Edito de fin d’année

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Après une année 2014 riche en découvertes et nouveautés, il est temps pour Lettres Numériques de s’accorder un peu de répit, le temps de recharger les batteries pour vous proposer dès janvier 2015 de nouveaux articles consacrés au livre numérique, écrits avec soin par notre équipe de rédacteurs !

Cette année qui s’achève fut une véritable réussite puisque vous êtes près de 5400 à nous lire tous les mois. Nous vous remercions pour votre fidélité, vos réactions et le partage de vos expériences. Nous espérons que vous serez encore plus nombreux à suivre le développement du livre numérique en 2015 et vous souhaitons tous nos meilleurs vœux pour la nouvelle année !

Et pour terminer, voici un best of des articles les plus consultés sur le blog de Lettres Numériques durant cette année 2014 :

TOP 10

  1. Prêter un de mes livres numériques : rêve ou réalité
  2. Comment le numérique modifie-t-il nos compétences de lecture ?
  3. Quand les livres numériques atténuent la dyslexie
  4. Confessions d’un lecteur numérique qui ne télécharge pas légalement ses ebooks
  5. Quelle application de lecture choisir pour ma tablette
  6. La TVA des livres papier et numérique
  7. La fermeture du Reader Store de Sony : quelles conséquences pour le lecteur
  8. L’ePub 3 enrichi : opportunités et limites
  9. Le livre en abonnement streaming : opportunité ou menace
  10. Le B.A.-ba de l’ebook : les tablettes et les liseuses
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Le lecteur belge de plus en plus friand d’ebooks ? Des chiffres à lire … et à nuancer !

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La semaine dernière, fleurissaient sur le Web et ailleurs des articles à propos des habitudes de lecture des Belges en numérique. À l’occasion de ce dernier numéro de l’année 2014, Lettres Numériques a souhaité se pencher sur la question et apporter quelques éclaircissements concernant les chiffres précédemment relayés par les médias.

Les articles de presse sont parus dans la foulée d’une question parlementaire posée par Jean-Charles Luperto et à laquelle a répondu le Ministre de l’économie et du Gouvernement wallon Jean-Claude Marcourt concernant la situation des librairies Libris Agora. Dans sa réponse, il fait état de plusieurs données statistiques au niveau du marché numérique en Belgique, issues de deux sondages réalisés par IPSOS pour le compte du PILEn sous l’égide de l’Adeb, les résultats du premier ayant été relayés en juin 2013 par Lettres Numériques. Ainsi, il est question du fait que « 18% des livres lus sont achetés en format numérique », un pourcentage communiqué par l’enquête IPSOS 2013 et qui concerne donc l’année 2012.

Des chiffres dont il faut se distancer

Pour éclairer notre lanterne par rapport aux chiffres relayés la semaine dernière dans la presse, nous avons contacté Axelle Ninove, responsable des études statistiques à l’Adeb ayant pris part au projet d’observation des marchés numériques du livre. Selon elle, « il faut pouvoir se distancer des chiffres qui ressortent de ces sondages ». En effet, plusieurs données doivent être prises en compte, en ce compris le fait que l’enquête IPSOS concerne un public ciblé : un échantillon de lecteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les sondages ont été réalisés en ligne, sur un nombre d’utilisateurs ayant choisi de répondre au questionnaire. Pour 2013, les chiffres ont en réalité été établis à partir des réponses de 700 lecteurs (sur 1130 personnes interrogées) ayant lu au minimum un livre sur l’année 2012.

Qu’entend-on par « livre numérique » ?

Axelle Ninove ajoute que tout dépend de la manière dont les lecteurs interprètent les questions du sondage. Dès lors, qu’entend-on par le fait de « lire un ouvrage numérique» ? Dans la mesure où il ressort de l’enquête que 67% des lecteurs numériques lisent sur ordinateur et que le PDF reste le format privilégié par 7 personnes sur 10, il se peut que le fait de lire un ouvrage numérique s’apparente à la consultation de documents Web, d’un article Wikipédia, etc.

L’enquête IPSOS se base donc sur une définition assez large du livre numérique puisqu’elle inclut le format PDF fortement consulté par les internautes dans le cadre professionnel ou estudiantin. Rappelons ici le baromètre Primento de janvier 2014 qui prenait quant à lui pour base les ebooks en tant que tels (format ePub par exemple) et dont il ressortait que sur 1400 belges interrogés, 19% avait déjà lu un livre numérique, soit 1 belge sur 5.

Des données à ne pas négliger

« Les enquêtes doivent sans cesse être améliorées car les questions posées sont susceptibles d’être parfois mal comprises et ainsi prêter à confusion », affirme Axelle Ninove. Certains chiffres peuvent donc paraitre étonnants, c’est la raison pour laquelle il faut les prendre avec des pincettes et garder en tête la base des interrogés. Ainsi, lorsqu’on parle de 2 livres sur 10 achetés en numérique dans le sondage IPSOS 2013 (référant donc bien aux chiffres de 2012), il faut préciser qu’il s’agit d’un résultat émis sur la base de personnes ayant lu un ou plusieurs livres en 2012 sous forme numérique. Cela change effectivement toute la donne. De même, certains chiffres méritent d’être nuancés. En effet, comme l’explique Bernard Gérard, président de l’Adeb, à propos d’une autre donnée de l’enquête IPSOS : « On constate qu’1 lecteur sur 4 déclare avoir déjà lu un ouvrage numérique, ce qui ne signifie pas qu’il l’a acheté… »

