Les services de presse en format digital, pour ou contre ?

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Il y a peu, le journaliste Michel Dufranne (chroniqueur à la RTBF entre autres pour l’émission « Livrés à domicile ») évoquait la question des services de presse en format digital lors de rencontres liées au numérique. Nous l’avons donc contacté pour qu’il nous explique son point de vue. D’autres critiques ont également accepté de répondre à nos questions : Lucie Cauwe, ex-critique littéraire au journal Le Soir et auteure d’un blog littéraire, Pierre Maury, critique littéraire au journal Le Soir également et Gabriel Lucas, critique de littérature de jeunesse sur le blog La Mare aux mots. Nous avons également contacté diverses maisons d’édition en Belgique francophone.

Le service de presse dans le monde de l’édition, qu’est-ce que c’est ?

Pour résumer la chose, le service de presse ou SP, c’est le livre qui est envoyé par les attachés de presse des maisons d’édition aux journalistes, chroniqueurs et rédactions des médias qui seraient susceptibles d’en faire la promotion. Traditionnellement, le livre à promouvoir quitte la maison d’édition (souvent à Paris) pour arriver par courrier au domicile du journaliste ou à sa rédaction. Parfois, les service de presse sont « marqués » d’un cachet qui désigne ce qu’ils sont, parfois pas.

L’autre possibilité est le service de presse numérique. Sans rapport avec une newsletter envoyée aux journalistes avant l’envoi traditionnel de livres (comme certaines maisons d’édition le pensaient), le service de presse numérique est l’envoi par email, Dropbox, Wetransfer ou tout autre service de la totalité du livre sous format ePub (ou d’autres formats qui permettent une lecture correcte sur les supports numériques).

De ces discussions avec les critiques littéraires ressortent deux grandes tendances, ceux qui sont pour l’envoi de services de presse sous format digital et ceux qui préfèrent continuer à découvrir les livres sous format papier.

Les maisons d’édition et leur rapport au SP numérique

En ce qui concerne les maisons d’édition, celles que nous avons contactées nous ont avoué ne jamais recourir à ce type de pratique par manque de connaissance ou parce que les journalistes ne leur ont jamais demandé de le faire. Michel Dufranne nous a brossé un bref portrait des autres types de réactions.

Tout d’abord, il existe des maisons d’édition qui refusent catégoriquement de laisser sortir des fichiers ePub de leurs murs (alors qu’ils sont vendus sous ce format aux clients). C’est le cas par exemple d’Albin Michel. Ensuite, les maisons d’édition qui acceptent de fournir le fichier mais qui ne le fournissent pas d’emblée aux attachés de presse. Ces derniers doivent donc faire parvenir le message à la personne capable de/autorisée à faire le transfert. Ce qui peut se révéler compliqué voire très compliqué. Il y a aussi les maisons d’édition pour lesquelles les versions numériques ne sont pas gérées par la même société, c’est le cas de 10/18 qui se transforme en 12/21 pour le numérique : d’autres gens, d’autres lieux, d’autres contacts… Enfin, il y a les éditeurs pure players, comme ONLIT par exemple. Ces derniers, dans une démarche qui plaît à Michel Dufranne, fournissent au journaliste, en début de saison, un fichier contenant la totalité de leurs sorties. Aussi simple que ça… Continuer la lecture

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Le prêt de livre numérique est désormais possible sur Kindle, mais uniquement en famille !

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Attendu depuis de longs mois par de nombreux lecteurs, Amazon vient de commencer à déployer une mise à jour de ses appareils Kindle. Celle-ci inclut notamment la fameuse « bibliothèque familiale Kindle » qui permettra aux membres d’une même famille de se partager des livres entre eux, sans frais additionnels.

Au niveau des autres nouveautés déployées par Amazon dans cette mise à jour de ses interfaces de lecture, on relève notamment aussi :

-          une amélioration de l’interface de recherche (en anglais) qui présente les résultats de votre propre bibliothèque, mais aussi du Kindle Store directement et de GoodReads (à noter que cette fonctionnalité ne sera vraisemblablement intéressante que pour les lecteurs américains).

-          à propos de ce livre : cette fonctionnalité permet d’avoir accès à des informations sur le livre, dont des informations sur l’auteur et sur les autres titres liés au livre concerné. Sur ce point on relèvera qu’Amazon insiste particulièrement à nouveau sur l’effet série, qui acquiert une importance prédominante dans l’environnement Kindle.

