position de lecteur car la mémoire motrice assiste la vision pour la lecture des lettres. S’il ne sait pas tracer la lettre, l’enfant perd un élément facilitateur de lecture. Lorsque l’on écrit au clavier, le mouvement n’est pas le même, ce n’est qu’un mouvement de pointage qui permet de rejoindre un point particulier dans un espace particulier. Tous les mouvements sont les mêmes et on ne se crée plus de mémoire sensori-motrice. De nombreux travaux ont été réalisés qui vont dans ce sens et actuellement, il y a des gros projets internationaux en cours de publication que nous avons menés avec des collègues norvégiens, allemands, anglais qui testent des élèves du maternelle. On arrive pour le moment toujours à cette conclusion. »

Pas encore assez de recul sur le phénomène

Pourtant, dans la vie quotidienne, nous devons reconnaître que l’on voit poindre cet abandon de l’écriture manuscrite. Les scientifiques annoncent que ce ne serait pas une bonne chose mais ils reconnaissent également que les études sur le sujet ne peuvent faire la preuve d’un échantillonnage qui pourrait prouver les avantages et inconvénients de cet abandon sur une longue période : « À l’heure actuelle, il y a eu trop peu d’études longitudinales qui permettent de vérifier que ça va poser un problème à long terme. D’ici quelques années, aux USA, dans ces écoles où on ne pratique plus l’écriture manuscrite, on va pouvoir voir si ces enfants réagissent différemment. Mais si ça n’est pas le cas, si les performances en lecture de ces enfants qui ne savent pas écrire à la main sont aussi bonnes que les autres, alors on pourra peut-être se dire que l’écriture manuscrite a fait son temps, qu’elle a été un outil au service du langage, et qu’aujourd’hui cet outil est obsolète. Mais à l’heure actuelle, c’est une question qu’on ne peut pas trancher. «

Les applications pour apprendre à lire et à écrire

https://itunes.apple.com/fr/app/japprends-les-petites-lettres/id393283250?mt=8

À mi-chemin entre le crayon et le clavier, de nombreuses applications pour tablettes sont développées pour permettre aux enfants l’apprentissage de l’écriture et de la lecture. Entre les exercices où il est question de replacer les lettres dans le bon ordre et celles où l’enfant doit tracer la lettre lui-même sur l’écran à l’aide de son doigt ou d’un stylet, Jean-Luc Velay y voit peut-être un point d’intersection à développer entre le numérique et le besoin de développement sensori-moteur.

« En effet, ces applications sont intéressantes. Dans les cas où l’enfant doit replacer les lettres dans le bon ordre, il est intéressant de constater que cela permet à l’enfant de répartir les lettres dans l’espace alors que l’écriture dactylographiée place directement et automatiquement la lettre à la bonne place. Les exercices où il est question de tracer les lettres sur l’écran sont intéressants également mais ils posent aussi la question du stylet/outil. Steve Jobs y était opposé mais depuis peu, on constate un retour en force du stylet parce qu’il est plus approprié que le doigt pour tracer des lettres et surtout il permet des mouvements plus précis. »

http://itunes.apple.com/fr/app/id332045656?mt=8&at=11lb2f

Entre Gutenberg et demain…

Faut-il ou non accepter que, dans un avenir plus ou moins proche, l’on abandonnera l’enseignement de l’écriture manuscrite au profit de l’écriture numérique ? Les scientifiques sont actuellement dans l’incertitude. « On ne peut pas prédire ce qu’il adviendra de l’écriture manuscrite et cette situation a à la fois un côté angoissant mais également épique. Nous sommes finalement à une époque charnière où l’écriture, qui a finalement assez peu changé depuis l’invention de l’imprimerie, est à nouveau en voie de se modifier. »

On parle d’un manque de liberté de l’écriture numérique, de dépendance très forte aux objets et à l’énergie dont ils ont besoin mais ces objets, nous les avons déjà toujours avec nous. Et finalement, se poser ce genre de questions, c’est aussi prendre conscience que l’homme moderne est déjà un homme dépendant, que ce soit de son téléphone, d’internet, de sa voiture, de l’électricité… Et pourtant, il ne viendrait à l’esprit de personne de dire que « c’est mal » d’être dépendant de l’électricité…

Pour venir écouter Jean-Luc Velay à la journée « Des écrits aux écrans », RDV à 10h15, le vendredi 18 septembre (la journée a lieu de 9h à 16h30, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rue Royale, 72 – 1000 Bruxelles).