Des conclusions intéressantes

Les résultats dégagés par ces sondages sont appréciables, à partir du moment où ils sont relayés de manière éclairée. « Pour notre part, nous nous sommes surtout intéressés aux conclusions des sondages IPSOS » affirme Axelle Ninove. Ces dernières permettent d’observer que la part du numérique est en légère progression puisque 3% des lecteurs interrogés lisent exclusivement sous forme numérique (contre 2% en 2012), que près de la moitié des lecteurs numériques se procurent les ouvrages via des sites Internet d’opérateurs internationaux comme Amazon et Google Books et que les ebooks sont de plus en plus consultés sur tablette (44% en 2013 contre 29% en 2012).

Habitudes de lecture et marché numérique : deux domaines à distinguer

Si le numérique semble peu à peu faire sa place auprès des lecteurs belges, l’analyse du marché numérique en Fédération Wallonie-Bruxelles demeure néanmoins complexe puisque « plus de 70% des livres vendus sont des livres d’éditeurs français » et que « les achats ou téléchargements / streaming de livres numériques se font par le biais de plateformes principalement basées à l’étranger sur lesquelles nous n’avons aucune visibilité » observe Bernard Gérard. Il est donc évident qu’une distinction doit être faite entre les habitudes de lecture des Belges en numérique, dégagées grâce à des sondages tels qu’IPSOS ou le baromètre de Primento, par rapport auxquels nous devons prendre un certain recul, et la situation actuelle du marché du livre numérique en Belgique, difficilement quantifiable à l’heure d’aujourd’hui.

Malgré des relais parfois peu documentés et approfondis de la part de certains médias, nous pouvons néanmoins nous accorder sur le fait que les chiffres qui ressortent des enquêtes IPSOS confirment tous une seule et même tendance, à savoir un réel appétit des Belges pour le numérique !

Retrouvez les enquêtes complètes IPSOS 2013 et 2014.

À relire sur Lettres Numériques :

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Tanguy Habrand – Édition numérique : la quantité avant toute chose – Pour une approche raisonnée du numérique et de l’imprimé

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La semaine dernière, la presse belge (La Dernière Heure, La Libre, Le Soir, rtbf.be ou encore 7 sur 7) a relayé le fait que 18 % des livres vendus en Belgique seraient des livres numériques. Ce pourcentage tiré d’une dépêche Belga apparaît dans ces articles comme une révélation, parmi d’autres chiffres, du Ministre de l’Économie Jean-Claude Marcourt. Le blog français IdBoox, spécialisé dans les technologies du livre numérique, s’est empressé de titrer, avec un sens non dissimulé de la formule, « Les Belges adorent lire en numérique », tandis que le très consulté Actualitte.com résumait en toute logique : « En Belgique, près d’un livre sur cinq serait vendu en numérique ». À l’exception notable de Jean-Claude Vantroyen (Le Soir), peu se sont émus de ce que ces chiffres n’apportaient rien de neuf en plus d’être totalement fantaisistes : ils sont issus d’une enquête du mois d’avril 2013 portant sur des tendances de l’année 2012, intitulée Observation des marchés numériques du livre. Cette enquête pour le moins expérimentale confiée à Ipsos par le PILEn, l’Adeb et la Fédération Wallonie-Bruxelles était une première tentative de jauger le numérique en Belgique, sur le mode un peu hasardeux du sondage. Cette formule déjà très limite en soi lorsque l’on souhaite objectiver des transactions au sein d’un marché – c’est au départ de questions telles que « combien de livres numériques et imprimés avez-vous acheté en 2012 ? » que des paramètres aussi déterminants que le rapport entre consommation de livres numériques et de livres imprimés sont établis – se trouve ici aggravée par le flou des questions posées et surtout du panel visé par ces questions. L’ironie de cette affaire est que ces analyses produites à la demande des acteurs du livre eux-mêmes se retournent en quelque sorte contre une partie d’entre eux – et alors que, en dehors de quelques catégories éditoriales, l’édition numérique reste un secteur tout à fait dominé et marginal.

