Les partitions numériques, la révolution est en marche

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Il y a deux ans, l’Orchestre philharmonique de Bruxelles était présenté à la presse comme étant le premier orchestre philharmonique du monde à être passé aux partitions numériques. Dans les faits, l’expérience s’était révélée être un coup d’essai (concluant) mais était également l’occasion de mettre en évidence les difficultés et possibilités d’innovations du mariage de la musique et du numérique.

Les partitions numériques sont un sujet que nous n’avons pas encore beaucoup abordé dans les Lettres numériques. Pourtant, le marché de l’édition numérique de partitions existe, est en pleine évolution et au cœur de nombreuses recherches et innovations. Nous avons également découvert que de nombreux Belges faisaient partie des pionniers du domaine. Nous vous proposons donc une petite introduction au sujet.

L’expérience menée en 2012 par le Brussels philharmonic ne s’est pas arrêtée en si bon chemin puisqu’au mois de novembre prochain vont être mises en place une série d’innovations proposées par la start up belge en charge du projet, NeoScores. D’ici là, on vous invite à regarder la vidéo réalisée à l’époque. Dans la vidéo, on n’échappe pas au petit côté « publicité pour la tablette de Samsung », mais le résultat n’en est pas moins impressionnant et surtout, Bart Van Der Roost, CEO chez NeoScores, insiste sur le fait que pour la suite, ils ne veulent être liés à aucun fabricant. Ainsi, les expériences qui vont être dévoilées prochainement seront exploitables sur tous les supports numériques, peu importe la marque.

Les avantages des partitions numériques

Le papier est en soi un matériau formidable, les partitions peuvent y être annotées, photocopiées, recollées les unes aux autres… Jusqu’il y a peu, il était difficile de faire plus pratique.

Aujourd’hui, avec le concours d’amateurs de musique et de numérique, on se rapproche peu à peu de la facilité d’utilisation des versions papier mais on y ajoute également un grand nombre d’avantages.

Les partitions numériques peuvent donc être :

  • composées et modifiées à partir d’un instrument midi ou même d’une tablette ;
  • affichées de différentes manières ;
  • jouées par le lecteur numérique mais aussi servir d’accompagnement ;
  • tournées ou défilées automatiquement par le biais d’une pédale ou avec des dispositifs mis en place avec les tablettes ;
  • annotées ;
  • zoomées ;
  • partagées, promptées grâce à un curseur qui indique à quel endroit on se trouve sur la partition ;
  • colorisées ;
  • transposées automatiquement dans une autre tonalité ;
  • imprimées,…
  • et enfin, les partitions numériques permettent de réaliser de grosses économies financières. Le Brussels philharmonic parlait d’une économie de près de 20 000 euros par an.

Innovations dans le domaine

Le marché des partitions numériques est en pleine évolution. On a par exemple découvert qu’un brevet avait été déposé concernant la possibilité de tourner les pages sans les mains, non pas avec une pédale (ce qui existe déjà aussi mais se révèle assez cher), mais plutot avec la caméra frontale de la tablette et une simple rotation de la tête ! Plus d’infos sur un blog dédié à l’édition musicale numérique : www.partitionnumerique.com

Quelques sites intéressants

De nombreux sites  fleurissent sur le net pour proposer des infos, des partitions gratuites, partitions augmentées, « partitions accompagnantes » :

Weezic a mis sur pied des partitions augmentées avec lesquelles les possibilités sont immenses. Il est possible par exemple de paramétrer un orchestre dans la partition et d’ensuite retirer un instrument. Le musicien peut alors jouer la partition avec l’accompagnement des autres instruments joués par la tablette. On peut même activer un mode évaluation grâce auquel sont indiquées sur la partition les erreurs de rythme et de justesse. Le tout est expliqué grâce à  des tutoriels que l’on retrouve sur internet.

MuseScore c’est donc un logiciel gratuit et open source pour Windows, Mac et Linux. On peut y créer des partitions, jouer et imprimer gratuitement des partitions partagées. Le logiciel compte actuellement plus de 100 000 téléchargements par mois et environ une centaine de contributeurs. On y trouve toutes sortes de partitions : du dernier tube de « Cats on trees » à Chostakovitch… l’offre est assez étendue.