Ces modifications seront déployées sur tous les appareils de la suite Kindle de manière progressive dans les prochaines semaines.

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Thema : émergence d’une norme de classification des sujets de livres et ebooks au niveau international

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L’importance des métadonnées pour augmenter la visibilité et, partant, les ventes d’un livre ne sont aujourd’hui plus à démontrer. C’est pourquoi, depuis plusieurs années, les marchés nationaux ont mis en place des normes afin d’harmoniser la classification des catégories des différents sujets abordés dans les livres et ebooks. Comme ces normes opèrent à l’échelle nationale, éditeurs et libraires ont dû mettre en place des tables de correspondance pour leur pays. Malheureusement, cette procédure implique une perte de qualité et nécessite des mises à jour au fur et à mesure des nouvelles versions.

Parmi ces catégories de classification, l’on retrouve entre autres les catégories BISAC aux États-Unis, mises en place par BISG (Book Industry Study Group), les catégories CLIL en France ou encore les BIC en Grande-Bretagne. En 2011 et 2012, à la suite d’un travail de mise à jour de ces catégories BIC, les différentes parties prenantes du projet ont exprimé un souhait commun : la création d’une classification au niveau mondial. De fil en aiguille, cette idée a débouché sur le projet Thema qui a été présenté pour la première fois en octobre 2012 à l’occasion de la Foire de Francfort, par des professionnels du livre de près de 14 pays. Une dizaine de pays ont alors apporté leur soutien au projet, tant sur le continent américain qu’en Europe.

Suite à cette conférence, Viriginie Clayssen, vice-présidente de la Commission Numérique du Syndicat National de l’Edition et membre du comité exécutif de Thema, s’exprimait en ces termes sur le lancement du projet : « Nous avons aujourd’hui l’opportunité d’être présents dans le monde entier, et il est indispensable de disposer d’un outil global pour la classification, respectueux cependant de la diversité culturelle. Les travaux qui ont été réalisés en France pour faire évoluer la classification CLIL sont un excellent point de départ pour notre contribution au projet Thema. »

En 2013, une version pilote présentée à la Foire de Francfort a vu le jour. À cette occasion, le comité exécutif international dédié à Thema a tenu sa première réunion. La version 1.0 de Thema est donc disponible en téléchargement et peut s’utiliser parallèlement aux autres normes actuellement en vigueur. Des groupes nationaux travaillent actuellement à l’intégration des spécificités de leurs pays respectifs. Thema se télécharge gratuitement moyennant une licence délivrée par EDItEUR, gestionnaire du projet, sans pour autant en être membre.

En janvier 2014, l’Association internationale des éditeurs (IPA) a officiellement apporté son soutien au projet Thema en soulignant son importance au niveau international : la simplification des normes en matière de métadonnées permettront aux éditeurs de gagner du temps, d’améliorer leurs performances et, de ce fait, leurs ventes. Toujours selon l’IPA, même si la transition d’une norme nationale à Thema nécessite du temps, elle s’avérera bénéfique sur le long terme.

Thema se veut multiculturelle, multilingue et applicable à tous les niveaux de la chaîne du livre. Tout en garantissant à chaque pays la possibilité de mettre en avant la culture qui lui est propre, cette nouvelle norme entend rester unifiée et simple à adopter. Actuellement, 17 pays ont mis en place des groupes nationaux, notamment le Canada, la Suède, l’Égypte ou encore le Japon. Afin de garantir cette multiculturalité, des petits groupes de travail ont été mis en place dans chaque pays le désirant. Ces derniers servent non seulement à traduire les libellés dans la langue nationale, mais ils permettent également de faire connaître le projet à l’échelle du pays et de créer une extension « nationale » de Thema.

À l’heure où le marché du livre se mondialise toujours plus, l’émergence d’une telle norme semble tout à fait pertinente et primordiale. Thema est donc un projet dont l’évolution est à ne pas perdre de vue.

Pour télécharger la version pilote de Thema, suivez ce lien  http://www.editeur.org/151/Thema

Mélissa Haquenne

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Le numérique, lieu de mémoire

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Depuis toujours, partout, l’homme (se) raconte. Le numérique change-t-il la donne?