Ce n’est pas tant pas la prétendue véracité des chiffres avancés qui retient l’attention (le fait qu’un livre vendu sur cinq soit numérique ne serait pas un problème en soi), que le déclassement – par méconnaissance ou en réponse à des intérêts stratégiques – d’un secteur professionnel qui repose d’abord sur le livre imprimé. Qu’il s’agisse des propos rapportés du Ministre Marcourt ou d’interventions du même ordre, les chiffres du numérique se trouvent un peu vite et assez souvent accolés à la baisse du chiffre d’affaire de l’édition traditionnelle, ce qui pourrait laisser entendre un lien de cause à effet entre ces deux phénomènes et discréditer, par anticipation, la part dominante de l’industrie du livre. En quelques années, malgré le fait que le tropisme de la « Mort du livre » ne date pas d’hier, nous sommes ainsi passés d’un régime où le numérique était considéré comme une extension de l’édition traditionnelle (au même titre que le livre de poche) à un régime de survalorisation technologique. Cette asymétrie (le déclin de l’imprimé vs les performances du numérique) trouve assurément sa raison d’être dans les figures, imposées en politique, de l’internationalisation et de l’emploi, des nouveaux médias et de la lecture publique, auxquelles l’édition numérique apporte un nouvel adjuvant. En amont, elle s’explique tout autant par l’énergie que dépensent un certain nombre d’acteurs à des fins de marketing de soi : des consultants indépendants, des journalistes de la rubrique « technologies », des multinationales, des prétendants à la carrière numérique ainsi que certains producteurs et médiateurs du livre imprimé inondent quotidiennement blogs et réseaux sociaux d’opinions, de liens, de slogans et d’articles de qualité inégale, avec pour seule ambition d’occuper l’espace. Que ces acteurs soient à la recherche d’un emploi, d’une promotion, de missions d’expertise, d’invitations à tenir des conférences ou de toute autre forme de pouvoir, ils contribuent à plier le discours sur le numérique à des besoins individuels et à diffuser des « observations » qui ne pourraient être qu’enthousiastes à son égard – en laissant de côté, par un recours à la mémoire sélective, les cimetières de start-ups, les promesses non tenues, la vigueur du piratage et les conditions de travail de ceux qui, en Belgique ou à l’étranger, encodent dans l’ombre les rêves d’expansion d’individus habités par l’esprit d’entreprise.

L’augmentation des ventes et des consultations est l’argument central de ce grand discours dont l’horizon d’attente est la légitimation d’un médium émergent, de ses acteurs les plus impliqués économiquement et de personnalités du monde politique pour lesquelles le progrès de la pensée est une conséquence de l’innovation. Vendre ou rendre visible est ce qui tend à valider l’efficacité du système et à justifier les efforts – physiques et intellectuels, économiques et politiques – qui lui sont consentis. C’est ainsi que du côté du Patrimoine, on se félicite des milliers de références numérisées, du pourcentage du fonds accessible en numérique, des taux de consultation par les usagers connectés ou du nombre de liseuses empruntables – là où des prêts de lecteurs VHS, DVD et de microfiches ne semblent pas avoir été envisagés à l’époque. Le leader de l’édition en ligne à compte d’auteur se vante d’avoir publié 1 791 367 livres depuis 2002, dans plus de 225 pays et territoires. Les auteurs autoédités nous divulguent combien ils vendent et combien ils gagnent. Amazon veut vendre plus – et moins cher. Les portails d’Open Access nous dévoilent leurs courbes de downloads et établissent le palmarès des chercheurs les plus consultés au niveau national et à travers le monde. Des formules all inclusive se multiplient du côté des revendeurs, avec accès illimité à des catalogues illisibles au cours d’une vie et sans garanties pour les revenus des auteurs. Les éditeurs « 100 % numérique » rendent leurs bilans publics et font de chaque cap franchi des ventes un anniversaire. Quant aux liseuses, de plus en plus proches des tablettes à bien des égards, leurs fabricants tentent de se départir de leur caractère peu spectaculaire en alignant les prouesses techniques : millions de titres disponibles, capacité de stockage, autonomie de la batterie, rétro-éclairage de l’écran, tolérance aux reflets du soleil et depuis peu aussi à l’eau puisqu’une célèbre marque vient de lancer – il était temps – un modèle Waterproof.

Bien que les lecteurs de livres numériques puissent s’adonner au plaisir du texte dans les transports en commun, sur la plage ou dans leur bain, la révolution numérique se fait attendre et tout semble indiquer qu’elle n’aura pas lieu : ce n’est pas une révolution dont il est question, mais une lente et progressive transformation des pratiques de lecture – pour ce qui est des catégories éditoriales les plus demandées en librairie en tout cas. À ce titre, la grande fracture du numérique est peut-être celle-là : cet écart entre l’attitude modérée des lecteurs et le prosélytisme de certains producteurs et médiateurs. Aux premiers qui demandent des contenus intéressants à lire ou aux jeunes qui ne liraient plus, les seconds se contentent le plus souvent de vendre une nouvelle expérience de lecture. C’est là un paradoxe qui trouvera sans doute à être levé, mais l’édition numérique parle en définitive assez peu des contenus. L’édition numérique évoque les contenus et parle rarement d’un contenu en particulier. Cette évacuation tient largement au fait qu’un large pan de l’édition numérique, dans la démarche d’autolégitimation qui est la sienne, ne peut se satisfaire d’un marketing de produit traditionnel : la machine tourne le plus souvent à vide, trop occupée à la valorisation de sa propre nature. Plus précisément, le marketing du « numérique pour le numérique » évite la question du contenu parce qu’il n’y a rien à en dire, rien qui puisse en tout cas justifier un discours spécifiquement numérique. Lorsque Gallimard, Le Seuil et Albin Michel parmi d’autres proposent la version numérique d’un livre imprimé, cette transposition est d’abord pensée comme un service offert au lecteur, tout comme le serait une édition de poche ou une édition de luxe. Elle bénéficie du travail de diffusion préalable ou simultané de la version imprimée. Il en va tout autrement de l’édition numérique envisagée comme un incubateur de concepts ou comme un marché en expansion.

