Offres bundle : papier et numérique main dans la main

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Si bon nombre de lecteurs se réjouissent aujourd’hui de l’émergence de la lecture numérique, d’autres ne la voient pas d’un si bon œil et la considèrent comme une menace pour le livre papier. Cette semaine, Lettres Numériques part donc à la découverte des offres bundle, un initiative qui met en avant la complémentarité de ces deux supports de lecture.

L’offre bundle en quelques mots

« Bundle », mot emprunté à l’anglais, signifie « paquet » en français. Le but de ce type d’offres est de proposer à tout lecteur achetant un livre papier de se procurer la version numérique de celui-ci à un prix moindre, voire gratuitement. Depuis plusieurs années, nombre d’entreprises ont adopté ce système, parmi lesquelles Amazon, qui lançait en 2013 Kindle Matchbook. C’est également le cas de BitLit, une application téléchargeable sans frais et qui permet de retrouver la version numérique des livres se trouvant dans votre bibliothèque (pour autant qu’une version ebook du livre existe bel et bien). Le principe est simple : une fois l’application téléchargée, il vous suffit de scanner la couverture du livre papier, d’indiquer votre nom en majuscules sur le copyright et d’envoyer le tout via l’application. Quelques minutes plus tard, l’ebook vous attend dans votre boîte de réception.

Livre papier et livre numérique pour une complémentarité optimale

Les offres bundle mettent donc en avant la complémentarité du papier et du numérique en créant un pont direct entre les deux versions d’une même œuvre. Toutefois, si la raison d’être de cette alliance est indéniable pour certains types d’ouvrages (il est très utile de pouvoir transporter facilement des publications scientifiques/universitaires tout en pouvant consulter la version papier chez soi), on peut se demander la pertinence d’une telle démarche lorsqu’il s’agit de livres touchant à la fiction ou au loisir (rappelons-le, le contenu de la version papier et de la version numérique est en principe la même dans le cas des offres bundle). En effet, pour des livres qu’on ne lit généralement qu’une fois, certains ne voient pas l’utilité de les posséder à la fois en numérique et en papier. Prenons le cas de Nicolas Francannet, fondateur de StoryLab, qui expliquait lors des Assises du livre numérique 2015 l’importance pour son entreprise de proposer des contenus différents pour le papier et le numérique (pour découvrir notre article sur le sujet, c’est par ici).

C’est ainsi que, depuis plusieurs années, et surtout depuis l’apparition des QR codes, de plus en plus d’initiatives ont été prises afin d’amener, en plus d’une complémentarité, une réelle plus-value au fait de posséder à la fois une version papier et une version numérique d’un même livre. C’est notamment le cas de la maison d’édition Invenit, qui se lance aujourd’hui dans un projet où papier et numérique ne connaissent plus de frontières, avec notamment le projet « Incunables » et la collection « Récits d’objets » qui utilisent la technologie de la réalité augmentée (pour en savoir plus sur ces projets innovants, rendez-vous ici).

Une chose est certaine, la coexistence du papier et du numérique, si elle a déjà fait couler beaucoup d’encre et ne rallie pas les foules, ne laisse pas indifférent et ouvre la voie à de nouveaux usages.

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Dominique Tourte : « Papier et numérique, un enrichissement mutuel grâce à la réalité augmentée »

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Face aux évolutions technologiques et à la situation économique actuelle du marché du livre, de plus en plus d’éditeurs traditionnels font preuve d’originalité et proposent des projets innovants qui exploitent les possibilités infinies qu’offre le numérique. C’est le cas des éditions Invenit, maison française située à Tourcoing, qui a choisi de se lancer dans l’aventure du numérique en se penchant sur la question de la réalité augmentée. Tour d’horizon avec Dominique Tourte, directeur des éditions Invenit.

