L’Allemagne face au livre numérique : du scepticisme à la mise en place d’une plateforme nationale

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Chaque semaine, Lettres Numériques vous livre avec plaisir les dernières nouveautés et évolutions du marché numérique et leur influence sur notre pays. Mais comment la lecture numérique évolue-t-elle à l’étranger ? Provoque-t-elle enthousiasme, scepticisme ? Laisse-t-elle encore tout simplement le public indifférent ?  Cette semaine, focus sur l’Allemagne, l’un des plus grands marchés mondiaux du livre.

Lentement mais sûrement

Tout commence fin 2009. Alors que la foire du livre de Francfort bat son plein, Amazon annonce le lancement européen de sa liseuse Kindle en Allemagne dès la fin du salon. Celle-ci viendra concurrencer la liseuse de Sony, présente depuis quelques mois sur le marché allemand. À l’époque, alors que Kindle remporte un franc succès aux États-Unis, le livre numérique n’en est encore qu’à ses balbutiements en Allemagne et la nouvelle n’est pas accueillie avec le plus grand des enthousiasmes. Preuve en est, plusieurs rapports publiés dans le courant de l’été 2011 montrent que les ventes de livres numériques, si elles augmentent, ne représentent encore qu’1 % des ventes de livres sur le marché allemand.

Deux raisons principales expliquent ce scepticisme. D’une part, il s’agirait d’un facteur culturel, comme l’explique à l’époque Jürgen Harth, membre de l’Association des éditeurs et libraires allemands : « En Allemagne, on trouve une librairie à chaque coin de rue, une grande différence par rapport aux États-Unis ». Le livre papier serait également plus ancré dans le patrimoine allemand (il ne faut pas oublier que l’Allemagne représente le troisième marché mondial du livre). D’autre part, l’aspect financier constitue un frein au développement du marché. En effet, alors que les prix des livres sont fixés par les libraires aux États-Unis, il en va tout autrement en Allemagne, où les éditeurs fixent les prix de leurs titres. Ces derniers sont dès lors moins enclins à diminuer les prix de leurs ebooks, d’autant plus que le livre numérique est soumis à une taxe de 19 % tandis que la taxe sur le livre papier ne s’élève qu’à 7 %. Malgré tout, le marché se met bel et bien en place et plusieurs plateformes de distribution voient le jour, notamment eBook.de, portail numérique de Libri, qui représente le plus gros revendeur de livres papier en Allemagne. En 2011, la librairie Skoobe lance quant à elle le principe de bibliothèque numérique : à concurrence de 9,99 € par mois, le lecteur peut accéder à un catalogue de livres et emprunter jusqu’à cinq titres simultanément.

2012 marque un tournant pour la lecture en numérique chez les Allemands. En effet, eBook.de annonce que les achats d’ebooks ont dépassé ceux des livres papier pour la première fois. Selon un rapport publié par GfK durant le mois de juin 2013, les ventes de livres numériques ont augmenté pour atteindre 2,4 % des ventes totales de livres et 5,4% du chiffre d’affaires des éditeurs. Même si cette augmentation reste faible face à celle des États-Unis, elle montre toutefois que le livre numérique trouve sa place petit à petit.

Face à Amazon, la résistance s’organise

Début 2013, Amazon contrôle environ 41 % des parts de marché des ebooks en Allemagne. Les Allemands ne restent pas indifférents à cette domination américaine et préparent leur offensive. C’est ainsi qu’en mars 2013, cinq grands acteurs allemands (Hugendubel, Thalia, WeltBild, le Bertelsmann Club et l’opérateur Deutsche Telekom) lancent Tolino Shine, une liseuse dernier cri à 99 €. Dotée de 4Go de mémoire (possibilité d’augmenter la capacité grâce à une carte SD), de 25 Go de stockage dans le Cloud, d’une offre de 300 000 ebooks, la Tolino Shine permet de lire les formats ePub et PDF et vient se placer comme concurrente directe à la liseuse Kindle d’Amazon. Pour Carel Halff, directeur de la chaîne de librairies WeltBild, « l‘avenir de l’industrie allemande doit débuter avec nous, et non pas se dérouler avec une société américaine ». À noter que la Tolino Shine va de pair avec la plateforme Tolino et bénéficie donc d’un écosystème complet.