Raconter son histoire, ses histoires, c’est ordonner ce qui s’est passé et, au passage, tourner la page. C’est aussi transmettre une expérience et des valeurs. C’est partager avec son entourage, et commémorer avec lui des moments (mal)heureux. Bref, raconter son histoire, c’est loin d’être anodin! Surtout, c’est une attitude qui, aussi loin qu’on remonte ou qu’on aille, constitue l’homme et sa société. Rien de nouveau sous le soleil… si ce n’est que l’avènement du numérique vient outiller cette longue tradition!

Olivier Gaillard, co-fondateur avec Guillaume de Westerholt de la start-up Memovie, qui réalise des biographies particulières en croisant divers médias, en témoigne : «le format digital permet de conserver à très long terme quantité d’informations. La mémoire des gens, dans un coffre-fort numérique, peut à la fois être préservée et partagée en toute sécurité». Mémoire et mémoires ne sont plus tenues de s’en remettre uniquement à des livres, parfois stockés entre les quatre murs d’une bibliothèque, parfois difficiles d’accès, parfois encore à la merci d’intempéries diverses…

Les démarches de commémoration de la Première Guerre Mondiale se mettent d’ailleurs à la page, chez nous et ailleurs. À titre d’exemple, en France, Numen a été chargé d’archiver en les numérisant quantités de documents de l’époque, y compris des journaux et des photos, amenés à se retrouver sur le site de Gallica. Le chantier est en cours au Centre technique de Conservation de la BnF et s’entoure des plus grandes précautions : pas question, par exemple, d’aplatir ces ouvrages fragiles pour les numériser…

Outre cet aspect très pratique de conservation, le support numérique permet de croiser son, texte, image. Un plus pour la transmission, comme l’explique Olivier Gaillard, expérience à l’appui : «la génération des 70 ans et au-delà pense plutôt papier. La jeune génération, elle, est en général plus orientée images et cherche l’interactivité. Partager une histoire sur différents supports permet de répondre à ces différentes attentes». Memovie croise illustrations et textes biographique sur un site propre à l’histoire personnelle en question : «le site est une base, un outil de travail collaboratif. À partir de là, on extrait des éléments qui nourrissent un film biographique. Selon la demande des gens, on peut aussi leur fournir un livre papier, toujours agréable à manipuler et à montrer autour de soi». De cette façon, l’information se partage de manière adaptée à la recherche et aux intérêts de chaque utilisateur : en partant d’une photo ou d’un texte, celui-ci peut choisir d’approfondir ou préférer passer à la suite directement.

Les histoires ne se transmettent plus seulement aux veillées mais passent toujours de générations en générations… Et là, le numérique et toutes ses possibilités jouent déjà un rôle!

Ailleurs sur Lettres numériques:

Europeana 1914-1918, portail thématique

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La lecture minutée des Editions ePoints

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À l’heure où la lecture en streaming devient de plus en plus prisée par les lecteurs d’aujourd’hui, les Editions ePoints, pendant digital de la filiale poche des Editions du Seuil, sont sur le point de lancer une nouvelle offre d’abonnement pour 4,99€ par mois. Pour ce prix, les lecteurs disposeront d’un crédit temps à écouler sur une série de textes courts proposés sans DRM. Coup d’œil sur ce nouveau concept unique en son genre.

À chaque moment creux de la journée, dans les transports en commun, entre deux rendez-vous, en attendant le train ou le métro, le lecteur dégaine sa liseuse, son smartphone, sa tablette pour se plonger un court instant dans une histoire qui le passionne et lui fait oublier ce qui l’entoure. Le temps est devenu une denrée rare pour le lecteur de plus en plus nomade. Les Editions ePoints ont compris cela et proposent une lecture minutée des textes courts, extraits de recueils et nouvelles, disponibles dans leur offre d’abonnement.

Le fonctionnement est simple : chaque mois, et pour 4,99€, le lecteur disposera d’un crédit temps qui s’élèvera à 10 heures. Tous les ebooks auxquels il pourra accéder grâce à son abonnement représenteront une valeur temporelle qui variera de 5 à 60 minutes. Ainsi, le lecteur sera non seulement guidé par le résumé de l’oeuvre mais aussi par le nombre de minutes que durera sa lecture. Il pourra ainsi choisir un texte qui correspond par exemple au temps de son trajet en métro ou au nombre de minutes de retard de son train.