Si vous connaissez des choses intéressantes en ce qui concerne le sujet de l’édition musicale numérique, n’hésitez pas à envoyer un mail à vd4anna@gmail.com.

Dans le prochain épisode, on vous parlera de la sortie de l’iTunes des partitions musicales.

V. D’Anna

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Big reader is watching you

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Les lecteurs numériques laissent des traces. Les distributeurs et concepteurs de support de lecture peuvent interpréter ces données, ces «big data». Pour le plus grand bénéfice des éditeurs ? des auteurs ? des lecteurs ?

Lorsqu’un ami sort un livre de sa bibliothèque pour vous le prêter, sans doute y trouverez-vous quelques indications de sa lecture : à quelles pages le livre s’ouvre-t-il de lui-même ? Quels coins ont été cornés ? Quels paragraphes annotés ? Autant d’informations donc, à lire entre les lignes et qui restent entre lui, le livre et vous. Pas un mot ne filtre, ni à l’auteur, ni à l’éditeur…

Au temps des seuls livres-papiers, les auteurs et les éditeurs pouvaient mesurer l’intérêt qu’avait soulevé une œuvre auprès de son public au nombre de ventes, voire, pour les ouvrages les plus attendus, aux critiques qui paraissaient. Les chiffres des ventes, cependant, peuvent être influencés par des facteurs autres que la nature de l’œuvre : la réputation qui précède un auteur, ou le sujet d’un livre et sa résonance dans l’actualité par exemple. Les ventes ne disent donc pas tout de la perception du lectorat. Les critiques aussi sont, la plupart du temps, rédigées par les plus experts parmi les lecteurs. Bref, obtenir des données significatives sur la réception d’une œuvre par l’ensemble de ses lecteurs reste un exercice périlleux… en tous cas, quand il s’agit d’un livre en papier.

Avec l’arrivée des livres numériques, la donne change. Alexandra Alter, pour le Wall Street Journal, explique déjà en 2012 que «your E-Book is reading you». En effet, les applications de lecture telles le Nook de Barnes & Noble ou le Kindle d’Amazon savent très bien combien de temps un lecteur consacre à sa lecture. Aussi, avez-vous déjà remarqué, sur Kindle, cette note signalant combien de lecteurs avant vous ont sélectionné ce passage ? Barnes & Noble apprend aussi de son Kobo ce que font la plupart des lecteurs, après avoir lu le premier tome de Hunger Games : télécharger le suivant. Ce genre de données, Barnes & Noble les utilise peu à peu pour proposer, avec les éditeurs, des textes qui répondent aux préférences des lecteurs. Par exemple, l’analyse des données laissées par les lecteurs révèlent qu’ils ont tendance à abandonner en cours de route les ouvrages longs et non fictionnels. D’où le lancement par Barnes & Noble des «Nook Snaps», textes informatifs et à la longueur digeste.

Des start-ups se lancent dans la course aux données : Copia est une plate-forme de lecture digitale qui compte plusieurs dizaines de milliers d’inscrits. Elle rassemble diverses informations sur ses lecteurs – leur âge, leur façon de lire tel titre – et les partage avec les éditeurs, explique Alexandra Alter. Scribd et Oyster collectent et analysent aussi les données de leurs abonnés – c’est-à-dire de ceux qui s’acquittent un montant mensuel fixe et relativement peu élevé pour avoir accès à tout un choix de titres. Coliloquy, dont nous parlions ici il y a de cela quelques mois, a pour credo de laisser les lecteurs et les habitudes inspirer les auteurs. Au passage, Alexandra Alter mentionne que Coliloquy a développé son software à partir d’un programme de données d’Amazon permettant à une société tierce de développer du contenu interactif pour Kindle.