Tolino remporte très vite un franc succès et dépasse toutes les attentes. Loin de se limiter à l’Allemagne, la plateforme s’installe progressivement en Belgique, Autriche, Italie et aux Pays-Bas, sans pour autant délaisser le pays qui l’a vue naître. En effet, à l’occasion de la foire de Francfort 2014, les acteurs de Tolino annoncent un partenariat avec Libri qui leur permettra d’alimenter plus de 1000 librairies en ebooks. En novembre 2014, le succès de Tolino se confirme au cours de la conférence FutureBook, durant laquelle Klaus Renkl, consultant externe de Telekom (l’un des acteurs de Tolino), annonce que la plateforme a dépassé Amazon en matière de vente d’ebooks. La concurrence reste toutefois serrée et seul l’avenir pourra confirmer le succès de Tolino.

Parallèlement à cette offensive majeure, d’autres mouvements plus anecdotiques montrent la volonté des Allemands à contrecarrer la folie des grandeurs du géant américain. En première ligne, on retrouve la  chaîne de librairies Osiander, qui a lancé juste après les fêtes une campagne contre la liseuse Kindle. Le principe est simple : en rapportant votre liseuse Kindle chez Osiander, vous recevez un PocketBook Touch Lux 2. L’action s’appelle « On vous offre votre liberté » et vise à informer les lecteurs de numérique des inconvénients du système propriétaire d’Amazon (les Kindle lisant les fichiers MOBI, souvent avec DRM, et non ePub).

En 2014, après un conflit avec la filiale américaine de Hachette, plus de 900 auteurs américains avaient signé une pétition dénonçant les pratiques d’Amazon en matière de concurrence de prix. Les écrivains allemands n’ont dès lors pas tardé à leur emboîter le pas en faisant circuler une pétition pour défendre le groupe suédois Bonnier, acteur très important du livre en Allemagne. En cause, la pression exercée par Amazon sur les éditeurs pour faire baisser les prix de leurs livres numériques. Un compromis a finalement été atteint et permet aux éditeurs de baisser leurs prix moyennant des conditions plus avantageuses pour eux.

Pour couronner le tout, une vague de grèves est venue secouer les entrepôts d’Amazon en Allemagne dans le courant de l’année 2014. En cause, les conditions de travail des employés, jugées insuffisantes, tout comme leur salaire.

L’arrivée de Kindle Unlimited

En octobre 2014, Kindle Unlimited a fait son entrée sur le marché allemand avec son abonnement illimité à 9,99 € et une offre de plus de 650 000 ouvrages, dont 50 000 en allemand. Ce type d’offre existait déjà en Allemagne, notamment avec Skoobe, qui met à disposition de son lecteur allemand plus de 70 000 titres dans sa langue, et Scribd. Peu avant le lancement de Kindle Unlimited, Readfy, un autre service similaire, a vu le jour. Ce dernier tire son épingle du jeu grâce à sa gratuité (l’application est totalement financée par les publicités, que l’on retrouve en bannière en haut de l’écran ou entre les chapitres des livres). Il sera donc intéressant de voir dans les prochains mois si Amazon convainc le lecteur allemand avec son offre ou si ce dernier se tournera vers d’autres offres.

Une chose est sûre, si la lecture numérique n’a pas fait l’unanimité dès le départ en Allemagne, elle gagne aujourd’hui toujours plus de terrain et constitue un marché conséquent que les Allemands ne comptent pas céder si facilement. Affaire à suivre dans les mois à venir.

Le marché de l’ebook en Allemagne, dernier rapport GfK. Source : global eBook report Fall 2014

Pour télécharger le dernier rapport GfK (automne 2014), suivez ce lien : http://www.wischenbart.com/upload/The%20Global%20eBook%20report_synopsis_fall2014.pdf

Mélissa Haquenne

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Readium : l’ePub 3 à portée de main

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Près de trois ans après le lancement initial du projet Readium et alors que certains l’attendaient avec impatience, la version 1.0 de Readium SDK est désormais disponible et vient remplacer la version beta.