Tel est le dispositif dans lequel une certaine édition numérique paraît aujourd’hui évoluer et dont la révélation invalide et abrupte des « 18 % » ne constitue finalement qu’un indice parmi bien d’autres. Cette conception de l’édition numérique nous met en présence d’un médium prolixe et autocentré, pratiquant volontiers ce que Roland Barthes avait eu l’intelligence de repérer dans ses Mythologies : la quantification de la qualité. Cette approche du numérique qui appauvrit plutôt qu’elle n’élève, qui divise plutôt qu’elle ne fédère, n’est pas la seule et ne doit pas faire oublier que le numérique compte parmi les plus grands défis de l’industrie du livre, où se trouvent débattues la coexistence du numérique et de l’imprimé, la diffusion de contenus de qualité. À force d’opposer artificiellement un monde de l’analogique et un monde du numérique, nombreux sont ceux qui ne perçoivent pas que le numérique se construit progressivement de l’intérieur et que les acteurs du numérique parmi les plus essentiels sont aussi des acteurs du livre imprimé. Il n’y a pas de Nouveau Monde et de Vieux Continent : le numérique est devenu un réflexe chez bien des éditeurs. Or le propre de tout réflexe est par définition qu’il ne se dit pas. La maturité que l’on peut espérer pour le livre numérique en tant que médium ne tient qu’à cela – lorsqu’établi en réflexe, il s’imposera de soi, dans l’industrie du livre et le silence de la lecture consentante.

Tanguy Habrand – Assistant au sein du Département des Arts et Sciences de la Communication de l’Université de Liège (Centre d’Étude du Livre contemporain) et responsable de la collection Espace Nord aux Impressions Nouvelles.

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Librel enrichit son catalogue grâce à Numilog !

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Après son lancement en octobre dernier, Librel a le plaisir d’annoncer l’arrivée de plusieurs milliers d’ebooks disponibles à la vente. Lettres Numériques avait suivi, étape par étape, l’évolution du projet qui fédère une trentaine de librairies francophones de Belgique. Voici qu’aujourd’hui, après plusieurs semaines de discussions avec Numilog, la plateforme s’enrichit de manière considérable. Parmi ces nouveaux titres figure tout le catalogue du groupe Hachette mais aussi de très nombreux éditeurs belges distribués par Primento.

Jusqu’à présent, les clients de Librel ne pouvaient accéder qu’à une partie des ebooks de langue française car l’accord avec Numilog, en charge de la distribution entre autres du groupe Hachette, n’avait pu être concrétisé.  C’est à présent chose faite et d’après Philippe Goffe, président du PILEn et initiateur du projet, cela représente «  à la grosse louche, environ 30 ou 40 000 livres supplémentaires ». Il ajoute cependant qu’il est difficile de donner un nombre exact puisque certains catalogues de Numilog sont exclusifs et d’autres pas. « Grâce à l’acquisition de ces nouveaux ebooks, la base de données de Librel s’élève aujourd’hui à près de 200 000 titres en français et 300 000 au total en comptant les livres en anglais et néerlandais. »

La disponibilité des catalogues de Numilog sur Librel arrive après plusieurs semaines de discussions entre les parties, le portail numérique des libraires francophones ayant vu le jour mi-octobre 2014. « Il a fallu beaucoup de ténacité pour convaincre les éditeurs français » explique Philippe Goffe. « Vendre du numérique de manière individuelle lorsqu’on est libraire apporte très peu de visibilité. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de travailler à titre collectif et de nous fédérer pour proposer un modèle original qui, à ma connaissance, est le premier du type à voir le jour. Ce modèle peu répandu a été difficile à accepter pour eux. »

Il ne s’agit pas là de l’unique raison du retard sur les plans. L’exclusivité des éditeurs vis-à-vis de leurs distributeurs a également été un frein dans les négociations. À cela se sont ajoutées d’autres réalités contractuelles et techniques telles que la géo-territorialité, des contraintes auxquelles les initiateurs du projet ont été confrontés une fois le portail lancé en octobre 2014.

Aujourd’hui, Numilog ouvre donc ses catalogues au portail Librel mais pas seulement puisque son offre à destination des bibliothèques publiques et universitaires (environ 110 000 titres) s’ouvre également à PNB (Prêt Numérique en Bibliothèque). Ces accords confirment la volonté actuelle de rendre accessible à un maximum de lecteurs un large choix d’ebooks et témoignent aussi des efforts pour mener à bien une médiation culturelle efficace et respectueuse des différents acteurs de la chaine du livre.

Pour revenir à Librel, Philippe Goffe exprime la satisfaction pour les libraires de pouvoir proposer aux lecteurs un catalogue complet qui reprend les œuvres de nombreux éditeurs belges. Ainsi, les catalogues des éditions Mardaga, Erasme, Weyrich, Jourdan, Alice Jeunesse et bien d’autres sont désormais disponibles sur Librel par le biais de Primento, le premier distributeur numérique en Belgique. « Nous sommes ravis de voir concrétiser cet accord que nous attendions depuis longtemps, déclare Stéphanie Michaux, Key Account Manager chez Primento, qui distribue les ebooks des éditeurs belges à certaines librairies indépendantes par l’intermédiaire de Numilog. En quelques années seulement, nous avons constitué un très large catalogue de livres numériques et nous représentons actuellement une quarantaine de marques éditoriales belges. Nos éditeurs étaient impatients de figurer sur ce portail. Librel doit pouvoir rendre compte de la diversité et la richesse de cette offre éditoriale belge en vendant aussi bien les livres numériques des éditions Mols que du groupe Larcier. »

« Nous pouvons enfin communiquer de manière visible à propos de Librel » explique Philippe Goffe, sans compter que le partenariat avec Numilog permet au portail des libraires francophones d’asseoir sa légitimité et d’augmenter sa présence sur le Web. Un lancement officiel du portail aura lieu en janvier 2015. D’ici là, si vous n’avez pas encore tous vos cadeaux pour les fêtes de fin d’année, rendez-vous sur Librel où vous attendent de nombreux ebooks, une offre large à portée de clic !