Bref, la collecte, l’analyse et l’exploitation de ces données peuvent bousculer quelque peu les pratiques de lecture, d’écriture et de publication : des start-ups apparaissent, telles Oyster et Scribd, qui s’intéressent à la fois aux livres que les lecteurs lisent et aux lecteurs que les livres lisent. Les éditeurs, eux, sont certainement curieux de connaître finalement la façon qu’ont les lecteurs de lire et d’apprécier ce que leurs maisons d’édition vendent. On comprend aussi qu’un auteur ait envie de connaître les attentes de ses lecteurs, et qu’il ait à coeur de leur plaire… Seulement, ses lecteurs auraient-il pu imaginer Kafka ? Ou la force de celui-ci a-t-elle été, justement, de les surprendre ? Aussi, que dit la loi de ces livres qui se mettent à  lire leurs lecteurs ? Suite au prochain numéro…

Crédit photo: ebookee.org

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Données et journalisme mobile

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L’Amérique latine, eldorado des livres numériques ?

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Internet y est (de plus en plus) présent, les dispositifs de lecture mobile sont en train de conquérir le continent. L’heure de gloire du livre numérique à travers l’Amérique latine est-elle arrivée ?


Le continent a de quoi faire rêver les éditeurs numériques : il est grand ; une majorité des pays du continent parle une même langue, l’espagnol ; toute une partie de la population a aujourd’hui plus facilement accès à internet qu’à une bibliothèque ou à une librairie, géographie oblige. Le tout est d’approcher ce marché avec un œil neuf, sans le voir comme une prolongation des marchés américain ou espagnol. La tentation est grande pourtant : chez le voisin du Nord, 15% des 50 millions d’hispanophones* disposeraient d’un e-reader ; et le marché espagnol est mature et hispanophone comme nombre des pays sud-américains. Et pourtant… pas si vite: Random House Mondadori, une maison d’édition de Barcelone très présente sur le marché sud-américain en 2013, explique par exemple que les livres de développement personnel marchent très bien au Mexique, beaucoup moins bien en Espagne. Au Mexique toujours, le thème de la drogue accroche les lecteurs. Le genre de la chronique est populaire à travers tout le continent, tandis que l’Argentine trouve la littérature particulièrement à son goût… Une approche toutes en nuances est donc de mise, tant côté contenus que côté ventes, paiement et distribution. Une approche qui tienne rigoureusement compte des réalités de ces pays est indispensable aussi : le Mexique et le Brésil sont parmi les pays les plus connectés du continent. Or, selon CNET, seuls 45,1% des Mexicains ont accès à Internet… Il n’empêche, le Mexique comme le Brésil attirent, dans leur langue respective.

Pedro Huerta, le directeur pour le contenu Kindle en Amérique latine, rappelle que le Mexique partage avec une frontière avec les États-Unis, ce qui facilite les échanges culturels. Il met en évidence également l’appétence naturelle des Mexicains pour les technologies nouvelles. C’est ainsi qu’il y a un tout petit peu plus d’un an, en août 2013, Amazon s’est lancé au Mexique. Au moment du lancement, le catalogue comptait quelques 70 000 titres en espagnol. Le géant américain vend ses Kindle dans les magasins «Gandhi» et offre  la possibilité aux auteurs mexicains de recourir au Kindle Direct Publishing. Notons au passage qu’Amazon a également mis au point une offre de titres en langues mexicaines indigènes.

Le Brésil a vu arriver quasi en même temps, le même jour de décembre 2012, Amazon, Google et Kobo. On comprend ces multinationales : en 2013, l’e-commerce a cru de 28% au Brésil, pour atteindre 12.2 milliards de dollars. Cette même année, on y a vendu 2.5 millions d’e-books. En février 2014, Publishing Perspectives contraste les fortunes respectives de ces aventureuses multinationales : Amazon serait en tête avec, en 2013, 40% des parts de marché, 30% peut-être plus probablement. En route, du coup, pour le défi suivant : la vente de livres physiques, dans ce pays à l’infrastructure pleine de surprises! Affaire à suivre…

Wesley Lynch, de Snapplify, une société sud-africaine dans l’édition, rappelle clairement, dans les pages de Publishing Perspectives, que ceux qui se lancent à l’assaut du marché sud-américain ont tout intérêt à prendre en compte les réalités des clients locaux : paient-ils facilement par carte sur des sites internationaux par exemple ? Sur quel(s) support (s) préféreront-ils/pourront-ils lire, vu la pénétration d’internet ? Autant de questions pratiques qui, sans doute, jouent une grande part dans le succès d’une multinationale sur ce nouveau théâtre d’opérations…

Crédit photo: tv5monde.org

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Focus sur la Colombie

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Quelle répartition des revenus des applications pour Google et Apple ?