La genèse du projet

Invenit émane d’une structure d’atelier de design graphique créée en 2001 par Dominique Tourte, lui-même graphiste depuis 1991. « Les activités de la structure se développent dans une optique de graphisme à vocation culturelle » explique Monsieur Tourte. « En 2008-2009, la société s’étend à une activité d’édition qui se limite dans un premier temps à la réalisation de catalogues d’exposition. Depuis 2010, nous exerçons nos activités d’édition selon deux modalités distinctes : d’un côté, la réponse à des appels d’offres pour la valorisation du patrimoine, et de l’autre, la création de projets propres à la maison, entièrement financés par Invenit, tels que le lancement de la collection Ekphrasis qui compte actuellement 35 titres. » Dominique Tourte poursuit : « Invenit tend à exploiter le rapport entre texte et image, entre art et littérature. Cette collection s’inscrit dans cette approche éditoriale mais aussi dans le prolongement de notre travail pour les musées puisqu’il s’agit de textes de commandes à des auteurs pour accompagner une exposition du moment, préalablement identifiée par notre maison d’édition. »

En 2013, les éditions Invenit répondent à un appel d’offres pour une collection intitulée Récits d’objets, qui sera réalisée en coédition avec le musée des confluences de Lyon. « Encore une fois, il s’agit de commandes littéraires à des auteurs pour cette collection qui devient emblématique de la politique générale du musée lyonnais, lequel s’attache à raconter une histoire à travers les objets exposés » explique Dominique Tourte. « Étant donné que cela faisait quelques mois que nous travaillions à la question du papier connecté et à l’interaction entre support papier et environnement numérique, nous avons proposé au musée la réalisation de livres exploitant le principe de la réalité augmentée ».

Quel fonctionnement et quel intérêt pour le lecteur ?

Les livres de la collection Récits d’objets présentent des QR codes situés dans le rabat intérieur des exemplaires papier. Une fois scannés avec votre smartphone ou tablette, les codes vous  redirigent vers un lien de téléchargement de l’application gratuite Récits d’objets (disponible sur Google Play et Apple). L’application va déclencher automatiquement la caméra de votre appareil. Il vous suffit ensuite de viser l’image de l’objet en question et de laisser faire la technologie. Pour l’avoir moi-même testé à partir des marqueurs déclencheurs présentés ici, l’expérience est assez surprenante puisqu’il est question d’une superposition de l’image virtuelle à l’environnement réel. « L’application propose un complément de contenus : la possibilité de visionner l’objet en 3D pour en appréhender la volumétrie, un entretien vidéo avec l’auteur du livre, et un accès au portail Liblfy.com où le lecteur peut poster des chroniques de lecture sur l’ouvrage » explique Dominique Tourte.

« Nous sommes ici dans une idée de bonus de lecture puisqu’il s’agit d’une application gratuite. La liberté est laissée au lecteur puisqu’il peut choisir de faire l’expérience ou non, d’accéder ou non à des contenus dynamiques (3D, vidéo, son) que l’on ne retrouve pas dans la version papier ». Dominique Tourte insiste ici sur la forte interaction qu’il existe entre papier et numérique. D’autres livres du même type sont actuellement en préparation.

Le projet Incunables

Venons-en au projet Incunables, autre initiative des éditions Invenit. Cela fait maintenant un certain temps que la maison travaille sur ce projet de livre qui propose également de la réalité augmentée et qui s’adresse cette fois aux enfants de 7 à 11 ans. Grâce à des marqueurs déclencheurs disséminés dans le livre papier, les plus jeunes pourront se projeter, grâce à une tablette ou un smartphone, dans l’atelier d’un maître imprimeur du XVe siècle afin de découvrir avec lui les différentes étapes de la fabrication d’un incunable. Le projet a été suivi par l’Université de Lille 3 qui a réalisé plusieurs expérimentations auprès de jeunes dans les écoles ainsi qu’au Palais des Beaux-Arts de Lille. « Pour les enfants, c’est quelque chose de très nouveau qui relève d’un usage qui n’est pas encore habituel. Certains d’entre eux s’approprient très vite l’outil, d’autres moins. Tout dépend de la sensibilité de l’enfant vis-à-vis de la lecture car le premier but du livre est d’inciter les jeunes à lire. Le travail à réaliser dans la partie numérique ne peut en effet aboutir que si l’enfant a préalablement lu les différentes parties du livre papier. »

À propos d’Incunables, une campagne de crowdfunding aura lieu en septembre prochain. Pour son lancement, une vidéo de présentation sera disponible sur la page facebook d’Invenit. « Cette campagne nous permettra de finaliser le projet en prenant notamment en compte les préconisations relayées par l’Université de Lille 3. Nous pourrons ainsi rendre disponible le livre en librairie en novembre prochain » précise Dominique Tourte.