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Evènements 2015 du PILEn

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En cette fin d’année, le PILEn vous invite d’ores et déjà aux événements qu’il organise début 2015.

  • Le 19 janvier, à partir de 19h, aura lieu la 8e édition des apéros du numérique. À ette occasion Michel Dufranne, chroniqueur littéraire à la RTBF (émission « Livrés à domicile ») modérera la rencontre autour du thème « Jeux et enjeux de la promotion du livre : de l’éditeur à l’auteur quelle(s) place(s), quel(s) rôle(s) doivent, devraient-ils, occuper aujourd’hui ? » Toutes les infos ici.
  • Le 26 janvier, de 9h30 à 17h, sera organisé, dans le cadre de Mons 2015, une formation à propos des réseaux sociaux de lecteurs qui impliquent aujourd’hui de nouveaux usages et représentent des opportunités pour les professionnels du livre. La journée sera animée par Louis Wiart, doctorant contractuel à l’Université Paris XIII et aura pour objectif d’identifier ces nouveaux acteurs, d’analyser leurs stratégies respectives et de dégager les opportunités qu’ils offrent d’un point de vue professionnel. Retrouvez tous les détails de la formation ici.
  • Le 9 février, les auteurs, éditeurs, libraires et bibliothécaires qui connaissent peu le livre numérique sont invités à venir assister à la formation « Le B.A.-BA du livre numérique : enjeux et opportunités pour la chaîne du livre ». L’intervenant de la journée sera Julien de Marchin, fondateur de Bebooks. Pour en savoir plus, rendez-vous ici.

Pour vous inscrire à l’une ou l’autre de ces rencontres ou pour obtenir un renseignement, il vous suffit de prendre contact avec Morgane Batoz-Herges : formations@futursdulivre.be, +32 2 290 08 07

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YouScribe : une bibliothèque digitale et participative

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Après avoir consacré des articles à Cyberlibris et Youboox, Lettres Numériques s’est intéressé cette semaine à YouScribe et a rencontré son fondateur, Juan Pirlot de Corbion.

De formation littéraire, Juan Pirlot de Corbion a fait ses armes chez Actes Sud, où il était principalement en charge de la digitalisation de la fabrication et de la gestion des systèmes d’information. En 1996, fort de cette expérience, il a mis en place Chapitre.com, une librairie en ligne visant à rendre accessibles des livres épuisés ou difficilement trouvables dans le circuit traditionnel. Toujours dans cette optique de combler les lacunes du circuit traditionnel du livre, Juan Pirlot de Corbion a ensuite créé YouScribe.

YouScribe, qu’est-ce que c’est ?

Fondée en 2011, YouScribe est une bibliothèque digitale et participative entièrement consacrée aux textes quels qu’ils soient. En effet, avec près de 2 000 000 de publications (à titre de comparaison, le catalogue de Youboox propose environ 100 000 œuvres) dont près d’un million accessibles gratuitement et un ajout de 10 000 documents en moyenne par mois, YouScribe compte des écrits de tous horizons : livres, BD, dissertations, rapports de stage… « Chez YouScribe, nous donnons une chance à tous les contenus d’exister. Nous mettons côte à côte des contenus très différents car nous pensons d’abord à l’intérêt du lecteur. Pour un lycéen par exemple, le travail de son ami aura beaucoup plus d’intérêt qu’un texte classique », nous explique Juan Pirlot de Corbion. Chaque ouvrage est toutefois classé le mieux possible afin de trouver son public cible. L’utilisation de YouScribe est donc très simple : une fois inscrit, vous pouvez mettre en ligne votre écrit gratuitement ou au prix que vous estimez juste. Dans le cas d’une publication payante, l’auteur se verra reverser 70% de chaque achat. Les documents peuvent être lus sur ordinateur, smartphone ou tablette via le site web ou l’application YouScribe. Ils peuvent également être partagés facilement sur les réseaux grâce à la fonction d’embed. À ce jour, YouScribe comptabilise plus de 7 millions de visiteurs par mois, dont 860 000 inscrits.

YouScribe, un modèle hybride

Depuis mai 2014, YouScribe propose un abonnement en streaming illimité similaire à celui de Youboox : pour 9,90 € par mois, vous bénéficiez d’un accès illimité à tous les documents, sans publicité et sans connexion. Selon Juan Pirlot de Corbion, « Pour être un service complet, YouScribe doit fonctionner comme une bibliothèque normale et proposer un système d’abonnement ». L’objectif visé pour cet abonnement est d’atteindre les 25 000 inscrits avant la fin 2015 et, pour Juan Pirlot de Corbion, le projet semble en très bonne voie. À titre indicatif, Youboox compte pour l’instant 10 000 abonnés pour leur offre similaire, parmi lesquels on retrouve environ 1000 abonnements individuels.