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Le marché des applications pour smartphones et tablettes ne cesse de prendre de l’ampleur. Des acteurs comme Google et Apple se positionnent de manière significative. Une étude récente du cabinet IDC (International Data Corporation) et du service App Annie fait le point sur les revenus générés par les applications pour les revendeurs et développeurs et dresse un panorama des dépenses des utilisateurs dans les différents domaines applicatifs.

D’après le rapport présenté par App Annie, les dépenses sont en hausse sur Google Play puisqu’elles ont été multipliées par quatre en 2013, soit un total d’environ 140 millions de dollars. Le géant californien aurait donc plus que doublé son chiffre d’affaires en un an (x 2,4). Le pourcentage du nombre d’applications téléchargées serait passé de 35% pour la fin de l’année 2013 à 45% durant les trois premiers mois de 2014. Il s’agit avant tout de téléchargements d’applications gratuites ou freemium. Cette hausse des dépenses sur le Google Play store s’explique notamment par le fait que les smartphones de type Android se vendent beaucoup plus que l’iPhone dans certains pays où les moyens financiers sont limités. Aujourd’hui, Google Play propose près de 1,5 millions d’applications dont 200 000 qui ont fait leur apparition durant ces six derniers mois. Les pays friands de ces applications sont les États-Unis, le Brésil, la Russie, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, l’Allemagne et le Royaume uni.

Même si le Google Play Store semble bien se porter, ce dernier reste cependant nettement devancé par l’App Store qui génère quant à lui 85% de revenus supplémentaires, un chiffre d’affaires presque deux fois supérieur à celui de Google, soit environ 210 millions de dollars. Avec un total de 75 milliards de téléchargements cumulés, Apple apparait donc comme la principale source de revenus pour les développeurs. Le mois de juillet a d’ailleurs été un mois record pour la boutique en ligne qui a également annoncé une croissance de 12% pour iTunes avec un total de 4,5 millions de dollars de revenus, une hausse due en partie à l’App Store.

Les rapports chiffrés de l’IDC et du service App Annie présentent également les domaines applicatifs les plus plébiscités par les utilisateurs. Le jeu mobile est en tête puisqu’il représente 90% des applications téléchargées sur le Google Play, soit une hausse de 10% comparé au premier trimestre 2013, contre seulement 75% pour l’App Store. Les domaines en hausse ces derniers mois concernent les applications de réseaux sociaux, de musique et de messagerie instantanée.

Gaëlle Noëson

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Frankfurt Book Fair : les conférences à ne pas manquer

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Du 8 au 12 octobre 2014, la Foire du livre de Francfort, le plus grand salon professionnel du monde de l’édition depuis 1976, ouvre ses portes. Plus de 7300 exposants de plus de 100 pays y seront présents et 3700 événements vous y attendent. Parmi les rendez-vous à ne pas manquer, les « CEO Talks » et la conférence concernant l’édition éducative.

Du mercredi au vendredi se tiendront dans le Business Club de la Foire du Livre de Francfort (Hall 4) les « CEO Talks », une série de trois  rencontres durant lesquelles des dirigeants de grands groupes d’édition internationaux partageront leurs expériences. Tous trois feront le point sur les marchés émergents, la mondialisation de l’industrie du livre, les stratégies en termes d’édition numérique et l’arrivée de nouveaux acteurs dans le domaine. L’innovation sera le maître mot de ces rencontres initiées par cinq grandes revues professionnelles (Livres Hebdo, The Bookseller, Buchreport, PublishNews Brazil et Publishers Weekly). Voici le programme détaillé :

Mercredi 8 octobre : innovation à l’échelle mondiale ; l’exemple de HarperCollins (Brian Murray, CEO), maison d’édition traditionnelle transformée en maison d’édition à la fois papier et numérique (Business Club, Hall 4.0, salle Europa, de 14h00 à 15h30).