La formule d’abonnement sera bientôt disponible uniquement sur le site des Editions ePoints où les ebooks seront proposés en ePub sans DRM ni Watermarking pour une offre totalement ouverte qui a convaincu les auteurs. Pour les lecteurs sur Kindle, le format mobi pourra également être accessible à l’unité au tarif de 0,99€ par titre. Les Editions ePoints travaillent également à un système de carte-cadeaux pour lesquelles les librairies physiques et ebookstores seraient impliqués. Attendons la suite des événements et gardons à l’oeil ce concept d’abonnement qui ravira plus d’un lecteur !

Pour en savoir plus sur les Editions ePoints, rendez-vous sur leur page Twitter.

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Bibliomobi : à chaque trajet son histoire…

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Vous souhaitez lire dans le métro ou le bus mais vous avez oublié le roman dans lequel vous êtes actuellement plongé ? Bibliomobi est là pour vous accompagner dans votre trajet en vous proposant gratuitement une série de récits à lire. Lancez-vous dans cette aventure innovante et passionnante à travers les stations de la ville de Lille.

Depuis le 15 octobre 2014, les navetteurs du réseau Transpole bénéficient de l’offre numérique mise en place par les médiathèques de Lille. Pour ce faire, rien de plus simple. Les usagers doivent scanner des QR codes et étiquettes NFC disséminés un peu partout dans les stations de métro et bus de la métropole lilloise. L’expérimentation de 6 mois, d’octobre 2014 à mars 2015, est le fruit d’un partenariat engagé entre la bibliothèque municipale de Lille, la ville de Lille, Lille Métropole, Transpole et le CITC-EuraRFID (Centre d’Innovation des Technologies sans Contact et Cluster de l’Internet des Objets).

Le service Bibliomobi est accessible grâce à votre smartphone. Pour en bénéficier, il faut s’assurer que ce dernier est bien équipé de la technologie NFC ou bien télécharger une application qui permet de scanner les QR codes. Chaque mois, le lecteur-voyageur peut ainsi choisir parmi une offre de 5 œuvres. Une fois l’œuvre choisie, l’utilisateur peut la charger sur son téléphone et y accéder tout au long de son trajet, même si la connexion internet est interrompue.

De plus en plus de gens lisent en numérique dans les transports en commun. En effet, quoi de plus agréable que de se vider la tête en lisant une histoire qui vous fait oublier, l’espace d’un trajet de quelques minutes, le travail, les devoirs, les rendez-vous de la journée ? C’est ce que la Bibliothèque de Lille a compris et c’est la raison pour laquelle elle a décidé de contacter la maison d’édition L’instant même, spécialisée dans la nouvelle littéraire. Ainsi, chaque mois, 5 récits courts de 12 auteurs québécois sont mis à disposition des voyageurs. Ils ont pour thèmes les voyages en transports en commun, les voyages imaginaires, l’amour, l’attente, etc. Ces nouvelles littéraires peuvent également être empruntées via le catalogue de la bibliothèque de Lille, achetées en version ebook sur Bibliovox ou sous format papier dans la librairie Le bateau Livre.

Avec Bibliomobi, la ville de Lille, lauréate en 2012 de l’appel à projet « Ville numérique », n’en est pas à son premier coup d’essai puisqu’elle a précédemment mis sur pied deux expériences du genre en 2011 et 2013. Bibliomobi, expérimentation qui n’a pas son pareil en France ou ailleurs, primée aux trophées de l’innovation en septembre dernier, permet de développer un service aux citoyens rapide et fluide.

Aujourd’hui, le numérique nous mène à repenser le territoire, la mobilité, à considérer la ville comme un grand réseau de connexions et de flux qui s’entremêlent de manière continue et permanente. Bibliomobi représente la concrétisation de ces nouvelles manières d’envisager l’environnement urbain en développant une dynamique innovante et originale de transport. Il ne s’agit plus seulement de se déplacer d’un point A à un point B mais aussi d’exploiter de manière intelligente et productive le temps du trajet effectué. Au-delà de cet aspect, Bibliomobi est également l’occasion pour la bibliothèque de Lille d’affirmer son rôle central de ressources et de faire connaitre ses services en ligne.

Une fois de plus, le numérique apparait comme un facilitateur de l’accès à la culture, une opportunité pour le lecteur-voyageur de faire partie d’un réseau établi entre la ville, lui et d’autres lecteurs-voyageurs.