Tandis que YouScribe propose aujourd’hui la lecture en streaming pour plus de 100 000 ouvrages, les autres contenus sont disponibles en téléchargement dans des formats tels que les ePubs ou les PDFs, selon le document fourni par l’auteur. Selon le fondateur de YouScribe, le streaming semble toutefois gagner les faveurs des lecteurs.

Beaucoup d’éditeurs ont eux aussi choisi de travailler avec YouScribe et de mettre en ligne leur catalogue. Tout comme pour Youboox, les éditeurs qui participent à l’offre d’abonnement sont rémunérés en fonction du nombre de pages effectivement lues et toutes les informations concernant les habitudes de lecture sont communiquées aux éditeurs. Certains éditeurs mettent leur contenu en accès libre, mais il s’agit le plus souvent de sociétés dont l’édition est un métier annexe. À ce jour, le site compte plus 450 000 ebooks.

Pour Juan Pirlot de Corbion, les éditeurs ont tout à gagner à s’intégrer à ce système plutôt qu’à s’en exclure : « si l’éditeur ne se fait pas une place dans le temps libre limité du lecteur, le lecteur ne va pas de lui-même aller chercher le livre papier ». Et de rajouter que le numérique comporte l’avantage de pouvoir être mis à jour beaucoup plus facilement et à moindre coût que le papier.

Liberté totale de publication ?

Si YouScribe permet à tout un chacun de publier les contenus les plus divers et variés, l’on peut dès lors se demander s’il existe un système de filtre pour contrôler les textes mis en ligne. « On contrôle peu a priori et beaucoup a postiori », nous explique Juan Pirlot de Corbion. « Nous avons mis en place un filtre au moment du téléchargement des documents qui opère un premier tri, puis nous fonctionnons avec un système d’alertes. Les contenus sont généralement contrôlés dans les 8 heures suivant leur mise en ligne. Le principe est le même pour les violations de copyright, mais c’est un phénomène plutôt rare sur YouScribe ».

YouScribe face à Kindle Unlimited

Loin de considérer Kindle Unlimited comme une menace, l’équipe de YouScribe accueille positivement son lancement sur le marché. Pour Juan Pirlot de Corbion, son projet comporte plusieurs avantages par rapport à celui d’Amazon : tout d’abord, YouScribe est beaucoup plus souple face aux formats des fichiers et ne fonctionne pas en circuit fermé, ses utilisateurs peuvent donc lire leurs documents sur plusieurs supports. YouScribe met également en avant la diversité de ses documents comme atout majeur face à ses concurrents. En effet, là où Kindle Unlimited et Youboox proposent presque exclusivement des livres, YouScribe se démarque par son offre très hétéroclite. Le fondateur de Youscribe estime également que « l’édition française et l’édition belge représentent une valeur patrimoniale dans l’esprit collectif » et que les modèles nationaux tels que YouScribe seront privilégiés à l’avenir.

Le Crowdfunding pour imposer son modèle

YouScribe termine actuellement une levée de fonds en crowdfunding. Pour Juan Pirlot de Corbion, « une entreprise grand public comme la nôtre, qui accompagne une mutation d’usage, a besoin de temps et de moyens pour développer et imposer son modèle. Pour une bibliothèque ouverte comme YouScribe, il me semble cohérent de partager le capital. Il s’agit d’une solution très sociable et sociale ».

Propos recueillis par M.H.

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Comment monter une histoire multimédia?

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Avec les programmes et apps que nous épinglons dans cet article, vous pourrez vous aussi vous essayer à l’élaboration d’une histoire multimédia : sons, mots, photos, vidéos, au rendez-vous… ensemble !

En 2012, le New York Times frappe un grand coup avec Snow Fall: The Avalanche, un récit de paysages enneigés rendu vivant par l’élégante combinaison du texte, des photos et des vidéos : le tout est subtilement dosé et l’histoire, prenante ! Le National Film Board du Canada s’est lui aussi essayé au récit multimédia avec Pinepoint : « au départ, ç’aurait dû être un livre… finalement, l’histoire a bien plus de sens sous ce format ». En effet, images, texte, musique et bruits de fond se fondent avec succès : le temps de l’histoire, on est bel et bien au fin fond du Canada.

Le New York Times et le National Film Board du Canada l’ont compris : ce que le public attend aujourd’hui, c’est de l’image, du son, des mots, ensemble mais bien assortis. Or, ce n’est pas une mince affaire : l’équipe du New York Times derrière Snow Fall a compté 11 personnes, aux divers talents. Peu à peu cependant, des applications proposent à tout un chacun – poids lourd des médias, journaliste freelance ou particulier – de s’essayer à l’art de raconter en son, en mots et en images. Le réseau de ressources pour journalistes IJnet.org a porté quelques-unes de ces applications à mon attention et je me réjouis de vous partager ci-dessous celles qui me semblent les plus prometteuses!

Shorthand vient de l’autre bout du monde : la start-up a émergé en Australie en 2013. Elle s’adresse aux professionnels, aux entreprises, aux freelances et propose également des services de consultance aux marques – les formules et les prix varient en fonction des besoins de tous ces gens. La BBC et The Guardian, entre autres, y recourent. Ainsi, le récit de la BBC « Voices from the Mall » raconte, d’après une série de témoignages personnels, le siège du Westgate à Nairobi en septembre 2013. Il inclut des photos, un plan du bâtiment, du texte – en grandes et petites polices – des vidéos, une organisation en chapitres : bref, tout pour que le reportage soit facile à suivre, varié, prenant et … clair!