Jeudi 9 octobre : le cadre d’apprentissage et le livre de demain ; l’exemple du Brésil et du groupe Saraiva (Michel Levy, CEO et Mauricio Fanganiello, directeur général), la plus grande chaine brésilienne de librairies qui compte aujourd’hui une importante plateforme d’ebooks et qui couvre divers secteurs du domaine éducatif (Business Club, Hall 4.0, salle Europa, de 14h00 à 15h00).

Vendredi 10 octobre : l’édition à la vitesse de la Silicon Valley ; le programme d’action numérique du groupe Axel Springer (Christoph Keese, vice-président exécutif), grand groupe de presse européen ayant effectué le passage de l’édition papier à l’édition numérique (Business Club, Hall 4.2, salle Dimension, de 12h00 à 13h00).

Le 10 octobre se tiendra également une conférence à propos de l’édition éducative qui abordera les nouvelles manières d’enseigner et de répondre aux besoins et demandes actuelles en matière d’éducation (Business Club, Hall 4.2., salle Dimension, de 14h30 à 17h30).

Pour plus d’infos sur le programme des conférences et les intervenants, rendez-vous ici et sur le site de la Foire du Livre de Francfort.

Gaëlle Noëson

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Booktubers, un phénomène qui séduit

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Les booktubers font connaître des livres via des vidéos Youtube à un public enthousiaste. Cette nouvelle génération de critiques a-t-elle déjà voix au chapitre auprès des auteurs et des éditeurs?


Ils ne bloguent pas, ils vloguent plutôt : ils (ou elles souvent) réalisent des vidéos autour d’un livre. Ce sont des jeunes, souvent, mais pas seulement. Et s’ils aiment Harry Potter et la littérature jeunesse, leurs goûts sont éclectiques et les analyses, la plupart du temps, de qualité. Une communauté se crée autour d’eux, en tous cas de ceux qui s’y prennent le mieux. Ces aficionados se lancent des défis (30 livres en 30 jours, cap ou pas cap?), recommandent des titres, partagent leurs coups de coeur et leurs coups de griffe. Intuitivement, les booktubers rassemblent dans leurs vidéos quelques éléments bien dans l’air du temps : l’enthousiasme d’une communauté ; le partage d’expérience ; la dimension visuelle.

«Booktuber», une contraction de «book» et de «tube» pour «Youtube», est entré dans le vocabulaire depuis certainement 2009. Et le mouvement continue à prendre de l’ampleur : les quatre plus grands booktubers totalisent ensemble  200 000 abonnés et leurs vidéos comptent douze millions de vues. Ils sont souvent anglophones ou hispanophones : les booktubers se retrouvent au Mexique, en Espagne – entre 20000 et 50000 quand même – et en Argentine – où ils sont dix fois moins nombreux qu’en Espagne mais se multiplient. Penguin Random House suit ces développements de près et s’attend à ce que les booktubers fassent la différence sur le marché argentin. La très sérieuse London Book Fair a d’ailleurs tenu un séminaire sur le sujet lors de son édition d’avril 2014. Si vous voulez apprendre comment donner un public à vos vidéos de booktubers (et beaucoup d’autres choses encore), rendez-vous donc sur hotkeyblog.com : vous y trouverez un compte-rendu et une vidéo de ce séminaire.

Tout le monde peut produire une vidéo à partir de son ordinateur. Mais tout le monde ne peut pas produire une vidéo de bonne qualité, agréable à regarder d’un bout à l’autre.   Question de capacités mais aussi de moyens : une bonne vidéo, à la différence d’un bon post de blog, peut exiger d’avoir du matériel plus perfectionné et coûteux que la moyenne. Aussi, quelques-uns seulement investissent à long terme le temps, l’attention et l’enthousiasme nécessaires pour fédérer une communauté avec laquelle ils interagissent. Ce seront ceux-là, sans doute, qui retiendront l’attention des maisons d’édition. Peut-être seraient-elles prêtes à fournir à ces critiques nouvelle génération quelques pages à se mettre sous la dent… L’avantage est double : tout d’abord, les livres qu’elles publient gagneraient une nouvelle visibilité auprès d’un public de jeunes et fervents amateurs. De plus, les maisons d’édition atteindraient le Graal, c’est-à-dire des informations sur ce que les lecteurs aiment, n’aiment pas et pourquoi. Cerise sur le gâteau, ces informations leur arriveraient sous forme de vidéos brèves et distrayantes ! Affaire à suivre donc, nous connaissons déjà des Garance Doré, Sartorialist et autres blogs lifestyle qui deviennent des arbitres du bon goût et du style, et, parfois, parviennent à en vivre ! Verra-t-on une approche similaire s’appliquer aux livres ?