Readium, qu’est-ce que c’est ?

Début 2012, l’International Digital Publishing Forum, responsable de la création du format ePub, lance officiellement le projet Readium, avec pour objectif de développer un logiciel permettant la lecture open source de l’ePub 3, successeur de l’ePub 2, via le HTML 5 (le format ePub 3 permet notamment la prise en charge de contenus multimédia audio ou vidéo, la synthèse vocale, l’écriture verticale,…) et de faciliter ainsi son implémentation (pour les utilisateurs de Google Chrome, par exemple, l’extension Readium vient s’intégrer directement dans le navigateur web). Le projet est rapidement soutenu par de grands noms tels que Google, Kobo, Adobe, Samsung et bien d’autres. La technologie de Readium se base sur WebKit, une bibliothèque logicielle libre grâce à laquelle les développeurs peuvent ajouter un moteur de rendu de page web à leurs logiciels. Suite à la mise en place d’une première version beta de Readium, le projet acquiert très vite une renommée internationale et se positionne comme l’un des meilleurs lecteurs en ligne. À noter que le Readium supporte également le format ePub 2. Cette version de Readium s’adresse au grand public et peut se télécharger ici.

Lancement de Readium SDK

En 2013, un an après le lancement de Readium, c’est au tour de Readium SDK, un projet de moteur de rendu spécialement conçu pour la lecture sur appareils mobiles, de voir le jour. Dans la foulée, une organisation non lucrative est mise en place pour Readium et regroupe d’importants membres fondateurs tels que Kobo, Numilog, Sony Corporation, etc. Le logiciel Readium SDK s’adresse aux développeurs et constitue une avancée majeure car il permet de mettre en place un standard de lecture open-source pour les formats ePub 2 et ePub 3. En janvier 2015, après de longs mois de mise au point, la version 1.0 de Readium SDK est disponible ici.

Pour visionner un tutoriel sur l’extension Google Chrome de Readium, cliquez ici.

Pour consulter toutes les informations sur la fondation Readium et ses différents projets, rendez-vous sur leur site : www. http://readium.org/

Mélissa Haquenne

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Addr, l’application de lecture qui fait parler d’elle

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Addr, une autre de ces applications qui cherche à doter l’ebook du meilleur du livre papier.

Les nouveaux venus à la lecture numérique se plaignent parfois de ne pas pouvoir, du tranchant du pouce, estimer ce qu’il leur reste à lire. Et, alors que tout le monde parle de « lecture sociale » et de « partage des idées », il reste difficile de lire d’un même coup d’œil texte numérique et annotations d’autres lecteurs… comme on le faisait dans un bon vieux syllabus passé de potache en potache.

Simon Guigue et son frère ressentaient également ces deux besoins et « si nous en avons besoin, c’est que d’autres en ont forcément besoin aussi ».  En se rappelant ce morceau de bon sens, ils ont lancé Addr.  Cette application est donc pensée jusque dans le moindre détail pour aider le lecteur à se situer dans un ouvrage et à annoter un texte, avant d’éventuellement partager ses annotations. « Pour partager son corpus d’annotations, un utilisateur l’envoie par email à un autre utilisateur. Une fois reçu par email, il faut s’assurer de posséder le livre en question (la même édition) et ensuite ouvrir le fichier de notes (dont l’extension est .addr) », explique Simon Guigue. Si les deux éditions sont différentes, les annotations ne seront pas aux mêmes endroits dans le livre: « l’idée que nous défendons d’annotations contextuelles serait alors perdue » insiste le co-fondateur. Les deux frères voudraient également permettre un partage via Facebook, où deux utilisateurs auraient à jumeler une fois seulement leurs deux comptes, avant d’avoir accès en permanence à leurs annotations respectives.

Le programmeur qui se cache derrière Addr a également une formation de designer et de typographe. Du coup, la cohérence graphique – police, contraste de couleur – est soignée et la plus intuitive possible. Ce petit bijou de design s’utilise avec un fichier ePub et seulement sur iPad. Si vous voulez en avoir un aperçu, faites un détour par Youtube.