Gaëlle Noëson

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Quand les bibliothèques utilisent efficacement les techniques des commerciaux…

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La bibliothèque Grasselli de l’Université John Carroll en Ohio compte 3,500 étudiants et 380 membres du corps professoral inscrits. Il y a peu, cette bibliothèque universitaire a communiqué sur les résultats d’une expérience de chat (discussion par clavier interposé) pro-actif menée avec les étudiants et professeurs dans le but de fournir à distance des services équivalents à ceux offerts par un bibliothécaire sur place.

En 2002, la bibliothèque Grasselli entre dans une approche de services en ligne par le biais de systèmes de clavardage. En 2005, ils choisissent d’utiliser le logiciel de messagerie Meebo (un webmessenger permettant de se connecter à plusieurs protocoles de messagerie instantanée tout en proposant son propre système de messagerie instantanée avec identifiant personnel et salons de discussions). Lorsque le 5 juin 2012, Meebo est racheté par Google et arrête son service de messagerie instantanée en ligne. La bibliothèque Grasselli se lance alors dans l’utilisation d’un modèle proactif. Le but : entrer en contact avec l’étudiant qui surfe sur le site de la bibliothèque afin de lui proposer une aide dont il pourrait avoir besoin pour mener à bien ses recherches et qu’il n’aurait peut-être pas sollicitée lui-même.

Pour ce faire, ils ont donc opté pour le système Zopim qui leur offrait la possibilité de proposer leurs services à l’internaute. En effet, en utilisant Zopim, ils ont pu paramétrer le programme pour qu’après un temps donné de recherches sur le site de la bilbiothèque, une fenêtre s’ouvre sur la page de recherche et un bibliothécaire demande à l’internaute s’il a besoin d’aide. Tout comme dans certains sites internet commerciaux, le bibliotécaire/vendeur sollicite l’étudiant/e-client pour lui offrir un service en ligne. Dans ce cas, et afin de laisser à l’étudiant le temps de mener sa recherche seul s’il le désire, la proposition d’aide n’arrive qu’après 3 minutes.

Néanmoins, il est toujours possible pour l’étudiant de cliquer sur la fenêtre de droite pour poser sa question avant que le bibliothécaire ne le contacte. Le bibliothécaire lui répond alors dès qu’il reçoit le message.

Les résultats semblent concluants

Après environ 6 mois d’utilisation, une analyse des données montrait une augmentation légère du nombre total de transactions par chat (3%). Ce qui est intéressant, c’est que sur l’ensemble des questions posées pendant cette période, 70% l’ont été à la suite d’une sollicitation du logiciel et seulement 30% par une action volontaire d’un usager.

Les résultats montrent également que les questions posées par sollicitations automatisées ont concerné davantage des questions documentaires (sujet de recherche) (74%) que des questions pratiques (25%). Le pourcentage tombe à 57% de questions documentaires pour les questions initiées par les internautes…

Dans quel but ?

Le but de cette expérience touche à la profession même du bibliothécaire. Alors qu’il semblerait que les bibliothèques universitaires se vident de leur public, cette expérience a voulu prouver qu’il était possible de rendre les étudiants attentifs à l’existence d’un contact réel entre une recherche virtuelle et une aide personnalisée et authentique de la part d’un bibliothécaire en chair et en os.

Ce qui est d’ailleurs assez intéressant, c’est qu’après analyse des différentes questions posées, il apparaît que bon nombre d’entre elles concernent la nature de celui qui initie le chat : « Est-ce que c’est un service automatique ou êtes-vous un vrai libraire ?», certainement  dans le but de cautionner la réponse ou non.

Il semblerait également que l’expérience ait montré une série de choses à améliorer (par exemple, certains étudiants se disent dérangés par cette fenêtre leur proposant de l’aide). Néanmoins, les concepteurs du projet semblent confiants et désireux de pousser l’expérience plus loin en adaptant d’autres business models d’approche proactive par des systèmes de clavardage, convaincus que ce système pourrait connaître un bel avenir dans ce type d’institution.

Source : http://crln.acrl.org/content/75/4/202.full

V. D’Anna

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Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

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Du 26 novembre au 1er décembre aura lieu la 30e édition du Salon du livre de jeunesse de Montreuil. À l’occasion de cet événement, venez assister à la première conférence du cycle européen Transbook « From Paper To Screen », « De la page à l’écran », qui prendra pour sujet les écritures interactives.