Des projets innovants pour un enrichissement mutuel des supports

Les prochains projets d’Invenit approfondiront la question du papier connecté. Dominique Tourte s’explique : « Nous ne souhaitons pas nous lancer dans l’ePub 3 enrichi car je pense que l’enjeu se situe avant tout au niveau du papier. L’intérêt est de pouvoir diriger le lecteur, à partir de l’exemplaire papier, vers le numérique, en proposant l’accès à une application gratuite ». Les éditions Invenit ont pour projet de décliner le livre Incunables à d’autres problématiques. « L’œuvre s’intitule Dans l’atelier de Werther. Nous pourrions donc imaginer la création d’une collection Dans l’atelier de…. L’aspect financier demeure cependant complexe à gérer car il reste à savoir comment trouver une économie viable avec ce genre de dispositifs. La technologie se démocratise mais cela reste compliqué » observe Monsieur Tourte.

Il termine : « Le numérique offre un champ de possibilités énorme. Les livres d’art se sont toujours attachés à la reproduction fidèle des œuvres abordées. Il est clair que dans le domaine de la sculpture par exemple, pouvoir appréhender en 3 dimensions, c’est un plus ! » (cf. la première déclinaison de l’appli Ekphrasis à découvrir ici) À noter que les éditions Invenit ont été lauréates du Louvre-Lens Vallée, une opportunité pour elles de développer de nouveaux dispositifs innovants qui interrogent la médiation possible entre papier et numérique tout en enrichissant l’expérience de lecture !

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Quand le décor de votre histoire varie en fonction de votre GPS

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Au Brésil, un programme de fidélité de cumul de miles fête cette année ses 20 ans d’existence et pour marquer le coup, la société a décidé (entre 365 autres choses) de lancer un produit un peu particulier : un eBook dans lequel les personnages évoluent en fonction de votre position GPS.


Cette campagne marketing pour le moins surprenante s’appelle « Trip Book Smiles » (du nom du programme de fidélité) et on peut dire que l’agence de publicité à l’origine de l’idée n’a pas fait les choses à moitié. En effet, c’est à l’auteur et journaliste à succès brésilien Marcelo Rubens Paiva qu’a été confiée la tâche d’écrire le roman et à la compagnie FCB Brésil de penser l’appareil et l’application.

Le principe est simple : l’intrigue raconte l’histoire d’un couple qui décide de revivre le voyage de noces qu’ils ont réalisé des années auparavant. En fonction de la ville dans laquelle se situe le lecteur, l’application ou l’appareil change non seulement les noms de rue, les monuments, mais aussi les références culturelles puisque, par exemple, Umberto Eco dans la version romaine devient Simone de Beauvoir dans la version française et J.D. Salinger dans la version new-yorkaise. Et même si, on l’a bien compris, le but est de promouvoir les longs déplacements et le programme de fidélité, on ne peut s’empêcher de trouver l’idée et la réalisation étonnantes.

Plusieurs villes sont déjà disponibles dans le catalogue comme Rome, Paris, New-York mais aussi Lisbonne, Rio de Janeiro et Buenos Aires et il semblerait que le projet d’ajouter de nouvelles capitales soit déjà annoncé.

Le prototype de l’appareil a été envoyé à une série de VIP mais la version Android et iOS est déjà disponible et gratuite pour les détenteurs de tablette. Chaque version de l’histoire peut également être lue peu importe l’emplacement géographique du lecteur. On précisera enfin que le roman n’a pas encore été traduit et n’est donc disponible qu’en portugais.

V. D’Anna

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Le nouveau moteur de recherche des Archives et Musée de la Littérature

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Depuis quelques semaines déjà, les Archives et Musées de la Littérature ont simplifié leur moteur de recherche afin de faciliter la recherche au sein de leur catalogue.