Les deux frères avancent pour le moment sur fonds propres mais cherchent à faire entrer des investisseurs afin d’accélérer leur développement. Quant à tirer de l’argent d’Addr… Ce qui lui donne de la valeur, ce n’est pas tant l’outil, ses fonctionnalités, que l’usage que les participants en font, les données et les annotations qui y circulent. Au plus les gens l’utilisent, au plus les données y circulent. Pas question donc de freiner l’adhésion à Addr en rendant l’application payante. L’idée serait plutôt de « monétiser les transactions autour des corpus d’annotations. » Certains lecteurs pourraient vendre leur corpus d’annotations aux autres utilisateurs par exemple… Mais, « restons prudents » tempère Simon Guigue, « ce ne sont que des hypothèses »…

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Big reader is watching you

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Charlie Hebdo en numérique, une alternative pour accéder au contenu d’un numéro historique…

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Après les terribles événements du 7 janvier dernier dans les bureaux de Charlie Hebdo, le « numéro des survivants », paru le mercredi 14, s’est vendu à des centaines de milliers d’exemplaires en France et ailleurs. Aujourd’hui, le journal satirique est également disponible en numérique.

En quelques heures seulement, le stock d’exemplaires papier de Charlie Hebdo a été épuisé. Alors que d’autres tirages de l’hebdomadaire ont été lancés, une version numérique a vu le jour rapidement, mise au point de manière bénévole. L’équipe du quotidien LeMonde.fr s’est chargée de l’aspect technique et plusieurs traductions ont été réalisées. Reporters sans frontières s’est occupé de l’anglais et de l’espagnol, Courrier international de l’arabe. L’opération de traduction a néanmoins été fastidieuse au vu du style d’écriture singulier employé par Charlie Hebdo.

Les applications sont disponibles sous iOS, Android et Windows Phone pour 3€. Mais que renferment concrètement ces versions numériques ? Il s’agit bien du magazine mais ce dernier ne peut être archivé ou transféré sur un autre support de lecture. Charlie Hebdo en numérique permet donc d’accéder au contenu mais ne constitue pas une solution pérenne qui autorise l’archivage de ce numéro historique.

Si le numérique apparaît aujourd’hui comme une menace pour les journaux papier, cet événement réaffirme toutefois la légitimité de la presse traditionnelle. Les numéros historiques, on a envie de les toucher, de les posséder, de les conserver, d’en garder une trace physique, non-dématérialisée. Il faut donc souligner l’importance du papier et son rapport à la sensibilité des lecteurs pour ces publications qu’on ne veut pas oublier.

Les versions numériques de Charlie Hebdo sont apparues comme une évidence après l’épuisement du stock d’exemplaires papier, un phénomène qui devient également courant dans le domaine de l’édition traditionnelle où certains livres édités il y a quelques années ne sont actuellement plus disponibles que sous format numérique. Encore une fois, le numérique intervient donc en complémentarité du papier. Certes, le lecteur devenu nomade apprécie de pouvoir emmener ses lectures (journaux, magazines, livres) partout avec lui mais le papier reste un support intemporel, privilégié en certaines occasions et selon les habitudes de chacun.

Voici les liens pour télécharger l’application sur :

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La quinzaine du livre numérique jeunesse de Grenoble

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Durant 15 jours, du 27 janvier au 7 février 2015, les bibliothèques municipales de Grenoble et la librairie Arthaud organisent la première édition de la quinzaine du livre numérique jeunesse. Un événement riche en découvertes pour les enfants, parents et professionnels !

Rencontres, ateliers et conférences rythmeront ces deux semaines consacrées aux applications, aux livres numériques enrichis et à l’utilisation de la tablette et du smartphone par les enfants. Le public pourra également expérimenter des créations numériques destinées aux plus jeunes et découvrir, à travers une exposition, les différentes étapes de fabrication du livre numérique.