Le projet Transbook est en marche. Venez découvrir cette initiative de mise en valeur de la « littérature jeunesse européenne en mouvement » à l’occasion du prochain salon du livre de Montreuil, le 28 novembre 2014, de 9h à 13h. Transbook y inaugurera son cycle de conférences. Au programme, « Littérature, apprentissages, jeux vidéo : à la recherche de nouvelles écritures numériques ».

Mais qu’est-ce que les conférences Transbook ? Un cycle de 6 rendez-vous étalés sur 4 ans qui réuniront, en France, au Royaume-Uni et en Espagne, 6 intervenants venus d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord, sélectionnés d’après leurs expériences professionnelles inédites et hors du commun. Les enjeux de ces conférences sont multiples. La mise en place du projet vise le partage d’expériences par le biais de témoignages de professionnels. Il a pour objectif d’encourager l’innovation dans le domaine de l’édition de livres et d’aider les acteurs à maitriser et comprendre les évolutions pour leur permettre d’assurer en toute sérénité le passage vers le numérique, tant au niveau économique que créatif.

La conférence du 28 novembre prendra pour sujet le jeu vidéo. Que peut-il nous apprendre au niveau de la mise en place d’un scénario, d’un récit ? Des intervenants viendront témoigner de leurs expériences personnelles dans le domaine, que ce soit au niveau de la conception des jeux vidéos que du marché éducatif aux États-Unis. Plusieurs tables rondes seront organisées à la suite de ces témoignages.

Tout au long du Salon du livre de Montreuil, le Mïce (Marché international et interprofessionnel de la création pour enfants) vous invite dans son espace parallèle, réservé à la découverte des dernières tendances et projets innovants en termes d’édition numérique pour la jeunesse. Pour accéder à la liste des exposants du Mïce du numérique, rendez-vous ici.

Pour en savoir plus sur la première conférence Transbook,  rendez-vous ici. Inscrivez-vous dès à présent via le formulaire interactif à télécharger.

En passant sur le site du Salon du livre de Montreuil, nous vous invitons également à vous arrêter ici où vous pourrez accéder à quelques chiffres intéressants à propos de l’édition numérique jeunesse.

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Amazon lance WriteOn, un site d’écriture collaborative à destination des auteurs

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Alors que la nouvelle du lancement de WriteOn par Amazon est passée quasiment inaperçue dans le monde francophone, ce lancement a été vu comme une nouvelle menace par de nombreux éditeurs anglo-saxons. Avec WriteOn, une plateforme d’écriture collaborative, Amazon entre encore un peu plus en concurrence avec les éditeurs.

En lançant WriteOn discrètement début octobre, Amazon a encore frappé un grand coup. En effet, avec WriteOn, Amazon s’immisce encore un peu plus dans l’édition de livres puisque cette plateforme permettra aux auteurs d’écrire de manière collaborative et de recueillir facilement les commentaires de lecteurs, destinés à améliorer la qualité de leurs manuscrits avant une éventuelle publication.

Cette plateforme vient donc compléter un arsenal d’outils à destination des auteurs déjà bien founi :

- Amazon Kindle Direct Publishing, qui leur permet de publier leur livre au format Kindle de manière autonome ;

- Amazon Kindle Worlds, outil lancé au milieu de l’année 2013, qui facilite l’écriture de fictions inspirées de livres, spectacles, films, bandes dessinées qui ont marqué les auteurs ou qu’ils ont apprécié ;

- Amazon Publishing, qui est la filiale édition d’Amazon, toujours principalement active dans les pays anglos-saxons ;

- Amazon ACX qui permet de publier facilement des audiobooks ;

- etc.

Avec WriteOn, Amazon espère parvenir à mieux structurer et professionnaliser la démarche d’auto-publication des auteurs en améliorant la qualité des manuscrits publiés sur Amazon Kindle Direct Publishing. En même temps, l’objectif d’Amazon est de mieux répondre aux besoins de certains auteurs, demandeurs d’un tel outil. Indirectement, en mettant ce site à disposition des auteurs, Amazon espère aussi déforcer les éditeurs qui dénigrent l’auto-publication en raison de la qualité moyenne des manuscrits publiés.

Un lancement trop tardif ?

Alors que lors des précédents lancements, Amazon semblait plutôt faire office de précurseur, on pourrait s’étonner du fait que le lancement de WriteOn ne survienne que maintenant. En effet, certaines start-ups s’activent sur le segment de l’écriture collaborative depuis plusieurs années et sont déjà très bien installées.