Vincianne D’Anna

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18 et 19 septembre : Projet Erasmus+ « Des écrits aux écrans »

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Les 18 et 19 septembre prochains, la Maison du Livre de Saint-Gilles organisera un colloque dans le cadre d’un Projet Erasmus+. Durant ces deux jours, la question des outils numériques au service des apprentissages, notamment en alphabétisation, sera abordée. Lettres Numériques, relais premier de l’événement, vous dévoile ici le programme complet. À noter que, chaque semaine jusqu’au 18 septembre, vous sera proposé un article consacré à l’initiative et à la problématique en question. Ne manquez donc pas l’info dans les numéros à venir !

À l’origine, Les Ailes du Vent, association française qui a initié une réflexion commune sur « l’impact de la révolution numérique sur les apprentissages de la lecture et de l’écriture dans le cadre d’un projet Erasmus+ ». L’initiative regroupe dix associations, ONG, municipalités et établissements scolaires basés dans cinq pays européens, parmi lesquels la Belgique, représentée par la Maison du Livre de Saint-Gilles. Ci-dessous, le programme complet des 18 et 19 septembre prochains.

  • Vendredi 18 septembre, de 9h à 16h30, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (Rue Royale, 72 – 1000 Bruxelles)

Olga Zrihen, députée membre de la Commission de l’éducation et du groupe socialiste de la Fédération Wallonie-Bruxelles vous invite à cette première journée de réflexion qui se déroulera comme suit :

- 9h00 : Ouverture des portes

- 9h30 : Accueil par Olga Zrihen

- 9h45 : Présentation du projet Erasmus+ « Des écrits aux écrans » par le comité de pilotage

- 9h55 : Notions d’alphabétisation, d’apprenants et d’outils numériques par Frédéric Maes du Collectif Alpha Saint-Gilles et Fabien Masson de la cellule Alphatic

- 10h15 Exposé de Jean-Luc Velay, chargé de recherches au CNRS, à l’Institut des neurosciences physiologiques et cognitives (Marseille)

Pause café

- 11h30 : Exposé de Régine Kolinsky, directrice de l’Unité de Recherches en neurosciences cognitives et professeure à l’ULB (Bruxelles)

- 12h15 : Échanges avec le public

Pause déjeuner

- 14h00 Avant-propos par Olga Zrihen

- 14h10 Échanges d’expertises : des pédagogues et chercheurs s’entretiennent d’enseignement, d’outils numériques et des impacts socio-économiques sur les apprentissages (avec Marcel Lebrun, Maxime Duquesnoy, Mikael Degee, François Jourde, Périne Brotcorne, Sébastien Reinders et Karyne Wattiaux).

- 15h30 Échanges avec le public

- 16h00 Clôture par les membres du comité de pilotage du projet Erasmus+ et Olga Zrihen

L’inscription est gratuite et obligatoire jusqu’au 9 septembre prochain à l’adresse suivante : colloque@zrihen.be. Veuillez spécifier dans votre courriel si vous comptez participer à l’intégralité de la journée ou seulement à une partie (matin ou après-midi).

  • Samedi 19 septembre, de 14h à 18h à La Maison du Livre de Saint-Gilles

L’après-midi sera consacrée aux échanges de pratiques et témoignages avec des bibliothécaires, formateurs, conseillers pédagogiques et apprenants. Le programme est actuellement en cours de construction mais voici déjà la liste des intervenants confirmés :

- Bibliothèque communale de Saint-Gilles : Françoise Deppe et Roxane Partouns
- Lire et Ecrire : Karyne Wattiaux, Patricia Fernandez et Valérie Lafontaine
- Collectif Alpha et son Centre de Documentation : France Fontaine, Kristine Moutteau, Joëlle Dugailly, Didier Ponz, Eduardo Carnevale
- Equipes populaires du Brabant Wallon : Laurence Delperdange et Bart Vetsuypens
- Alphatics : Fabien Masson, Isabelle Chasse

Pour tout savoir sur ces deux journées et sur les événements organisés par la Maison du Livre de Saint-Gilles à cette occasion, rendez-vous ici.