C’est à l’occasion de cette quinzaine que sera décerné le Prix du livre numérique jeunesse ville de Grenoble-Arthaud à une oeuvre originale et créative (livre enrichi ou application), laquelle bénéficiera d’une diffusion privilégiée par la bibliothèque municipale de Grenoble. Pour tout savoir sur ce prix (sélection et critères du jury), rendez-vous ici.

Pour accéder au programme c’est par .

Et si vous souhaitez avoir plus d’informations sur l’événement, suivez le lien.

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Edito de rentrée

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En cette rentrée 2015, toute l’équipe de Lettres Numériques vous présente ses meilleurs vœux pour la nouvelle année ! Qu’elle soit riche en projets et pleine de succès !

Depuis 2011, Lettres Numériques poursuit avec ferveur et motivation sa mission d’information, soutenue par la Fédération Wallonie-Bruxelles, auprès des professionnels du monde du livre (auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, diffuseurs, distributeurs, prestataires de services). Après 4 ans d’observation des actualités et évolutions du numérique en Belgique et ailleurs, Lettres Numériques en est à l’heure des bilans : modèles économiques émergents, instances d’avis, tendances et perspectives actuelles seront au rendez-vous de cette année 2015 !

En route donc pour de nouvelles aventures avec, dans la foulée, la création de nouvelles rubriques thématiques mais aussi un site web dynamisé et refondu qui devrait voir le jour d’ici quelques mois.

Nous vous remercions une nouvelle fois de votre fidélité, vous qui êtes de plus en plus nombreux à nous lire, et vous invitons à réagir, partager vos expériences, découvertes et projets numériques à l’adresse habituelle.

L’équipe de Lettres Numériques

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Portrait d’un lecteur numérique issu de la génération Y

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Jour après jour, la lecture numérique trouve un peu plus sa place dans notre société, et pas seulement chez les digital natives. Afin de mieux comprendre les motivations de chacun ainsi que leurs attentes et déceptions face au phénomène, Lettres Numériques est parti à la rencontre de ces lecteurs friands d’ebooks. Cette semaine, entrevue avec un lecteur de la génération Y, Pierre Dumont.

Pierre a 25 ans. Il est ingénieur civil en informatique et travaille chez Altran Technologies. Il aime principalement les livres de science-fiction et d’histoire. Féru de nouvelles technologies, il a découvert la lecture numérique il y a deux ans.

Quel a été votre déclic pour vous lancer dans la lecture numérique ?

Je suis passionné par les nouvelles technologies. Je me suis intéressé petit à petit aux liseuses à force d’en entendre parler et surtout à force de voir des publicités pour Kindle sur Amazon. J’ai ensuite reçu une liseuse Kindle comme cadeau il y a deux ans et c’est à partir de là que j’ai commencé à lire en numérique.

Aviez-vous déjà pensé à acheter une liseuse avant ? Si oui, aviez-vous une idée de laquelle ?

J’y avais déjà pensé mais je n’avais pas spécialement de préférence au niveau des marques. Il est clair que la liseuse Kindle est facile car elle est directement reliée à Amazon. D’un autre côté, il est aussi vrai qu’il s’agit d’un système moins libre en comparaison aux autres liseuses et qu’il y a un peu moins de choix au niveau francophone.

Avez-vous remplacé la lecture sur papier ou utilisez-vous la lecture numérique dans un contexte bien précis ?

J’ai totalement remplacé la lecture sur papier, mais c’est également dû au fait que je lis moins depuis que je travaille. Jusqu’à maintenant, j’ai lu pas mal de livres en anglais, notamment la série « Game of Thrones ».

Je pense toutefois que, tant que les liseuses ne pourront supporter les couleurs, certains formats de livres appelleront encore le papier, notamment les livres de cuisine ou les livres illustrés.

Êtes-vous satisfait de votre liseuse et de l’offre numérique en général ? Avez-vous remarqué certains inconvénients ?

Il y peu d’inconvénients. Je dirais que le fait de devoir charger tellement peu souvent sa liseuse pourrait, en fin de compte, devenir un inconvénient car on oublie de la recharger et d’emporter son chargeur avec soi.