Auparavant, le moteur de recherche des AML, centre de documentation spécialisé dans la littérature belge, permettait d’effectuer une « recherche avancée » dans leur base de données grâce à l’ajout de différents critères (auteur, titre, sujet, éditeur, cote). La nouveauté ? Désormais, vous pourrez effectuer une « recherche simple », laquelle se présente sous la forme d’une zone de recherche unique qui prend en compte différents champs : auteur, titre, date, sujet, éditeur, collection, langue, notes, source et cote de rangement.

Les recherches simple et avancée permettent toutes deux la restriction par type de collections (imprimées, manuscrites, audiovisuelles, muséales) et d’isoler les ressources déjà numérisées. Rappelons que le moteur de recherche des AML couvre la majorité des documents acquis depuis 1990. Les acquisitions antérieures (de 1958 à 1989) sont quant à elles disponibles via le catalogue papier de la salle de lecture.

Pour essayer ce nouveau moteur de recherche, rendez-vous ici.

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Evénements du PILEn de mai et juin

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Retrouvez le programme des rencontres organisées par le PILEn à la fin du mois de mai et début juin.

Le 28 mai auront lieu les 3e rencontres de l’édition numérique à Tourcoing. Cette journée de colloque, organisée par le PILEn, le CRLL, l’Association des éditeurs du Nord et du Pas-de-Calais et la Plaine Images, sera modérée par Nathalie Paquet, gérante d’Urban Expé et cofondatrice d’Imprudence. Au programme, tables rondes, ateliers et exposition permettront de faire le point sur les technologies existantes et les possibilités pour le livre papier en termes de création. La journée commencera à 9h pour se terminer à 16h30 à la Plaine Images/Imaginarium (99A Boulevard Constantin Descat – 59 200 Tourcoing). Toutes les infos ici.

Le 8 juin, ce sont les libraires qui sont invités à participer à la formation « Vendre du numérique en libraire, supports et formats de lecture », demi-journée qui sera assurée par Nathaniel Rudavsky-Brody, cofondateur de Caractères Mobiles, de 13h30 à 17h. La rencontre se déroulera à la Maison des Auteurs (Rue du Prince Royal 87 – 1050 Ixelles). Retrouvez le programme complet ici.

Le 12 juin, Louis Wiart, doctorant contractuel à l’Université Paris XIII, animera un atelier d’introduction à la lecture sociale, de 13h30 à 17h, à la Maison des Auteurs également. Cette formation intervient en complément des précédents événements organisés par le PILEn concernant la lecture sociale et les réseaux socionumériques. Pour accéder aux modalités de cette rencontre, c’est par .

À noter aussi que la formation sur le B.A.-BA du livre numérique qui se tiendra le 1er juin prochain est actuellement complète. Une nouvelle proposition de date, le 2 juin, a été ajoutée au calendrier de formation. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du PILEn.

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter Célyne Van Corven par téléphone au +32 2 551 03 20 et/ou par mail à l’adresse formations@futursdulivre.be

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Édito

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Lettres Numériques ne paraitra pas vendredi prochain en raison du pont de l’Ascension. Nous vous donnons donc rendez-vous le 22 mai pour de nouveaux articles sur l’actualité du livre numérique !

D’ici là, ne manquez pas de nous envoyer vos projets, commentaires et réactions à l’adresse habituelle.

Bon congé à tous !

L’équipe de Lettres Numériques

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Dominique Figa : « Samarcande, une uniformisation des échanges de documents entre les bibliothèques publiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles »

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Cette semaine, Lettres Numériques s’est penché sur Samarcande, une initiative du Service de Lecture Publique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui permet à l’internaute d’interroger l’ensemble des catalogues collectifs des bibliothèques publiques, mais pas seulement ! Pour en savoir plus, nous avons rencontré Dominique Figa, responsable de cette interface documentaire mise au point en octobre 2011.

Samarcande, kézako ?