Storehouse est une application gratuite, à tester… si vous disposez d’un produit Apple, iPad ou iPhone! À nouveau, elle permet de combiner très intuitivement images, textes et vidéos et de les partager. Si vous avez un coup de coeur pour l’un des reporters qui l’utilise – par exemple pour relater les sursauts du conflit syrien -, abonnez-vous à son compte et suivez ses récits à l’impact certain…  Il y a aussi du plus léger, des recettes de cuisine par exemple. Tout ce melting-pot est pensé pour l’écran, au format paysage. Voulu ou non, Storehouse peut faire office de vitrine pour certains de ces professionnels, qui y montrent leur(s) oeuvre(s) et décrivent, brièvement, leurs parcours et leurs intérêts.

Steller, comme Storehouse, est gratuit et disponible sur les produits Apple. Là aussi, on suit ses favoris. Et si ceux-ci combinent à nouveau textes et images, cela donne un « album-photo » à « feuilleter » en ligne, sur son ordinateur ou son téléphone. Ici aussi, des usagers de tous bords se retrouvent, y compris des journalistes.

Zeega permet de rassembler différents contenus audio et vidéo venus du web, et d’y ajouter éventuellement des photos depuis son ordinateur personnel. Le texte est limité à 160 caractères – à peine plus qu’un tweet: l’accent est clairement mis sur la composante visuelle! Petit plus bien agréable en cette époque du « tout partagé »: une citation et un lien à l’origine du contenu se génère et s’insère automatiquement. Et puis, on aime ou on n’aime pas, mais le contenu de Zeega ne peut pas être téléchargé et installé sur votre bureau – il est voué à rester dans le cloud.

Un petit dernier : JamSnap. Celui-ci permet de relier des points sur une photo à des capsules de son. Prometteur, mais, à nouveau, à tester sur un produit Apple!

Voici donc quelques pistes pour occuper ses vacances de Noël ! À moins que vous n’ayez déjà votre outil de prédilection en la matière ? Votre avis compte !

Merci non seulement à IJnet.org mais également à Judd Slivka pour son suivi précis et constant de toutes ces questions!

Source photo: iconshock.com

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Blendle : ne payez que pour les articles que vous souhaitez lire !

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Le domaine de l’édition de livres n’est pas le seul touché par les développements du numérique. Les éditeurs de journaux sont eux aussi confrontés à de nouveaux concepts innovants, à l’image de l’application Blendle, start-up néerlandaise lancée en avril dernier par deux jeunes journalistes, Alexander Klöpping et Marten Blankesteijn. Blendle, ou comment révolutionner le modèle économique de la presse journalistique…

L’application Blendle repose sur un principe simple : les utilisateurs ne paient que pour les articles qu’ils souhaitent consulter dans leur intégralité. Il ne s’agit donc pas d’un abonnement à un magazine ou un journal complet mais plutôt à des billets qui abordent des sujets précis. Les articles sont référencés par niveau de popularité et par nombre de partages. Autre nouveauté : si l’article lu ne vous a pas satisfait, vous pouvez être remboursé.

Lorsque vous débutez avec Blendle, un montant de 2,50€ vous est offert pour les articles qui vous intéressent. C’est ensuite à l’utilisateur d’alimenter son compte comme il le souhaite. Les prix des articles sont variables car ils sont établis par les éditeurs de journaux néerlandais.

Le projet est né d’un constat édifiant concernant les habitudes des jeunes Américains, dont un tiers seulement des moins de 35 ans lit un journal une fois par semaine. Blendle a donc vu le jour dans cette optique de proposer un journalisme de qualité à la nouvelle génération, et de les amener à une expérience utilisateur optimale dans un monde où Internet reste la source d’informations privilégiée par les jeunes.

Près de 130 000 abonnés se sont lancés dans l’aventure Blendle. L’application n’est actuellement disponible que pour les Pays-Bas mais, après avoir récemment reçu une aide financière de la part du New York Times et de l’éditeur allemand Axel Springer, Blendle, surnommé l’ »iTunes de l’info », compte bien partir à la conquête de la France et d’autres pays européens.

Avec cette nouvelle application, la manière de consommer le journalisme est bouleversée. Si l’application ouvre aux jeunes de nouveaux horizons de lecture, elle propose un modèle qui semble difficilement acceptable pour les éditeurs de presse. Face à ce nouvel élan numérique, ne peut-on envisager la disparition des magazines et journaux papier ? Seul l’avenir nous le dira.

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Un livre acheté est-il toujours lu dans son intégralité ?

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Les lecteurs qui achètent des ebooks ne les lisent pas forcément jusqu’au bout. C’est ce qui ressort du rapport annuel de Kobo couvrant la période de janvier à novembre 2014 et qui concerne environ 21 millions d’utilisateurs. Les chiffres communiqués par l’entreprise canadienne nous en apprennent beaucoup sur les tendances et habitudes de consommation des lecteurs numériques.