Un deuxième inconvénient selon moi réside dans l’offre des livres, surtout au niveau francophone, car on ne trouve pas encore tout, certains éditeurs étant encore malheureusement réticents à l’idée de se lancer dans le numérique.

Selon vous, quel est le plus gros avantage d’une liseuse par rapport au livre papier ou aux supports tels que les tablettes et smartphones ?

Pour moi, le plus gros avantage est l’aspect pratique, pour les voyages notamment. Il est évidemment beaucoup plus facile d’emmener une liseuse avec soi plutôt que plusieurs livres, surtout lorsque l’on essaye de voyager le plus léger possible. En plus, je n’ai même pas toujours besoin d’emmener mon chargeur si je ne pars pas longtemps puisque l’autonomie de ma liseuse peut aller jusqu’à deux mois.

Par rapport aux tablettes et smartphones, le plus gros avantage reste l’écran et la luminosité. Il s’agit d’un avantage indéniable au niveau du confort de lecture.

La liseuse a-t-elle fondamentalement changé vos habitudes de lecture ?

Je m’étais déjà procuré certains livres en version papier mais je les ai finalement achetés et lus en numérique. Je ne dirais pas que cela a beaucoup changé mes habitudes de lecture, mais cela les a tout de même influencées d’une certaine manière.

Amazon vient de lancer son offre Kindle Unlimited en France, similaire à Youboox et Youscribe. Êtes-vous intéressé par ce type d’offres ?

Je ne suis pas intéressé par Kinde Unlimited. Je lis environ un livre tous les deux mois, ce ne serait donc pas rentable de payer 9,99 € par mois. Je pense en revanche qu’il s’agit d’une offre très intéressante pour les personnes qui lisent beaucoup, même si l’offre francophone reste encore limitée jusqu’à présent.

Avez-vous le sentiment d’être bien informé sur le numérique et les différentes offres proposées ?

En dehors d’Amazon pas vraiment. Amazon est très présent, que ce soit dans la presse ou au niveau publicitaire. Je connais les autres liseuses existantes sur le marché telles que Kobo, mais je ne pourrais pas citer un autre site de revendeurs de livres.

Remarquez-vous un intérêt accru pour ce domaine dans votre entourage ?

Je n’ai pas remarqué d’engouement particulier pour le numérique dans mon entourage proche, qu’il s’agisse de jeunes ou non. Pour prendre l’exemple de ma mère, elle participe à un système d’échange de livres, or je ne sais pas comment on pourrait l’appliquer à la lecture sur liseuse.

Très peu de mes amis possèdent une liseuse. Je remarque en revanche de plus en plus de gens qui lisent au format numérique dans les transports en commun.

Propos recueillis par Mélissa Haquenne

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Le FingerReader, la voix qui suit le doigt qui suit le texte

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Les livres et les nouvelles technologies trouvent de plus en plus de points de convergence. Parmi ceux-là, on note une série d’innovations permettant de faciliter la vie des lecteurs, déficients ou non. C’est le cas du FingerReader, destiné dans un premier temps aux malvoyants mais qui pourrait très bien convenir également aux débutants en lecture et à bien d’autres utilisations.

Le FingerReader est une bague/scanner équipée d’une micro caméra haute-définition ainsi que d’un système à retour d’effet et d’un logiciel d’analyse et de synthèse vocale qui travaillent en temps réel, le tout construit sur la base de logiciels disponibles en Open Source. Pour faire simple, le lecteur enfile la bague et lorsqu’il suit une ligne de texte, la bague lui lit à haute voix ce qu’il est écrit. Cela permet aux mal-voyants d’accéder à une offre plus étendue de livres mais aussi à une série de textes de la vie quotidienne qui ne sont pas en braille.

Vous pourrez le constater dans la vidéo qui suit, le système est relativement fluide, néanmoins la voix reste le problème de ce genre d’innovation puisqu’actuellement, elle est toujours très peu naturelle. Comment ça marche ? En réalité, la caméra détecte la ligne de lecture, la fin et le début des lignes (avec possibilité de régler une vibration qui signale au lecteur le début et la fin de la ligne), envoie l’information au logiciel qui la traduit à voix haute. La bague avertit également le lecteur par le biais d’une vibration quand son doigt ne suit plus exactement la ligne. On constatera également que cette bague fonctionne avec un support papier mais également sur liseuse.