Samarcande (Système automatisé mutuel d’accès au réseau des catalogues d’articles et de notices documentaires échangeables) s’inscrit dans une démarche du Service de Lecture Publique avec d’autres projets comme Lirtuel, Eurekoi ou encore Périoclic, autant d’initiatives complémentaires qui favorisent l’accès aux ressources documentaires en Fédération Wallonie-Bruxelles. Dominique Figa nous explique : « il s’agit d’une interface documentaire qui propose deux applications ; d’un côté, une interface dite grand public pour l’utilisateur lambda et de l’autre un outil professionnel de gestion destiné aux bibliothèques. »

Mais concrètement, comment cela fonctionne ? « Pour l’utilisateur lambda, il suffit de se créer un compte sur Samarcande et de choisir la bibliothèque dans laquelle il souhaite aller retirer les documents qu’il réserve via l’interface » explique Dominique Figa. « Avec Samarcande, le lecteur attaché à une bibliothèque publique peut gérer son compte, ses prêts grâce à un système de mails d’alerte à chacune des étapes de la commande, localiser les ouvrages qui l’intéressent, entrer une demande de document pour le service de prêt interbibliothèques, conserver ses précédentes recherches, déposer une évaluation et des commentaires sur les notices des ouvrages ainsi qu’y ajouter des mots-clés. » À noter que Samarcande est en outre alimenté en contenu social par Libfly et Babelio. Non seulement le lecteur ne doit pas se déplacer pour effectuer ses recherches (sauf s’il choisit de se rendre en bibliothèque pour accéder à l’interface) mais il peut en plus accéder à un catalogue collectif fourni qui comptabilise à l’heure actuelle 2 434 921 livres, 105 989 articles de revues, 4370 audiovisuels et 573 revues qu’ils peuvent commander afin qu’on les livre dans sa bibliothèque.

Samarcande, un outil de gestion qui facilite le travail des bibliothécaires

« En plus des possibilités offertes au lecteur lambda, Samarcande constitue un outil précieux pour les bibliothèques qui leur permet, via une seconde interface, dite professionnelle, de gérer dans un tableau de bord leurs prêts et leurs lecteurs (anciens et nouveaux) ainsi que de commander au nom de ces lecteurs » poursuit Dominique Figa. Le système envoie en sus des alertes mails pour notifier aux bibliothécaires les événements requérant leur attention.

De manière générale, Samarcande offre une meilleure visibilité aux bibliothèques publiques qui appartiennent à des catalogues collectifs. Madame Figa insiste également sur le fait que « l’outil permet d’orienter des choix d’acquisition et d’élagage puisque, grâce à la mise en commun des ressources documentaires, les bibliothèques ont la possibilité d’avoir une vue d’ensemble des ouvrages disponibles ailleurs ». Enfin, Samarcande a pour objectif d’inviter les bibliothèques à rejoindre les catalogues collectifs. Les bibliothèques publiques reconnues par la Fédération Wallonie-Bruxelles ne font actuellement pas toutes parties du projet. Sont présents sur Samarcande les catalogues de la région de Bruxelles ainsi que des provinces du Luxembourg, Namur, Hainaut, Liège, du Brabant-Wallon et du réseau de bibliothèques de Waimes-Malmédy, soit environ 350 bibliothèques.

Selon Dominique Figa, le numérique permet de relever plus facilement des statistiques d’usages, de tracer le parcours des livres dans le prêt inter-bibliothèques (tant pour le bibliothécaire que pour le grand public) et d’uniformiser les échanges entre bibliothèques. « L’outil de gestion Samarcande va par exemple être systématiquement utilisé pour les prêts interprovinciaux. Cela permet une réelle simplification du processus ! »

Schéma technique expliqué dans l’étude sur le livre numérique dans les bibliothèques de la Fédération Wallonie-Bruxelles réalisée en 2013 (p.18)