Le point de départ : Le Chardonneret de Donna Tartt figurant dans la liste des livres les plus lus selon Amazon. Le rapport de Kobo révèle quant à lui que ce titre n’a été lu jusqu’au bout que par seulement 44,4% des britanniques. Le reste des lecteurs auraient abandonné l’histoire en cours de route, face au nombre de pages conséquent de l’ouvrage : 800 pages. Ce chiffre révèle donc qu’un livre acheté n’est pas forcément lu jusqu’à la fin et que certains ebooks sont parfois terminés des mois après l’achat. D’un pays à l’autre, les habitudes de lecture divergent cependant. Ainsi, les Français auraient tendance à être plus nombreux à terminer les livres qu’ils achètent (plus de la moitié pour 90 des 100 bestsellers achetés).

Les livres qui sont le plus généralement lus jusqu’au bout sont issus de la romance, la fantasy ou le polar. Rien d’étonnant puisqu’il s’agit de genres littéraires plébiscités par le public. Le pourcentage de lecteurs britanniques qui n’abandonnent pas en route ce type d’œuvres s’élève à 60%. 74% des Italiens lisent dans leur intégralité les romans d’amour, contre 67% des Néerlandais. Quant aux livres de mystère, 70% des Français s’accrochent jusqu’au bout pour 64% chez les Australiens et seulement 44% chez les Américains.

Dans un autre contexte, Kobo observe également une tendance à l’achat d’ebooks avant la sortie de certains films au cinéma. Ce fut notamment le cas pour Gone Girl et Twelve Years a Slave.

Grâce aux outils présents dans les appareils de lecture, il est désormais possible de mesurer la quantité de pages lues, la vitesse de lecture et les centres d’intérêts du public. Cela permet d’observer des comportements intéressants chez les lecteurs, influencés par l’actualité cinématographique par exemple. Les chiffres révélés par Kobo confirment une tendance déjà observée par le passé, à savoir que la forme courte et les genres comme la romance, la fantasy et le thriller restent privilégiés par les lecteurs en numérique.

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Quand la diversité des supports numériques devient une entrave insurmontable

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Cette semaine, je comptais vous proposer une nouvelle sélection d’applications et d’eBooks pour les enfants mais j’ai dû changer mes plans. En effet, pour proposer des applis et eBooks, il faut les avoir testés. Et si on met de côté le fait que les services de presse ne sont pas toujours simples à obtenir et que ça revient vite cher de tout payer pour tester, il existe une entrave plus forte à une motivation et un optimisme comme le mien pour défendre la littérature numérique de jeunesse : les supports !

Je suis pourtant une fervente défenderesse des ebooks et des supports digitaux en tous genres, je suis la première à avoir été engagée comme journaliste sur Lettres Numériques en 2011 et à l’heure actuelle, quand je repense à un livre que j’ai lu, je ne sais plus si ce livre était imprimé sur du papier ou s’il est dans ma liseuse.

Néanmoins, il y a une chose avec laquelle je ne peux lutter, c’est la diversité des supports numériques. J’ai acheté un ebook sur mon Kindle ? Je veux le lire sur un Kobo parce qu’il est rétro-éclairé ? Et c’est parti pour une série de manœuvres de transformation (dont je ne suis pas encore sûre qu’elles soient toutes légales). J’ai acheté une appli/ebook sur ma tablette ? Je voudrais la transférer sur un iPad ? Impossible. J’ai acheté un dictionnaire sur mon vieil iPhone, je suis passée à Android… j’ai dû attendre 3 ans pour pouvoir racheter le même dictionnaire,…

Ce matin, j’ai enfin reçu les codes pour préparer les critiques à vous proposer. Je saisis ma tablette dernière génération qui est sous Android, pas de chance, c’est sur l’Appstore uniquement. Je télécharge donc l’ePub sur mon iPad première génération, pas de chance, mon iPad est trop vieux. Que faire ? Essayer les codes sur le site de l’éditeur directement ? Ah non, l’ePub n’y est pas, même dans la rubrique numérique. On ne le trouve qu’en papier. Essayer de l’acheter sur un autre site ? Non, le code ne sert qu’à l’Appstore.  Ne pourrais-je pas le télécharger quand même sur mon Mac et le lire sur l’ordi ? Je peux le télécharger, il est dans ma bibliothèque mais je ne peux pas l’ouvrir, il faudrait que je passe à Yosemite pour ça…

J’abandonne.

Dans le secteur du numérique pour la jeunesse, on peut faire des choses géniales. Mais (trop) souvent, l’application n’est développée que pour iPads et iPhones. Ceux et celles qui ne veulent pas être enchainés à la marque à la pomme par volonté d’indépendance, par pure bravade ou parce qu’après avoir testé autre chose, ils ont finalement décidé de l’adopter, et bien tant pis pour eux. Tant pis pour moi.

Heureusement, des programmes comme Calibre ont fait progresser les choses pour certains ebooks et même s’il est encore parfois difficile de faire passer un ouvrage numérique d’un support à l’autre, au moins, c’est possible. Enfin, c’est possible si vous ne l’avez pas acheté à la Pomme.

Mais c’est avec un message d’espoir que l’on va conclure ce coup de gueule un peu hors de nos habitudes. Quand iTunes a décidé de se passer des DRM pour les chansons, l’achat de musique numérique est devenu une pratique courante… Aujourd’hui, c’est en streaming que l’on écoute nos morceaux préférés, de n’importe quel support, dans n’importe quel endroit. Peut-on espérer qu’un jour les livres rejoindront la musique ?

PS: Etonnamment, en finissant ce billet, je tombe là-dessus.

Et je me dis que ça doit être dans l’air…

Vincianne D’Anna

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