Le système en est toujours à l’heure actuelle au stade du prototype mais il semblerait que l’équipe du Media Lab (MIT) envisage de le commercialiser d’ici un an ou deux. De plus, alors qu’à l’heure actuelle, la bague est reliée à un ordinateur pour assurer son fonctionnement, l’équipe travaille sur le projet de l’associer à un smartphone et une tablette. Le système pourrait donc devenir nomade avant sa commercialisation.

Ce FingerReader est loin d’être un jouet farfelu puisqu’il a été mis au point par une équipe du Media Lab au MIT (Massachusetts Institute of Technology) sur la base d’une autre invention technologique à destination des malvoyants, l’EyeRing. Cette dernière propose aux personnes malvoyantes de scanner des éléments de la vie quotidienne afin de leur proposer le terme à haute voix (scan des étiquettes et lecture de prix à voix haute, détection de couleur du tee-shirt choisi, scan du billet pour en connaître sa valeur…).

Parmi les nombreuses améliorations prévues pour le FingerReader, l’équipe de développement évoque aussi la possibilité, à moyen terme, d’équiper la bague d’un logiciel qui permettrait de proposer aux lecteurs de la traduction instantanée…

Les possibilités semblent être nombreuses, affaire à suivre.

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Contalyre relooké en ce début d’année !

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Depuis le 5 janvier dernier, le site de Contalyre dédié à la littérature jeunesse et au plaisir de lire et d’écrire a fait peau neuve. Entièrement relooké, il propose désormais une rubrique dédiée au numérique. Régine Barat, présidente de l’asbl Contalyre, nous parle des projets actuels et à venir de l’association.

L’asbl Contalyre est née en 1992 et le site Web, qui a connu plusieurs versions, existe depuis environ 22 ans. Récemment, il a été entièrement remodelé. Régine Barat explique : « C’est un travail d’équipe réalisé avec notre webmaster et animatrice en multimédia Valérie Felder. » Désormais, le numérique fait partie intégrante du site de Contalyre puisqu’une rubrique complète lui est consacrée. Le visiteur peut y découvrir des articles sur l’actualité numérique dans le domaine de la jeunesse, un outil de recherche d’appli/d’ebook, des fiches de lecture numériques, un listing d’éditeurs numériques, etc.

Mais ce n’est pas tout, car le site propose également depuis peu la revue trimestrielle Crokalire en version numérique, en libre accès, sous format PDF et bientôt Flipbook. « Nous avons deux comités de lecture : un pour le papier et un autre pour le numérique. Les lecteurs se réunissent deux fois par mois pour établir une sélection de livres qui relèvent de la lecture plaisir et qui présentent un intérêt que ce soit au niveau du contenu, du concept, de la mise en page, etc. »

Contalyre propose aux parents, enseignants, enfants et à tous les passionnés de lecture plaisir des pistes d’exploration des contenus pour aller plus loin. Des ateliers, événements, rencontres avec des auteurs sont ainsi organisés, notamment à « La Boutique des mots », la bibliothèque de l’asbl située à Waterloo. Une quarantaine de personnes y sont actives, membres des comités de lecture mais aussi des papy et mamies qui viennent raconter des histoires aux plus petits.

Des formations ont également lieu à « La Boutique des mots », comme celle qui se tiendra les 7 et 8 février prochains, intitulée « Découverte des tablettes et des contenus numériques pour lire, écrire, créer ». « À travers cette formation de deux jours, nous souhaitons aider les parents, formateurs et bibliothécaires à ne pas voir la tablette comme un support limité à Facebook ou aux jeux mais plutôt comme un média susceptible d’amener l’enfant au plaisir de lire et d’écrire  » explique Régine Barat. « Actuellement, j’anime des ateliers à La Louvière pour des classes de 5e et 6e primaires et je peux vous dire que les enfants en savent bien plus que nous ne l’imaginons sur ce formidable outil ! »