Les évolutions de Samarcande

« En 2014, nous nous sommes avant tout focalisés sur l’interface professionnelle en travaillant sur l’amélioration de la gestion des prêts interbibliothèques. Les bibliothèques restent donc à la manœuvre et peuvent ainsi accepter ou refuser les demandes de prêts qui leur sont envoyées et même réorienter des demandes » explique Dominique Figa. Elle ajoute : « Plusieurs séances de formation destinées aux bibliothécaires ont été organisées un peu partout en Belgique et des outils de formation ont été mis en place comme par exemple un guide d’utilisation, des  tutoriels vidéos, etc. » Du côté de l’interface grand public, il n’y a pas eu de grandes évolutions mais ont quand même été peaufinés le tableau de bord et les messages reçus par les usagers. 2014 a aussi vu la création d’une rubrique « aide » qui reprend une série de questions-réponses pour aider l’utilisateur à mieux appréhender l’outil. Le service de recommandation de lectures par rapport à un titre que le lecteur a aimé constitue également un ajout récent particulièrement apprécié…

« Dans les prochains mois, nous avons pour objectif de travailler sur la communication et la médiation numérique de Samarcande. Nous souhaitons également intégrer au catalogue les recensions de la revue Lectures et améliorer l’ergonomie du site pour une meilleure visibilité, attractivité, rétention et accessibilité. » Tout un programme pour Samarcande, projet qui, selon une étude de l’Ecole nationale des Sciences de l’information et des bibliothèques (ENSSIB ; France)  figure parmi les 10 interfaces documentaires les plus innovantes en Francophonie !

Retrouvez l’étude réalisée par l’ENSSIB ici (p.73)

Et pour les aspects plus techniques du projet Samarcande, c’est par ici (p.18)

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Quand numérique rime avec écologique… Ou presque

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Si la liseuse et les livres numériques s’imposent chaque jour un peu plus dans notre société et dans nos usages, le débat entre livre papier et ebook divise encore et toujours. Et si certains avantages du numérique sont indéniables (la possibilité de stocker des dizaines de livres en un seul endroit, l’accessibilité immédiate des ebooks, la mise à jour du contenu plus facile pour les éditeurs, etc.), d’autres aspects méritent une réflexion plus poussée. Cette semaine, Lettres Numériques se penche sur l’impact écologique du numérique et sur le nouveau projet de Bookeen : une liseuse rechargeable grâce à l’énergie solaire.

Le numérique, plus écologique ?

De prime abord, il serait facile de penser que le livre numérique engendre moins de pollution que le livre papier : alors qu’un livre nécessite des impressions, des réimpressions, parfois même des surplus de stock dont il faut se débarrasser, il vous suffit d’une seule liseuse pour pouvoir stocker des dizaines (voire des centaines) d’ebooks. C’est malheureusement au niveau de la fabrication des liseuses que le bât blesse. En effet, selon une étude réalisée au début de l’année 2015 par CustomMade, les matériaux nécessaires à la fabrication d’un support de lecture électronique ainsi que le processus de fabrication lui-même dépassent de loin la pollution impliquée dans la production d’un livre papier.

Autre aspect négatif : la production des supports électroniques se faisant généralement à l’étranger, il faut également prendre en compte leur transport jusque chez nous. Sur ce point toutefois, le livre papier ne se positionne pas forcément mieux selon la façon dont il a été acheté.

Pas de panique cependant : malgré ces données quelque peu alarmantes, et toujours selon cette même étude, il est possible de compenser l’empreinte carbone d’une liseuse en un an de lecture assidue sur le support, en n’achetant toutefois pas de livre papier en parallèle. Autre avantage de la lecture numérique : il est possible de lire le soir sans devoir allumer de lampe.

Pour résumer, la différence écologique entre papier et numérique est difficile à établir : si certains aspects de la fabrication et de l’utilisation des supports électroniques engendrent une pollution conséquente, la papier n’est pas irréprochable non plus. Beaucoup de facteurs variables sont à prendre en compte.

Les fabricants de liseuses ne restent toutefois pas de marbre face au problème, comme le prouve le dernier projet en date de Bookeen.

L’énergie solaire à la rescousse

L’un des plus gros avantages des liseuses réside dans leur autonomie de batterie. En effet, la technologie de l’encre électronique demande beaucoup moins d’énergie que d’autres types d’écrans (LCD notamment).