Les booktubers sont légion dans les pays anglo-saxons et hispanophones. En revanche, les francophones se font rares, les Belges encore plus : auriez-vous l’envie de relever le défi ?

Ailleurs sur la toile

Le guide du débutant pour booktubers et aficionados, avec une sélection de vidéos idéale pour entrer dans le vif du sujet!

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Samuel Petit : « Sequencity, une plateforme qui réintroduit la recommandation et valorise le rôle du libraire »

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À l’occasion du lancement par Actialuna de Sequencity, nouvelle plateforme dédiée à la BD, nous avons rencontré Samuel Petit pour en savoir plus sur ce système innovant de lecture et d’achat de bandes dessinées en ligne. Une question à poser ? Un conseil de lecture à recevoir ? Bienvenue dans la cité des libraires !

Comment est né le projet de Sequencity ? Quelle en est la genèse ?

Je ne suis pas nouveau dans le monde de la BD puisque mon parcours a débuté dans une petite maison d’édition de bandes dessinées appelée Tanibis. À l’époque, nous avions entamé une réflexion à propos du concept d’image animée mais avions peu de moyens financiers. Aujourd’hui, j’ai quitté Tanibis et, grâce à une subvention et au soutien de deux partenaires non-financiers, Casterman et Viz Media, je me suis lancé avec d’autres passionnés du domaine de la BD dans le projet Sequencity. Après avoir énormément échangé avec les éditeurs et les libraires, nous nous sommes dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine de la recommandation de contenus en numérique.

Quelle est la valeur ajoutée de Sequencity par rapport aux plateformes traditionnelles type Amazon, Apple et Fnac ? Quelles sont ses spécificités ?

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à deux paradigmes, celui des systèmes « verticaux » où les lecteurs trouvent les livres via des librairies sans libraire du type Google, Amazon, Fnac, etc. et celui des systèmes « marque blanche » tels que ePagine, Numilog, Izneo, etc., où les libraires peuvent vendre en numérique. Cependant, dans le paradigme de la librairie physique, c’est la zone de chalandise qui importe. Via les moteurs de recherche, il est rare d’effectuer une recherche par le nom du libraire. Vous aurez plutôt tendance à taper le titre ou l’auteur du livre et à tomber sur les sites qui sont puissants au niveau du référencement comme Apple et Amazon. Admettons que l’on fasse une recherche à partir du nom du libraire : vous allez voir son site puis vous regardez s’il propose une offre numérique. Si c’est le cas, vous vous assurez que les fichiers sont compatibles avec votre support de lecture, créez un compte, sélectionnez le titre souhaité puis procédez finalement au paiement. Cela ne marchera jamais car il y a trop d’étapes. C’est la raison pour laquelle les lecteurs numériques ont tendance à se tourner vers les systèmes verticaux car ils sont plus ergonomiques et plus rapides. Sequencity a donc choisi de recourir au principe du système vertical, facile à promouvoir, pour y réintroduire la sensibilité, le dialogue et l’ambiance propres aux librairies physiques.

Comment fonctionne concrètement Sequencity ?

La cité des libraires est une application encore très basique qui doit évoluer mais le lecteur peut déjà cliquer sur une librairie, aller sur une autre, en fonction de ses préférences. Grâce à ce projet numérique, c’est le contact avec les libraires, la pluralité des espaces et la diversité que nous réintroduisons. La rémunération du libraire s’effectue à partir du traçage des lecteurs dans chacun des espaces de la plateforme. Le système vertical implique la promotion d’une seule marque (Sequencity), ce qui facilite les choses. Le site, qui sera lancé en octobre, se présentera en « responsive design » et s’adaptera donc à tous les écrans de lecture.