Pour en savoir davantage sur les différents partenaires de l’initiative, rendez-vous sur le site Scripta Numerica.

Cette semaine, retrouvez un premier billet consacré à la problématique sur Lettres Numériques !

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Le livre numérique en Espagne : après la crise, un marché en transition

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L’engouement pour le livre numérique varie grandement d’un pays à l’autre. Si, du côté américain, il a très rapidement été adopté, on ne peut en dire autant pour tous les pays européens. Exception faite du Royaume-Uni et de l’Allemagne, l’ebook a en effet connu un essor plus contrasté sur le Vieux Continent. Cette semaine, direction l’Espagne, où l’ebook, s’il est présenté à certaines occasions comme un sauveur pour l’édition espagnole, doit faire face à de nombreux obstacles pour s’imposer.

Un climat économique pour le moins défavorable

Il est impossible de résumer la situation du livre numérique en Espagne sans évoquer la crise économique sans précédent que le pays a traversée et qui a affecté tous ses secteurs d’activité. Très durement touchée, au même titre que la Grèce, le Portugal et l’Irlande, la péninsule ibérique commence tout doucement à sortir la tête de l’eau, et la route s’annonce encore longue.

Un bourbier économique qui s’est bien évidemment ressenti dans le monde de l’édition : en 2014, les ventes de livres papier accusaient un recul situé entre 10 et 15 % par rapport à 2013. Selon le Global Ebook Report effectué par Gfk au printemps 2014, l’impact de la crise économique sur les ventes totales depuis 2008 se chiffrait ainsi à 700 millions d’euros environ. Dans le rapport de 2015, il est indiqué que le marché du livre papier a ainsi chuté de 40 % en 4 ans, et de 12 % rien qu’en 2014.

Le plus fort de la crise semble toutefois être passé. Ainsi, selon la Federación de Gremios de Editores de España, le marché devrait se stabiliser en 2015. Le chiffre d’affaires pour l’année 2014 est en effet estimé à 2,195 milliards d’euros, soit une progression de 0,6 % par rapport à 2013. Malgré ce climat plus que défavorable, l’ebook a quant à lui réussi à suivre une belle évolution. En effet, le marché du livre numérique représente aujourd’hui 5,1 % du chiffre d’affaires total, affichant ainsi une progression de 37 % par rapport à l’année précédente. La crise semblerait donc avoir poussé les lecteurs vers le numérique et ses prix plus compétitifs.

Tour d’horizon des acteurs digitaux en Espagne

De manière générale, on constate en Europe une situation oligopolistique pour le marché du livre numérique, avec quelques grands acteurs phares venus de l’autre continent tels qu’Amazon, Apple et Google. Si l’Espagne n’échappe pas à la règle, elle peut toutefois se targuer de posséder quelques acteurs nationaux non négligeables dans le domaine du numérique. En ce qui concerne les librairies, l’on citera notamment Casa del Libro, l’une des plus grandes chaînes de librairies espagnoles, qui appartient au groupe éditorial espagnol Planeta. Avec 170 marques éditoriales à son actif, ce dernier est présent dans pas moins de 25 pays et constitue une pointure tant à l’échelle espagnole qu’à l’échelle internationale. On retrouve également El Corte Inglés. À elles deux, ces plateformes nationales représentent entre 12 et 16 % des parts de marché. Une moyenne honorable, mais qui reste tout de même assez faible face à Amazon, qui se situe entre 35 et 40 %, et Apple, entre 25 et 30.

Au niveau des offres de lecture en streaming, si Amazon a lancé Kindle Unlimited fin 2014 sur le territoire espagnol, l’entreprise doit faire face à des concurrents nationaux tels que 24Symbols, société créée en 2011, qui propose un abonnement à 8,99 €/mois (contre 9,99 € pour Kindle Unlimited). Le succès de la startup madrilène s’est rapidement confirmé et celle-ci est maintenant également présente en Allemagne. Citons également Nubico, autre plateforme concurrente lancée en 2013 par l’opérateur Telefonica, le groupe éditorial Planeta et enfin le groupe allemand Bertelsmann, dont la plateforme Tolino (créée en partenariat avec quatre autres acteurs allemands) donne déjà du fil à retordre à Amazon sur le marché européen (pour en savoir plus, rendez-vous ici).