C’est notamment le cas de WattPad, une start-up canadienne lancée en 2006, qui se présente comme la plus grande communauté de lecture, écriture et de partage d’histoires en ligne. Active principalement dans les pays anglo-saxons, l’entreprise présente des chiffres qui donnent le tournis ! En effet, à l’heure actuelle, WattPad c’est :

- 75 millions d’histoires à lire ;

- 35 millions d’utilisateurs.

Et au niveau des statistiques d’usage, WattPad revendique des chiffres hallucinants avec 9 milliards de minutes passées sur sa plateforme chaque mois, et 85% des accès depuis des appareils mobiles, bien que la plateforme soit accessible aussi facilement depuis un PC qu’une tablette ou une liseuse. Il semblerait également que la majorité des utilisateurs et auteurs de WattPad aient moins de 25 ans.

Tout comme WriteOn, WattPad permet aux auteurs d’accéder facilement à un large public de lecteurs qui leur transmettent leurs commentaires et dialoguent sur la manière d’améliorer leurs projets de livres.

Jusqu’à présent, WattPad a principalement financé sa croissance grâce à l’aide d’investisseurs externes. Au total, ce sont près de 70 millions de dollars qui ont été investis dans l’entreprise ces dernières années (dont 46 millions en avril 2014). Depuis un peu plus d’un an, WattPad propose également le financement participatif de projets de livres sur son site (en vue d’une publication papier), et se rémunère 5% du montant levé. De même, les lecteurs peuvent maintenant rémunérer les auteurs à l’issue de la lecture de leurs histoires, mais le montant de la rémunération reste à l’appréciation totale du lecteur.

Globalement, face au succès d’un acteur comme WattPad au Canada, on ne peut que s’étonner qu’Amazon n’ait pas lancé WriteOn avant octobre 2014. L’avance dont dispose WattPad semble dans tous les cas très difficile à rattraper, même pour un acteur aussi puissant qu’Amazon.

On pourrait en conclure qu’avec WriteOn, Amazon tente le tout pour le tout, et que s’il ne réussit pas, il pourra toujours se rattraper en rachetant WattPad dans quelques mois… Une stratégie qui ne serait pas étonnante quand on voit la stratégie d’intégration verticale suivie par Amazon ces dernières années, notamment avec le rachat de Goodreads, Stanza ou encore ComiXology.

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CotCotCot News : lancement du site Numerique-Jeunesse.com

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Les éditions CotCotCot-apps.com lancent le site Numerique-Jeunesse.com, sur lequel on peut retrouver le contenu de la formation donnée en mai dernier au Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles : « Tablette numérique : les possibilités de médiation en bibliothèque ».

L’utilisation de la tablette pour les enfants est un sujet qui n’a pas encore fait l’objet d’une étude approfondie et fait débat. Si le support est un objet perçu de manière positive par l’enfant, c’est avant tout les parents qu’il faut séduire, informer, rassurer. Les enseignants, spécialistes du domaine et bibliothécaires sont ainsi sollicités. C’est une occasion importante pour ces derniers de prendre part à la réflexion et de mettre tout en oeuvre pour informer le public.

La formation concernant la tablette numérique, donnée en mai dernier au centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles est partie du présent constat : les bibliothèques ont un rôle important à jouer dans le cadre de la lecture sur support numérique. Leur fonction de prescription a ainsi été réaffirmée au cours de cette formation qui s’est déroulée en compagnie des éditions CotCotCot-apps.com et de Dominique Maes, auteur de l’histoire Bleu de toi, récit présenté sous forme d’application à lire sur tablette.

Le site Numerique-jeunesse.com est donc né du contenu de la formation, actuellement mis à disposition du public en Creative commons. Les internautes peuvent accéder à différentes rubriques qui « vulgarisent » les concepts et informations liées au domaine du numérique. Après avoir passé en revue les divers onglets présents sur le site, le visiteur sera capable de faire notamment la distinction entre livre numérique et application, de cerner l’importance du contenu et non du support, d’enrichir ses connaissances terminologiques, de découvrir des applications, d’établir une veille efficace et pertinente et, pourquoi pas, de s’initier à la lecture plaisir par le biais de la tablette.

Chiffres, ressources, cadre légal, bibliographie et veille, ateliers animés, témoignages et FAQ sont autant de rubriques auxquelles vous pourrez accéder en vous rendant sur ce site qui en intéressera et en informera plus d’un !

Gaëlle Noëson

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