En mars 2015, Bookeen, l’un des leaders européens en matière de liseuses électroniques, a annoncé la sortie prochaine d’une liseuse rechargeable grâce à l’énergie solaire et lumineuse. La création de cette liseuse a été rendue possible grâce à un partenariat avec Sunpartner Technologies, société spécialisée dans les nouvelles formes d’énergie, et à la mise en place de la technologie Wysips®. La sortie de cette liseuse est prévue pour l’année 2016.

Selon Ludovic Deblois, CEO de Sunpartner Technologies, « cette nouvelle collaboration avec un pionnier « French Tech » comme Bookeen sur le marché des solutions de lecture numérique démontre un nouvel apport concret de notre innovation Wysips® aux utilisateurs d’appareils nomades et objets connectés. »

Michaël Dahan, CEO de Bookeen, souligne quant à lui la belle occasion que représente ce partenariat de deux sociétés françaises de proposer une solution à la fois innovante et créative.

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Accompagner les auteurs vers l’(auto-)édition

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CLéA, un joli nom de femme pour un chaînon manquant

La Compagnie de Lecteurs et d’Auteurs, l’ASBL CLéA, a pour vocation d’effectuer un travail de relecture critique et formatrice auprès des auteurs. Tout est parti d’un constat :  « vous faites un tableau, vous l’exposez dans votre salon, et les commentaires jaillissent spontanément. Vous écrivez un texte et le laissez traîner sur la table basse, vous pouvez toujours espérer un avis…» relève Laurence Ortega, co-fondatrice de CLéA. Depuis trois ans, CLéA forme donc des lecteurs à ce travail pré-éditorial de relecture et offre aux auteurs (en herbe) un défrichage de leur oeuvre par trois perspectives de lecteurs inconnus… le tout bénévolement.

Ce qui a changé au fil de ces trois années, c’est le regard que les éditeurs posent sur l’initiative. Laurence Ortegat raconte : « j’approche les éditeurs à la Foire du Livre et je leur demande s’ils souhaitent que je leur transmette ce que nos lecteurs ont trouvé prêt à être publié, soit un petit dixième des 62 manuscrits reçus. Et je sens qu’au fil des ans, les éditeurs mesurent de plus en plus ce que nous pouvons leur apporter : d’une part, des auteurs curieux des remarques et soucieux de se remettre en question ; d’autre part, un manuscrit qui est passé sous le regard croisé de trois lecteurs formés à la méthodologie de CLéA, à sa grille de lecture critique. » Cette triple perspective informée, en amont du travail éditorial, est une première dans nos régions.

Les lecteurs de CLéA apprennent en deux jours de formation à mettre le doigt sur ce qu’un texte leur fait sentir puis, en remontant ce ressenti, à décortiquer les mécanismes qui donnent cet effet. Parmi les lecteurs de CLéA, on trouve trois catégories, selon l’avis de Laurence Ortegat : ceux qui font ça par pur plaisir et choisissent de relire les manuscrits qui les amusent ; ceux qui font ça par altruisme et choisissent un manuscrit afin de donner un coup de main à son auteur ; ceux qui font ça pour se frotter à un texte inconnu et en apprendre. « Leur capacité de relire progresse, et ainsi ils sont mieux à même de repérer les mécanismes à l’œuvre chez les autres et… chez eux! » En effet, 70% des lecteurs de CLéA écrivent eux-mêmes par ailleurs.

Au vu de ce chiffre, on comprendra aisément que CLéA organise courant octobre deux soirées sur l’édition. Le premier volet éclairera les aspirants à l’édition sur ses réalités : les longs cycles derrière l’arrivée d’un livre sur les rayonnages d’une librairie, le nombre de manuscrits qui atterrissent sur les bureaux des éditeurs, les montants des droits d’auteur… entre autres. Le deuxième volet présentera les alternatives à l’édition y compris l’auto-édition. Laurence Ortegat l’apparente aux « parcours d’artistes où les curieux du village, du village d’à côté peut-être aussi, passent voir votre œuvre. Ce n’est pas accrocher ses tableaux dans une galerie en plein milieu de l’Avenue Louise, certes, mais c’est déjà avoir un public et lui partager sa passion. » Et Laurence Ortegat de pointer le numérique comme un espace à explorer. Là, l’auteur récupère plus vite sa mise et multiplie ses chances d’être lu. « Il y a du potentiel pour se diffuser sans prendre un risque financier excessif », et elle cite des formules glanées sur la toile, qui offrent de réaliser un ebook pour 120 euros. Il peut s’agir d’un livre en numérique, il peut s’agir également d’un espace sur la toile. « Un poète me dit avoir 3000 visiteurs par jour sur sa page Facebook. Je lui conseille de s’en réjouir, et de s’en contenter, parce qu’imprimer et vendre de la poésie, c’est vraiment une autre paire de manches! ».