Un chemin semé d’embûches

Si le livre numérique a donc opéré une belle progression depuis ses débuts espagnols, il n’en reste pas moins freiné dans son élan par plusieurs obstacles. Parmi ceux-ci, citons tout d’abord la TVA de 21 % à laquelle il reste soumis (contre 4 % pour le livre papier). Difficile dès lors de proposer des prix attractifs. Or, comme l’expliquait récemment José Creuheras, nouveau président du groupe éditorial Planeta et d’Atresmedia, les internautes restent réticents à payer pour du contenu trouvé sur la Toile : « Aujourd’hui, il semble que tout sur internet doive être gratuit. Avant, on envisageait la valeur d’un livre physique. Désormais, il est bien plus difficile de la percevoir, dans l’économie numérique. Cela demande beaucoup de comprendre que le contenu a une valeur économique. »

En conséquence directe de cette mentalité, on retrouve le problème du piratage, qui fait rage en Espagne et qui, selon certains éditeurs espagnols, aurait ralenti la progression du livre numérique depuis début 2015. Selon une étude réalisée par l’Observatorio de Piratería y Hábitos de Consumo de Contenidos Digitales en 2014, de nombreuses raisons expliquent la motivation des lecteurs à télécharger illégament. En tête, on retrouve sans grand étonnement la réticence à payer pour un contenu si on peut le trouver gratuitement. Le gouvernement espagnol ne reste toutefois pas indifférent au problème et tente de mettre en place des solutions depuis plusieurs années, notamment une nouvelle loi sur le copyright ou la demande de retrait de contenus aux sites concernés, mais le succès reste encore mitigé.

Et le rôle de l’Amérique latine, dans tout ça ?

Si l’Espagne vit des moments difficiles, n’oublions toutefois pas que l’espagnol représente l’une des langues les plus parlées au monde et que l’ebook transcende les barrières géographiques. Ainsi, grâce à l’Amérique latine et à la communauté hispanophone présente aux États-Unis, les éditeurs espagnols ont pu trouver un autre public pour leurs ebooks. Toujours selon le Global Ebook Report paru en mars 2015, certains éditeurs espagnols affirment avoir réalisé un quart de leurs ventes par ce biais. Petit bémol toutefois : si la langue est, essentiellement, la même, les attentes des lecteurs ne le sont peut-être pas, et ce qui marche en Espagne ne fonctionne pas nécessairement de l’autre côté de l’Atlantique.

Si l’avenir du marché espagnol reste encore difficile à prédire, une chose est sûre : il s’agit d’un marché complexe, qui connaîtra encore de nombreuses évolutions et qui mérite une attention particulière.

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Le marché des liseuses : une originalité sans cesse renouvelée

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Quel support de lecture privilégier pour lire des ebooks ? La plupart des lecteurs numériques vous répondront qu’il n’y a rien de tel que la liseuse pour lire confortablement durant plusieurs heures sans se fatiguer les yeux. Mais où en est concrètement le marché des liseuses à l’heure actuelle ? Comment ces supports a priori limités à la lecture parviennent-ils à se démarquer non seulement les uns des autres mais aussi des tablettes et smartphones ?

On annonçait récemment l’arrivée d’un nouvel acteur dans le paysage numérique belge : la liseuse Billow, proposée par la chaine de magasins Aldi. Cette entrée dans un marché déjà bien structuré nous a menés à nous interroger sur l’offre proposée aujourd’hui au public et sur la manière dont les appareils se distinguent les uns des autres pour attirer des lecteurs cibles différents. La liseuse Billow, fabriquée en Espagne, est vendue 79,99€, un prix plutôt mal choisi selon certains professionnels, qui n’hésitent pas à pointer le manque de résolution de l’affichage ainsi que l’absence de connexion internet (3G ou wi-fi) et de magasin dédié.

En France et en Belgique, il existe actuellement quatre grands acteurs, à savoir Amazon Kindle, Kobo, PocketBook, Booken et Nolim (marque de Booken commercialisée dans les magasins Carrefour), Sony ayant décidé d’arrêter la fabrication de liseuses au profit du développement de ses smartphones et tablettes (voir notre précédent billet sur le sujet). Ces modèles sont proposés avec ou sans éclairage, avec ou sans connexion internet et dans des tailles qui divergent d’une marque à l’autre (6 ou 8 pouces) ; autant de critères qui font varier les prix des appareils. Face à ces divergences, le lecteur numérique se retrouve souvent désemparé au moment du choix d’une liseuse qui corresponde à ses besoins.