La cité des libraires se focalise exclusivement sur la BD. Envisagez-vous d’élargir l’offre de livres et de libraires à d’autres domaines de la littérature ?

Avec Sequencity, nous investissons non seulement dans la recommandation mais aussi dans l’évolution du format standard ePub. Nous nous concentrons avant tout sur l’art séquentiel dans le but de faire évoluer ce standard de l’IDPF vers une nouvelle génération de BD nativement numérique, de nouvelles formes de narrations visuelles qui permettent de choisir par exemple les transitions entre les pages, les séquences, d’ajouter de l’image animée, etc.

Comment les libraires prennent-ils part au projet et comment les incluez-vous dans votre réflexion ?

Le but de notre démarche est de ne pas exclure les libraires de ces nouveaux produits nativement numériques. C’est la raison pour laquelle nous avons mis au point Sequencity, plateforme qui offre des contenus innovants. Grâce au site, nous souhaitons mettre en évidence la valeur ajoutée des libraires et en faire nos ambassadeurs. Ainsi, leur travail peut se prolonger dans l’espace numérique, un domaine qui n’est pas incompatible avec leur activité. Par ce biais, ils peuvent même séduire des lecteurs qui ne sont pas dans leurs zones de chalandise. Nous souhaitons aller plus loin dans le mariage du papier et du numérique mais tout n’est pas encore abouti de ce point de vue-là.

Vous souhaitez en savoir plus à propos de Sequencity ? Rendez-vous le 29/09 au cocktail de rentrée du PILEn. Le 30/09, vous pourrez également assister à la matinée d’information sur l’ePub et l’IDPF, donnée par Samuel Petit. Plus d’infos ici.

Propos recueillis par Gaëlle Noëson

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Le livre de Valérie Trierweiler : un succès éditorial papier et numérique !

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Le 4 septembre dernier, Valérie Trierweiler, ex-première dame de France, a sorti son livre Merci pour ce moment. Au-delà du caractère polémique de cette parution, attardons-nous sur un succès éditorial tant papier que numérique.

Le premier tirage du livre édité par Les Arènes et distribué par EdenLivres était annoncé à 200 000 exemplaires. En quelques jours, 145 000 ont été vendus, dont 14 000 en version numérique. Des chiffres interpellants, présentés par le cabinet d’analyse GfK. Le titre est déjà en rupture au format papier sur Amazon et un second tirage a été lancé.

Le chef de groupe Livres chez GfK affirme qu’il s’agit du « meilleur démarrage de l’année 2014 » et que « le poids de la version numérique atteint un niveau de ventes très significatif avec plus de 10% des ventes totales du titre ». Il s’est d’ailleurs classé n°1 des ventes sur plusieurs librairies en ligne dont la boutique Kindle d’Amazon.

Si le titre cartonne en papier comme en numérique, il a également créé un déferlement sur les réseaux pirates puisqu’il a dépassé les 5000 téléchargements en quelques heures, un score supérieur à celui du livre Fifty Shades of Grey.

Outre les lecteurs ayant d’emblée choisi d’acheter le livre sous format numérique, on peut expliquer cette explosion des ventes ebooks par le fait que la version papier était en rupture. Grâce à ce phénomène, il est intéressant de constater que le numérique vient en renfort et soutien du papier lors de succès en librairie et qu’il facilite l’accès aux contenus. L’ebook apparait donc bel et bien comme un format complémentaire qui répond à des besoins et des attentes spécifiques de la part des lecteurs, selon la sensibilité de chacun.

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36e édition du salon du livre de Nancy

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Ce week-end, se tient la 36e édition du salon du livre de Nancy « Le livre sur la place », premier salon national de la rentrée littéraire. Venez y découvrir les dernières nouveautés et participer à de nombreuses activités.