Numérique ou papier, la question ne se pose pas tellement à CLéA : un regard extérieur sur le contenu reste le bienvenu. C’est toujours une histoire de mots et, en ce qui concerne CLéA, d’apprendre à les relire, ces mots.

Source photo : consoglobe.com

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Les matinées numériques du CJLBxl

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Le Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles organise en 2015 plusieurs matinées, de 9h à 12h, autour du thème du numérique. Voici les prochaines rencontres qui pourraient vous permettre d’approfondir vos connaissances sur le sujet.

Mercredi 20 mai 2015 – La lecture numérique peut-elle être transgressive ?

Euriell Gobbé-Mévellec, Maître de conférences ESPE Toulouse Midi-Pyrénées – Laboratoire LLA-CREATIS

En quoi les contraintes liées au format électronique, ou encore les problèmes de codage peuvent avoir un impact sur la lecture numérique ? Ces limites permettent-elles finalement au lecteur de découvrir ces nouveaux supports de lecture en se détachant progressivement du format papier ? L’intervention d’Euriell Gobbé-Mévellec, ainsi qu’une séance de manipulation de quelques applications, tenteront de répondre à ces problématiques.

Jeudi 4 juin 2015 – Pratiques et usages en bibliothèque + Bibapps.com

Au cours de cette matinée numérique, vous pourrez vous familiariser avec la plateforme Bibapps qui répertorie des applications dédiées à la jeunesse. Cette rencontre permettra de comprendre le rôle du numérique auprès d’un très jeune public. La Petite Bibliothèque Ronde, ainsi que Roxane Partouns et Cynthia Empain, toutes deux bibliothécaires, se réuniront autour d’une table ronde pour partager leurs expériences sur les pratiques numériques novatrices. Enfin, vous pourrez obtenir des conseils concernant la manipulation des supports électroniques grâce à l’intervention de la PBR.

Jeudi 17 septembre 2015 – La création numérique jeunesse : denrée bientôt rare ?

Séverine Lebrun, Co responsable de OHO !, Observatoire des univers culturels des enfants et des adolescents

Alors que le secteur de la littérature jeunesse laissait présager une belle réussite en numérique, le marché n’a pas obtenu, cinq ans après l’apparition des premières tablettes, le succès attendu. Séverine Lebrun présentera les pratiques plurimédia des enfants et des adolescents, ainsi qu’un panorama des nouvelles applications. Une manipulation sur supports numériques sera également organisée.

Vendredi 2 octobre 2015 - Bleu de toi, l’application de Dominque Maes et les originaux inédits

Venez découvrir au cours de cette matinée numérique, et en compagnie de son auteur, les étapes successives qui ont mené à la création et la parution de l’application Bleu de toi. Les originaux hors format seront exposés pour l’occasion.

Jeudi 19 novembre 2015 – Pop-up numérique : même combat

Avec Éléonore Hamaide-Jager, Maître de conférences en littérature pour la jeunesse à l’université d’Artois

Au cours de cette rencontre Éléonore Hamaide-Jager comparera la lecture du livre pop-up à celle du livre numérique. Cette matinée permettra de faire le bilan sur l’avancement de la recherche en ce qui concerne la lecture sur supports électroniques.

Pour participer à l’une ou plusieurs de ces matinées numériques, n’oubliez pas de vous inscrire via le site www.cljbxl.be ou par téléphone au 0475 66 48 19.

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