Ces formations et ateliers dédiés au numérique ont pour objectif de montrer le potentiel des nouveaux supports de lecture à travers la découverte pour les enfants et les adultes d’applications destinées à l’écriture, à la rédaction facile de résumés de lecture, etc. Enseignante de formation, Régine Barat est passionnée par les intelligences multiples qui peuvent selon elle être stimulées grâce au numérique. « La lecture, c’est quelque chose qui bouge, qui se transforme, qui évolue. La lecture plaisir, c’est la lecture de tout, pas que des mots. La tablette utilise des moyens multimédias incroyables qui parlent à tout le monde et dont il faut tirer parti ! »

Vous aussi vous êtes passionnés de lecture et de livres jeunesse, qu’ils soient papier, numériques ou les deux ? N’hésitez pas à partager vos expériences en prenant contact avec l’équipe de Contalyre par mail (contalyre@hotmail.com) ou par téléphone (02 354 40 73) !

Retrouvez l’agenda numérique de Contalyre ici.

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Le Japon à l’heure numérique

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Les revues de mangas arrivent sur les écrans de téléphones.

Kodansha, le géant de l’édition nippone, lance un grand projet pour cette année 2015 : numériser et rendre accessibles en ligne, au fur et à mesure de leur parution, ses revues de mangas. Les vœux que formule la maison d’édition? Que ses lecteurs (re)découvrent le plaisir de lire des mangas par épisodes, plutôt que d’un bout à l’autre dans un recueil qui les rassemble ; qu’ils lisent au hasard des périodiques divers mangas, plutôt qu’un seul et unique sélectionné pour un recueil ; enfin, que la lecture s’adapte aux nouveaux modes de vie des lecteurs et aux écrans de leurs smartphones.

Kodansha rompt-il avec la tradition, en encourageant ainsi la lecture numérique d’œuvres japonaises? Oui et non : depuis 2013, Kodansha avait forgé des partenariats avec Amazon et Kindle, Apple et son iBookStore, Barnes & Noble et le Nook, afin de diffuser ses mangas sous forme d’ebooks vers l’Amérique du Nord. D’autre part, Amazon avait fait son entrée au pays du Soleil levant en 2012 avec son Kindle. Les fabricants japonais et internationaux tentent aussi leur chance : Toshiba, Sony, Panasonic tentent d’offrir des supports de lecture numérique depuis 2006. Tout cela commencerait à porter ses fruits : entre 2011 et 2012, la valeur du marché du livre numérique au Japon avait bondi de 15,9% pour atteindre 740 millions de dollars. Il pourrait même, poursuit Edward Nawotka de Publishing Perspectives, atteindre 2,4 milliards en 2017…

Tout de même, le Japon a longtemps été considéré comme un marché où l’ebook tardait à démarrer, surtout par ceux qui le comparaient aux États-Unis. En novembre 2013, selon le Japan Times, 61% des Japonais ne voyaient pas l’intérêt des ebooks. Le journal place aussitôt les résultats du sondage en perspective : après tout, la population est concentrée sur une surface habitable réduite, où les librairies abondent. Notons aussi que les revendeurs d’ebooks ont entre 100 000 et, au maximum, 300 000 titres en japonais à proposer à leurs lecteurs. De plus, les formats traditionnels des livres numériques ne sont pas pensés, au départ, pour les mangas ou les complexes caractères japonais. C’est avec l’avènement de l’EPUB 3 que la lecture numérique en japonais serait devenue plus confortable. Enfin, vu la complexité de la langue, la production littéraire nippone est surtout destinée aux habitants du Japon…

Bref, le marché nippon fonctionne visiblement selon des codes et une réalité géographiques bien à lui. Mais là, comme ailleurs, les maisons d’édition se mettent au goût du jour afin de continuer à fasciner leurs lecteurs. Et à l’âge du streaming tout azimut, Kodanhsa (re)tente la lecture au fil des jours… Un pari intéressant!

Source photo: tao-yin.com

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Actualitté relaie l’événement et Publishing Perspectives fait le point sur le marché japonais.

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