Du 12 au 14 septembre, partez à la rencontre des auteurs, illustrateurs et éditeurs présents sous le chapiteau situé sur la prestigieuse place de la Carrière, ouvert de 10h à 19h, mais aussi à travers les rues de Nancy et son agglomération. Durant ces trois jours, venez assister à des débats, entretiens, lectures publiques, découvrir des expositions inédites et vous rendre aux dédicaces de vos auteurs favoris. À l’occasion du salon, les écrivains se confient d’ailleurs sur le blog http://livresurlaplace.tumblr.com/

D’autres activités vous seront proposées parmi lesquelles le salon numérique, lieu où vous pourrez consulter les œuvres des auteurs présents sur liseuses, tablettes et version papier. Participez également à une chasse au trésor interactive, équipés de votre smartphone afin de collecter au fil de votre parcours des indices sur la ville et les écrivains pour résoudre de nombreuses énigmes et deviner le lieu de la remise des prix le dimanche 14/09 à midi. Pour prendre part à l’aventure, rendez-vous au stand de la Médiathèque à 10h.

L’événement est entièrement gratuit et tout public. Vous souhaitez avoir plus d’infos ? Rendez-vous sur le site et téléchargez le programme complet.

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Amazon, les éditeurs et… les auteurs!

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Des auteurs allemands et américains voient leurs ventes bloquées par Amazon aux prises avec leurs éditeurs – Bonnier, Hachette. Ils protestent, et pas seulement parce qu’ils voient leurs ventes diminuer….

La fronde des auteurs s’organise des deux côtés de l’Atlantique : 909 auteurs américains – dont John Grisham et Stephen King – ont réagi aux dernières manoeuvres d’Amazon. Pour le plus grand bonheur d’Hachette? Pas si vite : ces auteurs disent agir indépendamment. Notons aussi qu’ils sont loin d’être tous publiés par Hachette. Mais ils se sentent pris en otage par Amazon. C’est ce qui a amené Douglas Preston à écrire une lettre à tous ses lecteurs, leur demandant de s’adresser à Jeff Bezos, à la tête d’Amazon, afin que celui-ci cesse d’utiliser les auteurs comme moyen de pression dans ses négociations. En effet, comme il le raconte au New York Times, Douglas Preston a vu ses ventes – qui se portent d’ordinaire plutôt bien – chuter d’un peu plus de 60%. Et il reproche à Amazon son manque de loyauté : « c’est par nos livres qu’Amazon arrive à vendre tout ce qui se trouve sur son site, et maintenant, il nous tourne le dos », dit-il, toujours au New-York Times. En Allemagne, les auteurs ont également haussé le ton et plus de 1000 d’entre eux ont co-signé une lettre. En effet, le Scandinave Bonnier, à qui appartiennent plusieurs parmi les plus grandes maisons d’éditions d’Allemagne, a également eu maille à partir avec Amazon lorsqu’ils avaient à renégocier leur contrat. Amazon s’y est pris avec Bonnier comme avec Hachette. Or ces pratiques ne sont visiblement pas du goût de tous les auteurs, en Allemagne comme aux États-Unis, d’où ces lettres…

Un équilibre difficile pour Amazon… Amazon vend des livres… et aussi des bottines, des tondeuses, des affaires de sport et tout ce dont vous pouvez avoir besoin (ou croire avoir besoin). Les livres à bas prix attirent le chaland, susceptible de se laisser tenter ensuite par tous ces divers produits aux marges plus élevées. Les chiffres? On ne les connaît pas. Certains estiment que les livres représentent 7% du revenu annuel de la tentaculaire entreprise. Négligeable ? Loin de là : Amazon, sur sa page d’accueil pour les investisseurs, proclame vouloir être au service des clients, des vendeurs, des entreprises et … des créateurs de contenu. Les auteurs relèvent très probablement de cette catégorie de faiseurs de contenus. Ce contenu se vend entre autres sur les Kindle, la liseuse adaptée aux textes d’Amazon. L’entreprise a donc plutôt intérêt à ce que les ventes de Kindle et l’offre de contenu ad-hoc augmentent… Plus  généralement, Amazon travaille à divers projets, du téléphone aux vidéos. On comprendrait qu’il s’intéresse au contenu que ces engins sont susceptibles de faire circuler. Amazon est donc dans une situation délicate où, d’une part, les auteurs subissent aujourd’hui les répercussions des discussions entre Amazon, Hachette, Bonnier et, d’autre part, le fait qu’Amazon souhaite pouvoir continuer à travailler avec ces mêmes auteurs. Un équilibre entre aujourd’hui et demain difficile à garantir…

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Crédit photo: Canoe.ca

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