Ce dernier est d’autant plus perdu aujourd’hui, face aux offres sans cesse renouvelées des fabricants qui s’efforcent de faire preuve d’originalité pour se démarquer de la concurrence. Ainsi, Kobo (H2O) et PocketBook (Aqua) proposent désormais des liseuses étanches à emmener avec soi jusqu’au bord de la mer ou de la piscine sans risquer la catastrophe. Amazon Kindle brade quant à lui ses prix de 10 à 20 € pour la liseuse Paperwhite, à condition d’accepter la publicité sur l’écran de veille ou la page d’accueil, sans oublier la liseuse à énergie solaire (voir notre précédent article) qui sera prochainement commercialisée.

Plus récemment, c’est Amazon qui a mis en place une grande campagne publicitaire autour de sa Kindle Voyage, désormais indispensable pour tout globe-trotter qui se respecte. Cette version de luxe est proposée à 189€ sans 3G et à 249€ pour ceux qui souhaitent rester connecté à l’étranger. Et pour ces prix-là, à quoi doit-on s’attendre ? A une qualité d’affichage supérieure, une autonomie prolongée, une nouvelle police (Bookerly) également introduite dans la dernière version de la Kindle Paperwhite, mais aussi à l’ajout de PagePress, des capteurs latéraux permettant de tourner les pages sans avoir à tapoter l’écran.

Alors que l’on prédisait une mort plus rapide de la liseuse par rapport à des supports polyvalents comme la tablette ou le smartphone, il semble que ce type de supports ait encore de beaux jours devant lui. Bien que le lecteur soit souvent perdu face aux différentes offres des fabricants actuels, il demeure indéniable que la liseuse est une source perpétuelle d’inspiration puisqu’elle fait toujours l’objet de mises à jour et d’innovations plus originales les unes que les autres. À quand une liseuse en couleurs aussi souple qu’un livre papier ? Cela ne saurait tarder. En attendant, tenons à l’œil ce marché en constante évolution qui satisfait à l’heure actuelle de nombreux lecteurs numériques aux pouvoirs d’achat différents.

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La rentrée des indés 2015, l’occasion de faire connaitre votre livre !

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La rentrée littéraire approche à grands pas. Mais comment se démarquer en tant qu’auteur indépendant parmi la quantité de livres proposés à la vente en cette période de l’année ? Inscrivez-vous à la « rentrée des indés 2015 », pour faire de votre livre un succès !

L’événement a été créé par Iggybook, plateforme dont nous vous parlions dans un précédent billet. Du 1er au 31 octobre, la rentrée des indés se déroulera en écho à la rentrée littéraire afin de permettre aux auteurs indépendants de bénéficier d’un maximum de visibilité.

Tous les auteurs peuvent-ils participer ? Non, car il y a bien entendu quelques conditions. Il faut non seulement avoir publié un livre dans sa version numérique entre le 1er janvier et le 31 octobre 2015, mais aussi que cet ebook soit proposé à la vente via Iggybook. Mais soyez rassurés : si vous souhaitez prendre part à l’événement, la plateforme Iggybook met gracieusement à disposition des participants un accès gratuit à ses outils de création, vente et diffusion d’ebooks durant toute la période concernée. Les cartes sont donc entre vos mains !

Les auteurs indépendants qui participeront à l’événement bénéficieront de plusieurs avantages, parmi lesquels :

  • la promotion de leurs livres via une compagne de communication élargie auprès de 1000 journalistes littéraires francophones et 100 000 lecteurs, par le biais de newsletters et des réseaux sociaux, mais aussi grâce au relais de sites comme ActuaLitté, Babelio et Iggybook ;
  • l’accès gratuit jusqu’en janvier 2016 aux services Premium d’Iggybook pour la création, vente et diffusion de leurs ebooks ;
  • une invitation pour deux personnes à la soirée de la rentrée des indés qui se déroulera en novembre prochain. Une belle occasion de rencontrer auteurs indépendants et professionnels de l’édition, mais aussi de participer au concours « Pitchmybook », qui récompensera le meilleur pitch de présentation de livre.

Pour participer et en savoir plus sur l’événement, rendez-vous ici.

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